Commission électorale nationale indépendante : Que devient la présidente Angèle Dola Aguigah ?


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L’élection présidentielle de 2015 s’annonce à grand pas et beaucoup pensent déjà à un éventuel renouvellement des membres de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Et la question qui revient depuis un certain temps est relative au sort de son ancienne présidente, Angèle Dola Aguigah, évacuée entre-temps sur Paris pour raison de santé.

Presque toutes les élections sous les tropiques sont entachées d’irrégularités en faveur du parti au pouvoir qui prend soin de verrouiller le système afin de s’assurer la victoire. La pression de la communauté internationale et de l’opinion nationale a fait que les dictatures ont trouvé un synonyme aux élections transparentes, les élections pluralistes. Au Togo, le pouvoir Faure Gnassingbé a dit avoir gagné les dernières élections législatives tout simplement parce qu’elles ont été pluralistes face aux opposants qui ont relevé son caractère irrégulier. Et l’un des griefs portés contre la victoire du RPT/UNIR, ce sont justement les manœuvres de la CENI pilotées par sa présidente, Angèle Dola Aguigah.

Au commencement était l’affabulation

La CENI est l’un des principaux organes dont la composition ne fait pas l’unanimité parce que dominée par des personnalités à la solde du pouvoir. A la veille des législatives de 2013, lorsqu’il s’était agi de nommer les membres qui doivent ensuite élire leur président à la CENI, les critiques ont commencé à fuser de partout par rapport à la coloration des membres choisis. Et c’est sans surprise qu’Angèle Aguigah, plusieurs fois ministre et conseillère de la Convention des femmes UNIR, a été nommée présidente. A l’œuvre, elle a montré qu’elle est plus militante du RPT/UNIR qu’autre chose. Et ses déclarations et actes ont montré qu’en matière de fraudes électorales, le nouveau parti présidentiel, l’Union pour la République, est plus redoutable que le Rassemblement du Peuple Togolais. Les résultats ont été à la hauteur des irrégularités : 62 députés sur 91 pour UNIR.

Face aux dénonciations des fraudes par l’opposition avec des preuves à l’appui, la présidente a jugé les révélations des opposants d’affabulations. « Le chien aboit la caravane passe », aurait-elle pensé dans son for intérieur. En dépit de toutes les protestations, l’objectif pour lequel l’archéologue de profession a été placée à la tête de la CENI a été atteint.. UNIR a la majorité à l’Assemblée nationale.

Après le boulot, les ennuis de santé

On ne lui connaissait pas une santé fragile. Elle apparaissait lors des sorties médiatiques dans le cadre des activités de la CENI toujours pimpante, avec une allure d’une dame de fer. Mais après qu’elle a proclamé les résultats que la Cour constitutionnelle a confirmés plus tard et qui ont donné le RPT/UNIR vainqueur en août dernier, elle étaitdevenue invisible sur la scène médiatique avant d’être subitement évacuée sur Paris pour raison de santé. Selon des sources concordantes jamais démenties par son entourage, elle serait victime d’un Accident vasculaire cérébral (AVC). Pour ceux qui ne le savent pas, un AVC est un déficit neurologique soudain d’origine vasculaire causé par un infarctus ou une hémorragie au niveau du cerveau. On utilise souvent le terme « accident » pour souligner l’aspect soudain voire brutal de l’apparition des symptômes, bien qu’en réalité il s’agisse d’une maladie dont les causes sont de nature interne. C’est donc cette maladie qui a eu raison de la présidente de la CENI et exigé son évacuation sur Paris en octobre dernier pour des soins appropriés.

Qu’en est-il aujourd’hui de son état ?

Angèle Aguigah a fait partie de la valse des personnalités proches de Faure Gnassingbé à être évacuées précipitamment sur Paris pour raison de santé en fin d’année – le Premier ministre Ahoomey -Zunu, l’ancien nouveau membre du RPT/UNIR, Dahuku Péré-. C’est vrai que la nouvelle de l’évacuation en fin d’octobre 2013 de la présidente avait surpris plus d’un pour des raisons expliquées plus haut. Certains avaient vu là le prix de son audace à détourner les suffrages de ses compatriotes au profit du pouvoir et vite franchi le pas en comparant la nouvelle de la santé de ces apparatchiks au drame qu’avait prédit le prophète Esaïe. Toujours est-il que certaines sources avaient entre-temps annoncé son retour au bercail et qu’elle se serait installée dans son village aux bons soins des tradithérapeutes mobilisés.

Son état s’est-il amélioré ou aggravé ? Y a-t-il espoir qu’elle retrouve un jour toutes ses facultés après son « accident »? Où est-elle aujourd’hui ? Ce sont là les interrogations qui reviennent souvent sur toutes les lèvres, vu que le gouvernement ne communique pas sur le sujet et surtout que la présidentielle de l’année prochaine s’annonce déjà à grand pas et qu’il faille d’un moment à l’autre procéder au renouvellement de la Commission électorale nationale indépendante.

 
L’Alternative Togo
 

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