Après les bidons et les coktails Molotov, le régime a recours aux charlatans pour inculper

Incendies_accuses_yark_procureurCeux qui ont suivi le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, Yark Damehame sur les médias le vendredi 25 janvier dernier, étaient tombés des nues. « Comment un ministre, de surcroît un officier de la Gendarmerie peut, dans une enquête officielle, évoquer le charlatanisme pour justifier l’arrestation des personnes présumées impliquées dans l’affaire des incendies ? », s’est étonné un observateur. On se croirait dans une fiction, mais c’est bien la réalité, et ça se passe au Togo.
Pour Yark Damehame, ceux qui ont incendié le grand marché de Lomé se sont préparés mystiquement pour rentrer dans le bâtiment à l’insu des vigiles. On voit à travers ces affirmations à quel point le pouvoir Faure Gnassingbé manque d’initiatives pour couvrir même ses propres bévues. Seul un attardé mental peut croire à cela. Dans sa logique de décapitation du Collectif « Sauvons le Togo », le régime se permet d’inventer toute sorte de balivernes. Cependant, en le faisant, il se ridiculise, tant les mises en scènes, si elles ne se retournent pas contre lui, n’ont aucun poids devant l’opinion.
On avait osé croire que le ministre de la Sécurité reviendrait sur ses déclarations et donnerait d’autres explications plus professionnelles et dignes de son rang. Mais c’est compter sans la mesquinerie du pouvoir. Quelques jours après cette sortie médiatique, c’est un charlatan, le frère de Vondzogbé Koffi Sika (très connu dans le domaine de l’ésotérisme), qui a été arrêté et gardé dans une réserve militaire (la nouvelle ANR) à Agoè. L’information a été donnée au meeting du CST et du FRAC le samedi dernier par l’Adjudant Atcholi Kao, gendarme, Secrétaire général de l’Association des victimes de la torture au Togo (ASVITTO). « Vondzogbé Koffi Sika m’a appelé. Il m’a fait savoir qu’on a arrêté son frère. Curieusement, on lui demande de dire que c’est chez lui que les gens sont venus se préparer mystiquement pour aller brûler les marchés. Mais son frère ne connaît rien de cette affaire », a déclaré Atcholi Kao. Selon des informations, ce charlatan subirait des tortures de la part de ses géoliers parce qu’il a refusé de dire ce qu’il n’a pas fait. Il est à noter que cette réserve militaire d’Agoè est sous la responsabilité de l’Unité spéciale d’intervention de la gendarmerie (USIG) et dirigée par le Lieutenant Bouyo, Commandant du Régiment blindé de reconnaissance et d’appui (RBRA).
Tout porte à croire que les dirigeants togolais marchent sur la tête. Comment un régime sérieux peut-il se baser sur ces détails pour régler des comptes à ses adversaires politiques ? « Sincèrement, il faut aider Faure Gnassingbé à reprendre le contrôle du pays. Il n’arrive plus à prendre des décisions responsables », a indiqué Atcholi Kao. Le désir de conserver à tout prix le pouvoir amène le Prince à commettre des bévues qui, au jour le jour, fragilisent son régime. Pour nombre d’observateurs, ces erreurs sont des symptômes de la victoire du peuple togolais, après tant d’années de lutte contre un régime arbitraire et dictatorial. « Ce n’est pas de la manière dont ils procèdent à l’enquête qu’on nous a enseigné à la Gendarmerie », a souligné le Secrétaire général de l’ASVITTO pour qui la « victoire du peuple togolais, c’est pour bientôt ».
K. I.
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