Ben Laden menace la France pour sa politique afghane

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DUBAI (Reuters) – La France va payer cher sa politique en Afghanistan et ailleurs, avertit Oussama ben Laden dans un enregistrement audio diffusé vendredi par la chaîne de télévision qatarie Al Djazira.
 
Les otages français ne seront libérés qu’après le départ des forces françaises déployées en terres musulmanes, notamment en Afghanistan, dit-il.
 
Le gouvernement français a assuré qu’il poursuivrait son action en Afghanistan mais des proches d’otages se sont alarmés du message d’Oussama ben Laden.
 
« Le message de Ben Laden est un coup de massue pour nous », a déclaré sur i>Télé Thierry Taponier, frère du caméraman Stéphane Taponier enlevé avec le journaliste Hervé Ghesquière fin décembre 2009 dans la région de Kapisa, à l’est de Kaboul.
 
Thierry Taponier a dit ne pas comprendre l’optimisme du Premier ministre, François Fillon, qui a évoqué une issue favorable pour les deux journalistes de France 3 le 10 janvier.
 
« Ils sont là pour trois ans minimum, comment le gouvernement peut-il faire des déclarations aussi optimistes », a dit Thierry taponier en évoquant l’échéance du retrait des troupes françaises.
 
Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) détient pour sa part sept otages, dont cinq ressortissants français, enlevés le 16 septembre sur le site d’extraction d’uranium d’Arlit, dans le nord du Niger.
 
Le mouvement islamiste a en outre revendiqué la semaine dernière le rapt à Niamey de deux jeunes Français tués le 8 janvier lors d’une intervention des forces françaises contre leurs ravisseurs qui avaient gagné le Mali voisin.
 
SECOND MESSAGE
 
« Le refus du président Nicolas Sarkozy de retirer ses forces d’Afghanistan n’est rien d’autre qu’un feu vert donné à la mort des otages français », déclare une voix qui ressemble fort à celle de Ben Laden dans le message diffusé par Al Djazira.
 
« Mais nous ne ferons rien tant qu’il n’aura pas réfléchi aux conséquences de sa position, qui aura un coût très lourd en France et ailleurs », ajoute ce message.
 
Il s’agit du second enregistrement menaçant la France et établissant un rapport entre sa présence militaire en Afghanistan et l’enlèvement de Français au Niger diffusé par Ben Laden, qui se cacherait dans les zones tribales aux confins de l’Afghanistan et du Pakistan.
 
A Paris, le ministère des Affaires étrangères a fait savoir que le message était en cours d’identification. La France, ajoute le Quai d’Orsay, est « déterminée » à poursuivre son action « en faveur du peuple afghan » et rappelle que la France agit au sein d’une force internationale « mandatée par l’Onu à la demande des Afghans ».
 
En juillet dernier, Aqmi a annoncé l’exécution d’un autre otage français, Michel Germaneau, 78 ans, enlevé trois mois plus tôt au Niger, après l’échec d’une opération militaire au Mali pour le libérer.
 
RISQUE « IMMINENT »
 
Mercredi, la France a mis en garde ses ressortissants contre un risque « sérieux » et « imminent » de nouveaux enlèvements dans le nord du Mali.
 
« Nous avons appelé l’attention à la fois des organisateurs de voyages et de l’ensemble des personnes susceptibles d’aller dans cette région sur le véritable risque d’enlèvement qui existe et qui est un risque sérieux et je dirais presque un risque imminent », a déclaré la ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie.
 
Contrairement à l’Espagne et à la Grande-Bretagne, le territoire français n’a jamais été la cible d’attentats d’Al Qaïda.
 
Dans son précédent message visant la France, en octobre dernier, Oussama Ben Laden avait affirmé que l’enlèvement des cinq Français au Niger était la sanction du traitement à ses yeux injuste réservé aux musulmans en France.
 
Il critiquait déjà l’engagement de la France dans des conflits en pays musulmans et l’interdiction du port du voile intégral. « Est-il juste de votre part d’occuper nos pays et de tuer nos femmes et nos enfants tout en espérant vivre en paix et en sécurité ? », disait-il.
 
Les sept otages enlevés en septembre, employés du groupe nucléaire Areva ou d’une filiale de l’entreprise de BTP française Vinci au Niger, auraient par la suite été conduits dans une zone reculée du nord du Mali.
 
Rédaction de Dubaï, Guy Kerivel et Gérard Bon pour le service français, édité par Gilles Trequesser
 
source:reuters

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