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Delali Zognrah : « Il est temps de reprendre le flambeau de la lutte pour l’indépendance que nous ont légué nos aïeux »

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Le jeune togolais Delali Zognrah revient dans cette interview sur l’essentiel de l’actualité politique au Togo et invite les Togolais à se remobiliser pour arracher le changement. Il appelle également l’opposition togolaise à incarner une alternative crédible pour le système en place.

Qui est Delali Zognrah ?

Délali Zognrah est un citoyen togolais épris de justice et de liberté. C’est un Togolais qui a parcouru le monde et a connu beaucoup de pays développés, leurs pratiques et philosophie. Délali est quelqu’un qui rêve de voir un Togo se développer et rayonner sur toute l’Afrique.

Depuis quelque temps, vous vous êtes imposé comme l’un des acteurs de développement dans votre « Avé natal ». Beaucoup de personnes s’attendaient à vous voir candidater pour les législatives et les locales. Mais ce n’est pas le cas. Vous n’êtes pas encore près ou vous n’avez pas foi au système électoral de ton pays ?

Ce n’est pas que je ne suis pas prêt. « I was born ready », comme le disent les Américains. Moi j’étais prêt depuis plusieurs années quand je suis rentré au pays en 2017. Si vous voulez savoir, moi je ne pense pas que le problème du Togo soit un problème d’élection. Je dirais même que le problème de l’Afrique n’est pas un problème d’élection. Souvent en Afrique, les élections sont des processus pour remplir des conditions. Au Togo, depuis 1993, nous avons eu au moins 12 élections, mais cela n’a pas changé grand-chose. J’ai l’impression que nous courons sans savoir exactement où nous allons. Il y a un adage en ewé qui dit : « Si tu ne sais pas d’où tu es, il faut savoir où tu vas ».

Les locales n’ont plus été organisées au Togo depuis 1987. Par la force des choses, le gouvernement togolais les organise dans les conditions qu’on sait tous. Quelle appréciation faites-vous de ce processus électoral ?

Comme je viens de le dire, le problème du Togo n’est pas un problème d’élection. Prenons par exemple le problème des révisions électorales. Nous avons environ 8 millions de Togolais et le gouvernement décrète 3 à 5 jours pour faire une révision électorale. Dans les pays développés, les recensements se font sur des semaines, voire des mois ; mais leurs médias n’en parlent pas. Ne nous méprenons pas, parce que les problèmes qui existent sur les listes électorales chez nous, ici existent également chez eux. Eux ont atteint un niveau de développement qui permet à leurs populations de jouir de certains privilèges et droits. Nous autres ne sommes pas encore à ce niveau, donc ce n’est pas la peine de gaspiller l’argent du contribuable pour un processus qui est voué à l’échec.

Concernant les élections locales à venir, je dirais à mes compatriotes ce mot de la bible : « Selah ». Faire une pause et réfléchir.

Quelles sont les griefs que vous portez contre vos collègues de l’opposition qui se sont lancés dans la course ?

Collègues de l’opposition hein ! Cela me fait sourire, car je ne vois pas une vraie opposition au Togo. Ceux qui se sont lancés dans la course pour les élections locales, je pense qu’ils se disent qu’il faut rentrer dans les rangs, faire comme tout le monde et avoir une place au soleil. Je suis désolé !

Ne pensez-vous pas que ces élections vont considérablement changer la gestion des collectivités et accélérer leur développement ?

Si les 12 dernières élections n’ont rien changé, je n’attends rien de celle-ci qui s’organise également dans les mêmes conditions.

Le 8 mai dernier, il y a eu une révision controversée de la Constitution togolaise. Vos impressions.

Tout ce qui a changé, c’est qu’il y aura élection à deux tours, que le président a encore au moins 10 ans à passer à la tête du pays, le temps de chercher un autre moyen pour s’éterniser. Pour moi, c’est donc un non-événement.

Aujourd’hui, tout porte à croire qu’il y a une résignation de la population qui ne croit plus vraiment au changement à court terme. Mais 2020 reste un scrutin majeur. Quel schéma proposez-vous pour arracher l’alternance ?

Pour faire une alternance, il faut incarner une alternative sérieuse. Aux Etats-Unis, il faut rassurer, séduire et convaincre des groupes d’entrepreneur et de lobbyistes puissants qui en fait dirigent le pays. C’est la même chose en France où je prends l’exemple de Macron. C’est également la même chose en Angleterre où Theresa n’arrive pas à aller dans la direction des puissants financiers et entrepreneurs qui dirigent le pays dans l’ombre. C’est ça que j’appelle une alternative sérieuse. Pour moi, la démocratie qui fait croire que le peuple à un quelconque pouvoir est un leurre. Vous voulez l’alternance, incarnez une alternative meilleure pour les entrepreneurs, les partenaires de l’occident et ceux qui décident dans l’ombre. Je ne vois pas l’opposition arriver au pouvoir en 2020, du moins pas avec ce courant politique.

Votre mot de la fin

Mon dernier mot est aussi bien pour le pouvoir que pour l’opposition. Un jour, ils finiront par se rendre compte qu’ils appartiennent à une seule classe : la classe des exploités. Depuis le chef suprême au misérable paysan de nos villages. Nous sommes tous des tristes victimes d’un système mondial conçu pour nous exploiter. Donc, chers frères, il est temps de reprendre le flambeau de la lutte pour l’indépendance que nous ont légué nos ancêtres. Pas pour la victoire du Togolais du sud sur le Togolais du nord, ou la victoire de l’ethnie Tem sur l’ethnie Kabyè. Je nous demande d’œuvrer pour un Togo debout et fier. Nous ne devons plus nous incliner devant l’occident. Voilà le vrai combat.

Interview réalité par S.A

source : Liberté

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