Chef d’Etat Africain : Le pouvoir, tout le pouvoir

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Quelques présidents africains avec le Russe Poutine lors d’un sommet Russie-Afrique | Photo : DR

« La question du troisième, quatrième, voire cinquième mandat nous révèle la part la plus obscure des êtres qui nous gouvernent » (TiernoMonénembo)

Le Congolais Donatien De Dieu CitunduMayomboavait raison quand il disait que « l’homme africain est hostile au changement politique et à l’alternance du pouvoir démocratique ». Cette assertion se vérifie chez plusieurs dirigeants africains qui, une fois installés aux commandes, excluent toute éventualité de retraite. Leur seule et unique préoccupation devient la conservation du pouvoir par tous les moyens.

On a l’exemple typique au Togo où, à son avènement au pouvoir dans les conditions qu’on sait, Faure Gnassingbé a prétendu qu’il était à tout point de vue différent de son géniteur mort au trône après avoir dirigé d’une main de fer le pays pendant 38 ans. Faure Gnassingbé s’est même posé en chantre de la démocratie, donnant des conseils et des recettes pour la consolidation de la démocratie sur le continent. « Pour que la démocratie progresse en Afrique, il faut nécessairement limiter les mandats présidentiels à deux ou à trois », disait-il. Mais il sera le premier à torpiller cet idéal démocratique qu’il défendait pour se représenter pour un 4ème mandat. Aujourd’hui, ses pairs et parrains Alpha Condé et Alassane Dramane Ouattara lui emboîtent le pas dans un projet funeste de troisième mandat.

Après ses deux mandats présidentiels, Alassane Ouattara a donné sa parole aux Ivoiriens qu’il ne serait plus candidat à sa propre succession et qu’il préférerait transférer le pouvoir à une nouvelle génération. Pour Ouattara, le monde a changé avec l’émergence d’une nouvelle classe de dirigeants plus jeunes, citant l’exemple d’Emmanuel Macron, 40 ans, du Premier ministre belge, 38 ans, ou celui d’Autriche 31 ans qui justifierait son choix. Comme pour démontrer que la parole d’honneur d’un dirigeant africain ne vaut plus qu’un papier hygiénique, Alassane Ouattara fait un revirement à 180°. Il va briguer un 3ème mandat. Le groupe parlementaire du parti unifié, le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) a unanimement porté son choix sur Ouattara comme candidat à la présidentielle du 31 octobre 2020.

En Guinée, le vieux Condé, 82 ans, n’est pas en reste. Il est prêt à tout, même à massacrer ses compatriotes afin d’assouvir sa soif inextinguible du pouvoir. « N’y a-t-il pas d’autres pays où il y a de nouvelles Constitutions ? Où les présidents peuvent faire un troisième mandat ? », tel est l’argument saugrenu avancé par le vieil homme pour justifier son projet de 3ème mandat.

Au pouvoir depuis 34 ans, le président ougandais, Yoweri Museveni (75 ans) n’est pas prêt à raccrocher les crampons. Le vieux satrape a fait acte de candidature pour un nouveau mandat en 2021. Après avoir fait supprimer la limite d’âge de 75 ans suite à une réforme constitutionnelle controversée. « Y’a rien en face », dit-on en Côte d’Ivoire. Justement, comme certaines oppositions en Afrique sont les plus « bêtes » au monde, une quarantaine de candidatures se sont déjà déclarés pour affronter le vieux dictateur en 2021, de quoi lui ouvrir un grand boulevard pour régner à vie sur l’Ouganda.

Au Cameroun, Paul Biya (87 ans) s’est soudé au pouvoir comme une chauve-souris.L’octogénaire dictateur qui règne depuis 37 ans  ne fait pas grand-chose pour s’user. On lui prête d’ailleurs une réputation de «roi fainéant».

TeodoroObiangNguemaMbasogo de la Guinée Equatoriale, Denis SassouNguesso du Congo Brazzaville et Idriss DébyItno du Tchad complètent la liste. Accros au pouvoir, ils régentent leur pays respectivement depuis 40 ans, 36 ans et 29 ans et régulièrement réélus avec des scores à la soviétique.  Un continent malade de ses dirigeants.

Médard AMETEPE / Liberté Togo

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