Le « PND Tour » officiellement lancé par le Président de la République dans la ville de Tsevié


Couvrant 140 économies, le Global Competitiveness Index 4.0 mesure la compétitivité nationale, définie comme l’ensemble des institutions, des politiques et des facteurs qui déterminent le niveau de productivité. Mais contrairement aux divers classements dans lesquels les gouvernants se targuent d’avoir engrangé des points, à l’instar de Doing Business, Mo Ibrahim, le classement mondial en matière de compétitivité n’a accordé aucun regard au Togo. Curieux à première vue. Mais quand on scrute les pays classés, les places occupées par ceux de l’espace UEMOA justifient que le Togo soit « inclassable ».

Toutes les économies doivent investir dans des mesures plus larges de la compétitivité aujourd’hui pour soutenir la croissance et les revenus à l’avenir.Améliorer les fondamentaux de la compétitivité aujourd’hui augmentera la résistance aux chocs.Bien que l’ouverture soit bénéfique pour la croissance, les gouvernements doivent soutenir ceux qui sont désavantagés par la mondialisation.Le saut technologique basé sur la technologie reste insaisissable.L’agilité et la préparation future sont des éléments clés dans un monde en mutation.La faiblesse des institutions continue de nuire à la compétitivité.Une formule d’innovation reste obscure pour la plupart des économies.Le système financier continue d’être une source de faiblesse de certaines économies. Atteindre ensemble l’égalité, la durabilité et la croissance est possible, mais nécessite un leadership proactif et à long terme.

Si la compétitivité est définie comme l’ensemble des institutions, politiques et facteurs qui déterminent le niveau de productivité d’un pays, doit-on comprendre par-là que le Togo ne dispose pas de tels instruments de jauge ? A l’aune des éléments sus-mentionnés et qui constituent les constats essentiels du rapport, on doit se rendre à l’évidence : le Togo ne dispose pas du nécessaire pour être compétitif.

La compétitivité et l’innovation ou la recherche vont de pair. Mais quand on épluche les budgets successifs de l’Etat en général et ceux consacrés à l’éducation, on reste hébété par la portion consacrée à la recherche. Et le classement mondial en particulier donne la nette impression que ce sont les pays africains d’obédience francophone qui sont les moins bien lotis.

La preuve, en 2018, et dans l’ordre, les pays africains sont ainsi classés : Afrique du Sud, Maroc, Tunisie, Botswana, Algérie, Kenya, Egypte, Namibie, Ghana, Rwanda, Cap-Vert, Sénégal (113è), Côte d’Ivoire (114è), Nigeria, Tanzanie, Ouganda, Zambie, Gambie (119è), Cameroun (121è), Ethiopie, Benin (123è), Burkina (124è), Mali (125è), Tchad (140è).

Comme on peut le constater, hormis le Sénégal et la Côte d’Ivoire, tous les autres pays devant la Gambie disposent de leur propre banque centrale et aucun n’appartient à un quelconque regroupement monétaire. Et pourtant, leurs économies continuent de fonctionner. Une preuve par quatre que l’immaturité ou la mauvaise gouvernance auxquelles on a souvent fait allusion pour justifier le maintien de quinze pays sous la coupole française ne sont que des alibis qui retardent la marche en avant de tous ces pays qui, mis ensemble avec les autres de la région ouest africaine, devraient constituer un véritable bloc économique pour développer les échanges intracommunutaires.

Dans la plupart des pays classés, le droit de manifester des populations est consacré par des textes, tout comme au Togo. Mais quand les autorités interdisent toute manifestation qui ne va pas dans leur intérêt et cherchent à museler toute contestation, quand la justice a tous les qualificatifs sauf celui d’équitable, c’est en vain que le pays cherchera à sortir la tête de l’eau en matière de compétitivité. Et ce n’est pas le lancement et la médiatisation d’un Plan de quelque nature que ce soit qui conférera la confiance aux investisseurs, aucunement. Le problème est ailleurs et réside en la gouvernance sur tous les plans.

Godson K.
 
source : Liberté
 

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