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Candidatures aux présidentielles : Faure Gnassingbé, les pratiques de la « old school » et l’«humilité » renouvelable

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C’est officiel, le « Messi » togolais sera bien de la course à la présidentielle de 2020. Faure Gnassingbé a été déclaré et/ou investi ce mardi candidat par le RPT/UNIR. Sans aucun état d’âme après toute la comédie ayant consisté à le supplier, le « champion » de la minorité pilleuse a accepté de briguer un 4e mandat au pouvoir. Pour les mandats de la honte, les schémas se suivent et se ressemblent au fil du temps, de même que les justificatifs. La curiosité, c’est toujours avec « humilité » qu’il accepte candidater et gouverner les populations contre leur gré…

Faure et la « old school »

« Le souhait des militants, c’est de me voir porter les couleurs de notre parti à l’élection présidentielle de 2020, je les ai remerciés et en toute humilité, j’ai accepté ». C’étaient les mots du nouvel ancien candidat du RPT/UNIR après sa confirmation ce mardi au cours de la réunion sobre des sages et quelques cadres. En français facile, ce sont les militants du parti qui ont voulu qu’il candidate et il a été contraint d’accepter. Une telle chanson, ce n’est pas la première fois qu’on l’entend. C’est un vieux morceau hérité de son père. Le « Messi » togolais se cache donc derrière le souhait présumé des militants pour franchir le pas.

En effet, la stratégie consiste à se faire passer pour respectueux de la Constitution ou des principes démocratiques dont le sacro-saint est l’alternance, non intéressé par une nouvelle candidature, mais accepter au finish pour satisfaire les désirs des militants. Et pour donner du crédit à la mise en scène, la communication qui l’accompagne parle plus des populations et même du peuple. Et au nom de ce principe universellement reconnu que le peuple est souverain et peut même décider de violer la Constitution, il accepte, toute honte bue. Le schéma a été hérité de l’époque du père.  Et il est souvent déroulé conjointement avec une autre action, les marches de soutien ou plutôt de supplication…

En effet, cette méthode de la « old school » a été mise en œuvre dans le cadre de la présente candidature de Faure Gnassingbé. Tout a commencé avec son supporting club constitué des associations et mouvements de soutien tous azimuts qui sont montés au créneau pour réclamer publiquement sa candidature et son investiture. Les mouvements des jeunes, des femmes, même les sages se sont aussi fait signaler. Le summum a été les marches de militants et autres cadres organisées un peu partout. Elles prenaient plus des allures de supplication du « champion» à accepter les représenter. A chaque sortie, il a été câliné et présenté comme le seul à même de porter les couleurs du parti et présider aux destinées du pays.

Pendant tout ce temps, Faure Gnassingbé donnait l’impression de n’être point intéressé. Son silence sépulcral sur la problématique entretenait un certain suspense, même ses collabos étaient dans le doute. Mais il a fini par céder ce mardi…

L’ «humilité » renouvelée

Faure Gnassingbé a des liens de fidélité assez « Faure » avec l’humilité. « (…) En toute humilité, j’ai accepté ». Le commun des Togolais l’ignore sans doute, cette réaction du tout nouveau candidat du RPT/UNIR à la présidentielle de 2020 suite à sa désignation ce mardi n’est en fait qu’une sorte de copier-coller après ses candidatures aux mandats de la honte…

Déjà en 2015, c’est avec la même vertu (humilité) qu’il avait accepté sa candidature pour le 3e mandat, contre les aspirations légitimes du peuple togolais. « C’est par devoir envers notre cher pays le Togo et par fidélité aux idéaux que nous nous sommes fixés, que j’ai l’honneur d’accepter, d’être investi comme candidat à la prochaine élection présidentielle, pour le compte de notre grand parti, l’Union pour la République. J’accepte cette investiture avec humilité. Mais je l’accepte pleinement », avait-il déclaré à Kara le 25 février 2015 suite à son investiture pour la présidentielle du 24 avril, et d’ajouter : « Si l’investiture à la candidature est une forme de reconnaissance pour le chemin que nous avons parcouru ensemble, elle m’apparait davantage comme une exigence supplémentaire, celle de donner et de donner encore le meilleur de nous-mêmes, en vue de poursuivre la marche du Togo vers le progrès dans tous les domaines et de parachever son ancrage dans la modernité ».

A cette allure, on parie que ce serait avec la même « humilité » qu’il accepterait sa probable candidature à un 5e mandat en 2025, et peut-être un 6e en 2030, un 7e en 2035, un 8e en 2040, un 9e en 2045, un 10e en 2050…Des candidatures qui vont malheureusement à l’encontre même des aspirations profondes des populations togolaises qui ne veulent qu’une chose, l’alternance au pouvoir et une autre forme de gouvernance. L’humilité dans le Petit Larousse signifie « état d’esprit, attitude de quelqu’un qui est humble, se considère sans indulgence, est porté à rabaisser ses propres mérites ». Cette vertu devrait normalement guider la gouvernance au cours du mandat en question. Mais  lorsqu’on sait le sort ou le châtiment réservé au peuple durant la régence du fils après celle du père, c’est une bien drôle d’humilité que celle de Faure Gnassingbé !

Tino Kossi

source : Liberté

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