Ces espoirs du football togolais fauchés en pleine ascension

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Koudagba kossi
Koudagba kossi

Pour une ascension sportive, celle de l’attaquant Edem Kossi Koudagba de l’Association Sportive des Chauffeurs de la Kozah  (ASCK) en est une. Agé de 25 ans, le natif de Davié dans la préfecture du Zio, est décédé dans la matinée du jeudi 18 juin 2020. Il est parti sans crier gare comme son illustre aîné, Edmond Kossivi  Apéti Kaolo.

Edem Kossi Koudagba était  un joueur plein d’avenir dont le décès cloue au pilori tout le public sportif. Partout où il est passé, il a émerveillé par son talent et sa prestance dans le jeu. «Chouchou des siens », il avait émergé  sous la vareuse de l’Espoir du Zio avec le titre de meilleur buteur pour la saison sportive 2016-2017. Joueur entreprenant et décisif, il  fut l’un des artisans de la remontée de cette formation en première division.

Émerveillés par son talent, les dirigeants de l’Association Sportive des Chauffeurs de la Kozah l’obligent à quitter les rangs du nouveau club promu pour intégrer les leurs. Étincelant  dans la ligne offensive, Edem Kossi Koudagba fit sensation deux saisons consécutives, avec le titre de meilleur buteur. Un palmarès  sportif jusque-là  rare dans l’histoire du football togolais

«Idole de Davié », Edem Kossi Koudagba devrait évoluer pour un contrat de deux saisons sportives,  à partir de 2018-2019,avec l’Union Sportive de Tataouine en première ligue tunisienne. Un transfert avorté par un grain de sable tardivement décelé au niveau  des résultats de l’indispensable test médical.

Ainsi recalé, le délai du mercato  étant arrivé à échéance, l’ancien attaquant de l’US Zio retourna au bercail pour enfiler de nouveau la tunique de l’ASCK pour le bonheur des dirigeants et sympathisants.

Appelé chez les Eperviers, Edem Kossi Koudagba, cet attaquant huilé et aux coups de pieds foudroyants, était l’un des maillons essentiels au sein du dispositif offensif du technicien Jean-Paul Dosseh Abalo. Il fait partie des « héros d’Agégé » ayant arraché de la bonne manière, la première qualification du Togo pour le CHAN 2020 aux dépens de la redoutable sélection du Nigeria.

De l’avis général, Edem Kossi Koudagba était un joueur redoutable, déterminé et très discipliné, tout simplement un espoir pour le football togolais à la recherche du Graal. Fauché en pleine ascension, il ne pourra pas faire  parler de sa vista lors du CHAN 2020, repoussé pour cause du coronavirus. Et pourtant, la vie souriait au jeune international togolais, au cœur généreux qui, dans le cadre de la crise sanitaie, avait récemment  fait un don de reconnaissance à la presse sportive. Si bien jeune, Edem Kossi Koudagba est parti et pour toujours, sans vider son carquois.

Il s’en est allé dans la fleur de l’âge comme Apéti Edmond Kaolo, Hilaire Agbéményawolé Gabriel Anator, Komi Koudadjé Parisien ou Antoine Komlan Kwavédjé d’illustres aînés et joueurs fauchés à la tâche. Edem Kossi Koudagba a vécu le destin d’Apéti Kossivi Edmond dit Kaolo, ce maître à jouer de l’ASC Etoile Filante de Lomé et de la sélection togolaise dans les années 70, mort de façon prématurée le 02 juillet 1972 à Lomé  des suites d’un inexplicable accident de la circulation.

Formé à Roc Invincible à Lomé, Kaolo était un joueur fin, discipliné et élégant tant admiré au Togo comme à l’extérieur. Ses faits d’armes, une finale perdue de justesse en mars 1969  face aux Corbeaux du TP Englebert de Lubumbashi de la RDCongo en Coupe d’Afrique des clubs champions (Ligue des champions), une mémorable qualification acquise  en juin 1971 à Accra devant les Black Stars du Ghana pour la CAN 1972 à Yaoundé au Cameroun.

« Court sur ses pattes, trapu, véloce », Docteur Kaolo avait  été classé second buteur de la compétition. Circulant à moto à Lomé et voulant esquiver un passant  (on avait parlé d’un aliéné mental),le talentueux joueur, adulé cinq mois plus tôt par le public sportif du Stade Ahmadou Ahidjo à Yaoundé, sera victime d’un traumatisme crânien et meurt sans atteindre l’hôpital.

Après Kaolo, d’autres joueurs plein d’avenir, furent aussi  fauchés en pleine ascension. Le cas de Hilaire Agbéményaolé, un jeune cadre à la Compagnie Energie Electrique du Togo  (CEET) et milieu de terrain à la Modèle de Lomé. Blessé lors d’un accrochage en match de championnat au Stade Omnisports de Lomé, il meurt le  24 juillet 1972 à l’hôpital Pitié de La Salpêtrière à Paris.

Gabriel Anator, un autre joueur parti tôt. Il était un attaquant dribbleur et buteur formé au Racing Club de Lomé.  Passé à l’Etoile Filante, ce « talent à l’état pur », était pressenti  pour combler le vide laissé par Kaolo, puisqu’évoluant dans le même registre que son aîné.A la dissolution des clubs en 1974, Gabriel Anator fit sensation  pour le compte de Lomé 1 et en sélection nationale avec un but de légende à Lomé lors d’une rencontre internationale contre le Sily National de la Guinée-Conakry. Quelques jours plus tard, le joueur qui attendait un taxi pour se rendre à son boulot au Port de Lomé, fut fauché en 1975 sur la Route d’Aného à Lomé  par un chauffeur indélicat.

Le cas de Komi Koudadjé mérite d’être soulevé. Formé aussi au Racing Club de Lomé, il était un joueur aux jambes arquées devenu gardien de buts. De Lomé 3, il s’était éclaté à l’Entente 2 puis en sélection nationale. Irréprochable à son poste, il fut victime d’un télescopage lors d’une rencontre de championnat contre les Aiglons de Lomé. Atteint à la moelle épinière, il en meurt le 12 août 1979 à l’hôpital Bon Secours à Lomé.

Elle est longue, la liste de ces fines fleurs du football togolais à s’en aller de façon prématurée. Des joueurs fauchés à la fleur de l’âge dont les prouesses reviennent  bien souvent sur les lèvres des connaisseurs sportifs.

©Ekoué SATCHIVI

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