Des centaines de femmes en noir pour exiger la libération des militants de l’opposition arrêtés dans le cadre des affaires d’incendies

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La première journée de la marche des femmes du Collectif « Sauvons le Togo » s’est déroulée sans incident ce vendredi à Lomé. Partie du marché de Bè, ces femmes toutes de noir vêtue ont sillonné les artères de la capitale au scandant des propos hostiles au gouvernement. Des pauses ont été observées sur le parcourt où des incantations et des cérémonies ont été faites. Particulièrement à la lisière des rails de Hanoukopé, au lieu supposé où Yakanou a rendu l’âme, la situation a été émouvante.

 

Ces femmes, des initiées se sont à demi dénudées et ont invoqué les noms des ancêtres pour qu’ils rendent justice à Yakanou et à tous ceux qui sont arbitrairement arrêtés.

 

Cette cérémonie de libation s’est poursuivit aux cris au cri de « hélou looo, helou looo » alors d’autre femmes frappaient leur ventre et seins nus. A la fin un poussin a été immolé.
Après ces cérémonies, le cortège s’est ébranlé en direction du terrain des Chéminots d’Hanoukopé où attendaient déjà d’autres femmes pour le meeting.

 

A la tribune du meeting, plusieurs femmes ont pris la parole dont Mme Nukafu, une des personnes arrêtées dans le cadre des enquêtes sur les incendies. Elle a recouvré la liberté provisoire. Profitant de la tribune, elle a décrit les conditions dans lesquels les détenus vivent et convier ses consœurs à ne pas fléchir. Au contraire, elle les a exhorté à prendre le devant de la lutte pour exiger la libération des personnes détenues mais encore pour débarrasser notre pays de cette dictature cinquantenaire.

 

« Les vrais auteurs de ces incendies étant connus, il est hors de question de garder des innocents dans les prisons togolaises », a-t-elle lancé.

 

Pour ces femmes qui se disent les premières victimes de ces incendies parce que c’est leur marché qui a été détruit, les réduisant à la précarité et que c’est également leurs époux qui sont arrêtés, la situation est invivable pour elles. C’est ainsi qu’elle exige que la lumière soit faite sur ces événements par la constitution d’une commission d’enquête internationale indépendante.

 

La déclaration lue au cours du meeting a réaffirmé cette position des femmes. « Nous exigeons l’ouverture d’une information judiciaire sur la base du rapport d’enquête publié par le CST le 11 novembre dernier sur les incendies, protestons contre l’instrumentalisation de la justice et demandons la mise en place d’une commission d’enquête internationale pour faire la lumière sur ces événements et la levée des inculpations arbitraires des responsables du CST», a lu Mme Nahm-Tougli Antoinette, vice-présidente de l’ANC.

 

Prenant la parole, le leader de l’ANC a déclaré qu’elle n’est pas femme mais qu’il est venu apporter son soutien à ces femmes qui luttent contre l’arbitraire. Il a fustigé le fait que les détenus soient abandonnés sans soin lorsqu’il tombe malade ce qui a conduit au décès tragique de Etienne Yakanou.

 

Notons que demain, ces femmes battront de nouveau encore les pavés pour les mêmes raisons.

 
lomévi (www.togoactualite.com)
 
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