Depuis 3 ans, le barreau attend les 250 millions promis publiquement par Faure Gnassingbé

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L’annonce de ce fonds était fracassante ! C’était en 2010, devant plus de 200 avocats venus d’Europe, du Canada et d’Afrique, à l’occasion de l’ouverture de la conférence internationale des barreaux de tradition française.
 
Le Président de la République du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé, a promis solennellement, dans son discours d’ouverture de cette rencontre, 250 millions de fcfa au barreau du Togo pour servir de fonds d’aide juridictionnelle qui devrait permettre au barreau d’assister les démunis qui ont maille avec la justice.
 
L’objectif, en réalité était de promouvoir l’accès de tous les citoyens à une justice équitable.
 
A l’époque, il faut le rappeler, le bâtonnier était Alexis Aquereburu, un des conseillers juridiques du Chef de l’Etat.
 
Dans la foulée, les élections ont eu lieu et maître Aquereburu a été remplacé par Me Kouvahey au cours d’un scrutin transparent.
 
Une fois mis en place, le nouveau bureau a multiplié, « remultiplié », « surmultiplié » des courriers au ministre des finances Adji Otèth Ayassor, et au Président de la République…sans suite.
 
Voilà donc trois bonnes années que le Président de la République, le numéro 1 du régime du Togo a fait une promesse qui n’est pas suivie d’effet.
 
Comment peut-on se l’expliquer ? Il n’y a aucune explication à donner.
 
Le Président de la République est avant tout un homme d’Etat et un homme d’Etat a nécessairement et immanquablement une parole-donnée.
 
Imaginons seulement que tous ces avocats venus d’Afrique, d’Europe et du Canada et rassemblés dans la grande salle du palais des congrès de Lomé, apprenaient que cette promesse qui a été faite par le Chef de l’Etat du Togo et qui a été ponctuée par un tonnerre d’applaudissements en guise de reconnaissance, n’était rien d’autre qu’un effet d’annonce, comment le prendraient-il ?
 
C’est sans commentaire. Mais en réalité, cette fuite en avant n’étonne personne au Togo.
 
Il suffit de regarder de près la manière dont les dossiers judiciaires sont gérés dans notre pays pour que l’on se convainque de ce que le droit à une justice équitable est le dernier des soucis du pouvoir en place.
 
A ce motif s’ajoute l’incohérence même de ce régime qui saute de coq à l’âne, sans aucune rigueur ni constance, sur divers sujets touchant à la vie du pays.
 
On fait des effets d’annonce à la volée, des promesses fallacieuses, des fuites permanentes en avant sans pour autant se résoudre à les matérialiser.
 
Comment les gens veulent-ils que l’on les prenne vraiment au sérieux et croit réellement en leur capacité à prendre en main le destin de ce pays ?
 
Les exemples de ces fausses promesses et affirmations gratuites prolifèrent dans tous les secteurs. Et l’on peut les citer à longueur de journée…
 
Mais dis donc !!! Les togolais sont-ils des gamins ?
 
Où est l’Office Togolais Recettes promis par le Chef de l’Etat aux ambassadeurs lors de la présentation des vœux en début d’année et pour lequel l’on a consacré une ligne budgétaire de 12 milliards de fcfa ?
 
Où est la parité homme-femme que le même Président a promis au peuple togolais dans son discours du 31 décembre et qui a ensuite été traduite par une loi votée en urgence par l’Assemblée Nationale ?
 
Qu’est devenue l’autoroute que Faure Gnassingbé a promise au peuple togolais depuis 2005 qu’il entendait construire en cinq ans s’il était élu ? Si cette autoroute n’a pas été réalisée, ce sont les rails qui le seront ?
 
Où sont les caméras de surveillance sur nos routes qui avaient été promises aux togolais lors d’un conseil des ministres tenu depuis 2008 ?
 
Nous ne pouvons pas finir la liste ici. Selon les circonstances et les besoins, nous les sortirons un à un et tout le monde comprendra que plutôt que de promettre, il vaut mieux agir, réaliser pour convaincre.
 

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