Attaques continuelles «djihadistes» au Burkina Faso : Le Togo de Faure Gnassingbé n’est pas à l’abri

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Le père Salésien espagnol Antonio César Fernández | Photo : DR


Le mal a encore frappé. Le père Salésien espagnol Antonio César Fernández, un ancien du Centre Don Bosco d’Akodesséwa, a été abattu le 15 février dernier lors d’une attaque meurtrière des djihadistes perpétrée à Bintou au Burkina Faso peu après les frontières de Cinkassé.

Cette attaque a par ailleurs occasionné le décès de quatre douaniers. Agé de 72 ans, ce missionnaire a longtemps officié dans les paroisses d’Akodesséwa, de Gbényédzi, de Dékadjévi et autres stations secondaires à Lomé. Sa connaissance parfaite du Guin lui aura valu le surnom «Ayitévi». C’est dire le deuil qui vient frapper de plein fouet le Togo. On ne peut que présenter condoléances et affection à la famille éplorée et aux collègues de la victime de l’hydre terroriste.

Dans le même temps, cet attentat offre ample matière à réflexion. Il ne faut pas y regarder à cinquante fois avant de reconstituer le puzzle de ce mal profond dont les artisans ont eu le temps de fourbir leurs armes depuis…Blaise Compaoré ! Et bien que ce dernier soit chassé du pouvoir par la rue, ce sont les civils qui paient le lourd tribut, entre hystérie et peur panique. Ces attaques sont symptomatiques de la mal gouvernance par laquelle le prédécesseur de Kaboré a brillé, lui dont le règne a fait des marginalisés, des déçus, des écartés de sa politique pour ainsi dire, bref ceux qui ont été longtemps laissés pour compte.

Devenus de fil en aiguille aigris, ces hommes en sont arrivés à ne craindre ni Dieu ni diable et rendent coup pour coup les injustices sociales dont ils ont longtemps été victimes. Cette situation chaotique doit sérieusement interpeller les dirigeants Togolais, à fortiori Faure Gnassingbé qui, drapé dans une douce illusion, se croit à l’abri de ce qui arrive au pays pourtant si proche des frontières togolaises. Non, le climat du Togo est loin d’être pacifique. C’est une naïveté que de croire que tout va mieux au Togo. On n’est pas dans un monde de bisounours car des laissés pour compte, il y en a au pays des Gnassingbé ; en veux-tu en voilà.

Il y a donc lieu de craindre qu’un jour ou l’autre, le trop-plein de cette déception longtemps contenue ne déborde pour devenir embrasement et attaques en règle. A Dieu ne plaise, mais Faure Gnassingbé et ses proches ont intérêt à faire en sorte de gouverner au nom de la démocratie, de l’Etat de droit.

Un Etat où les Togolais peuvent tout entier se reconnaître dans sa politique afin que la psychose qui gronde, latente, ne donne prise à ces malheurs jusqu’ici arrivés sous d’autres cieux. Il faut donc parer au plus pressé !

 
Source : Le Correcteur
 

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