Après la brouille, Louis Michel est-il redevenu un interlocuteur de l’ANC ?


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© togoactualite – En politique les adversaires d’hier peuvent être des amis d’aujourd’hui. Même si ce n’est pas tout à fait le cas ici, ça lui ressemblerait un peu. Que Jean-Pierre Fabre rencontre Louis Michel, l’ancien Commissaire européen au développement, la scène parait invraisemblable il y a quelques années. Car les relations entre le Commissaire européen et cette formation de l’opposition était tendue.
 
La tension a été exacerbée à la suite de la revocation des neuf députés du parti de Jean-Pierre Fabre. L’ANC qui dénonçait la violation de la loi par le pouvoir cherchait des soutiens ferme de la part de la communauté internationale. Mais à la place de soutien, l’ancien Commissaire européen s’est opposé à une prise de position officielle du parlement européen mais bien plus il a tenu des propos jugés comme un soutien au pouvoir cinquantenaire au Togo.
 
Pour marquer sa désapprobation, le FRAC regroupement de partis auquel est membre l’ANC a organisé une marche de protestation dans les rues de Lomé le 23 novembre 2011 pour protester vigoureusement contre les « frasques, les incongruités et les partis pris de Louis Michel dans la crise togolaise.
Au cours de la marche des portrait de Louis Michel ont été brûlés. A la chute de cette marche sur l’esplanade du Palais des congrès, le premier Vice-président de l’ANC, Patrick Lawson a dénoncé les « propos scandaleux, irresponsables, vulgaires, racistes et négriers de Louis Michel, député européen qui sert de béquille aux dictateurs africains ». A cet effet, il a rappelé les rôles graves que cette étrange personne a joué dans les crises qui ont secoué le Congo Démocratique et le Togo faisant des milliers de morts et a souligné que ce personnage répondra un jour devant l’histoire de l’Afrique et plus particulièrement celle du Togo.
 
Que Jean-Pierre Fabre s’entretient aujourd’hui en marche de la 39ème session parlementaire des ACP avec ce personnage dont on avait dit qu’il répondra un jour devant l’histoire parait quelque peu surprenant.
Alors qu’on pensait « la guerre » entre Louis Michel et le principal parti de l’opposition était finie, elle réapparaitrait à la faveur des élections. En effet, pour l’organisation des élections, l’enrôlement des électeurs est confié à la société ZETES. Mais l’ANC a trouvé qui se cache derrière cette société. Il s’agit du fils de Louis Michel. Et c’est encore une occasion pour le parti orange de tirer sur cette mafia.
 
Si l’ANC qui ne manque pas d’occasion de tirer à boulet rouge sur la communauté internationale change de fusil d’épaule et décider de reprendre langue avec celle-ci ce n’est que de bonne guerre et surtout si cela peut contribuer à obtenir l’alternance que le peuple togolais avide de changement cherche depuis 25 ans.
 
Mais ce qui est surprenant est qu’au moment où le parti de Jean-Pierre Fabre met de l’eau dans son vin, notamment vis-à-vis de la communauté internationale, on assiste à une radicalisation du discours envers ces partenaires de l’opposition. Si on prend les alliés de ce parti au début de sa création, rare sont ceux qui sont encore resté avec le parti. Tous ont presque ont pris la distance vis-à-vis du parti orange. Tel a été le cas des partis avec qui elle formait le FRAC. Sursaut Togo de Kofi Yamgnane, Alliance de Dahuku Péré, ADDI de Gogué Tchabouré ont pour une raison ou pour une raison pris leurs distances. Plus proche de nous c’est le tonitruant, Abbas Kaboua qui dénonce la politique d’exclusion de Fabre. Pour la « guerre cordiale » entre le CAR et l’ANC n’en parlons pas.
S’il est indéniable que dans nos pays africains, parvenir au sommet de l’Etat sans être adoubé par la communauté internationale est un leurre, ceci ne peut se réaliser si on est divisé à l’interne.
 
lomévi (www.togoactualite.com)
 

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