Confidentiel/ Faure Gnassingbé : « Je quitterai le pouvoir en 2015, mais… »

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De source très proche du pouvoir togolais, Faure Essozimna Gnassingbé envisage sérieusement de quitter le pouvoir en mai 2015. Le successeur du général Eyadema serait un peu dépité de la pratique du pouvoir, déçu du peuple togolais qu’il trouverait quelque peu ingrat et crédule. Chagriné comme un enfant à qui on aurait arraché un bonbon, le chef de l’Etat se dit incompris du peuple, qui ne saisit pas sa politique et minimise la portée de ses efforts et résultats.
 
Waouh ! Ceci peut expliquer l’actuelle offensive de communication à outrance sur Africa 24, entre autres organes, essentiellement destinée à convaincre…l’extérieur. Peine perdue !
 
Le chef d’Etat, qui se dit jouer dans un registre politique d’apaisement des cœurs et de correction des effets négatifs de la politique de son feu père, reproche aux Togolais d’aduler des trafiquants en tous genres, des fossoyeurs de notre économie, ceux qui bloquent en réalité les réformes par lui entreprises. Il s’agit essentiellement des dignitaires du régime arrêtés ou emprisonnés et qui sont aujourd’hui adulés par le peuple qui exige leur libération.
 
Le président de la République avance également la pression de la famille comme l’une des raisons qui le poussent à mettre fin à son aventure politique à la tête de l’Etat en 2015.
 
Reste que pour le moment cette note confidentielle est considérée comme une promesse d’ivrogne. Le peuple togolais est habitué à ce genre de promesse. Comme dirait le penseur Agbota Zinsou, c’est du « Yévi mégaké mépio, Agoo maké mépi ».
 
Outre le fait que la rumeur circulait depuis 2010, peu après la présidentielle, son père, le général Gnassingbé Eyadema avait également juré devant Dieu et Jacques Chirac qu’il allait quitter le pouvoir en 2003 avant de modifier sans scrupules la Constitution en promettant le pouvoir…justement à son fils. Un Bien à garder à tout prix, au détriment de sa fameuse « parole de militaire ».
 
Et puis les curieux reproches du Président contre son peuple suscitent de nombreuses questions. Qui est incompris et qui est incompétent et incapable ? Le chef de l’Etat a-t-il entrepris les réformes constitutionnelles et institutionnelles au programme au moins depuis les législatives d’octobre 2007 ? A-t-il augmenté les salaires selon l’esprit des accords issus du Conseil national du dialogue social ?
 
En parlant des dignitaires qui nuisent à l’économie du pays et à son action mais applaudis par le peuple, Faure Gnassingbé voulait-il parler de ces barons de l’UNIR-RPT qui ont traficoté les rapports sur les droits de l’homme ? Le président voudrait-il parler des militaires criminels qui circulent en toute impunité ?
 
Et en évoquant les pressions de la famille, peut-on savoir de quelle famille il s’agit ? Le président voudrait il parler de ses frères embastillés depuis avril 2009 ? Comment ne serait-il pas « incompris » par exemple lorsque des innocents croupissent en prison dans une ténébreuse affaire d’incendie des marchés ? N’est-il pas lui-même otage d’un clan armé ?
 
De toute façon, on attend mai 2015 pour voir partir le fils du général Eyadema. En disant « Je quitterai le pouvoir en 2015, mais… », Faure Gnassingbé évoque par ce « mais… » certainement les difficultés purement militaires qui pourront rejaillir de nouveau après son départ; histoire de faire comprendre par menace déguisée qu’il n’était pas le problème ou qu’il serait le moindre mal. Mais là n’est pas la question : son départ du pouvoir en 2015 serait une logique constitutionnelle, lui qui est déjà arrivé au pouvoir par le massacre de plusieurs centaines de ses concitoyens. Surtout, qu’il ait au moins le courage de permettre une succession pacifique en organisant des élections dignes de ce nom. Cela contribuerait à atténuer leurs dégâts.
 
( www.mo5-togo.org )
 
 

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