A un an des présidentielles au Togo : L’Opposition totalement en désarroi ?

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L’Opposition togolaise est en total désarroi à un an des présidentielles de 2015. Pourquoi cela ainsi ? L’Opposition pourra-t-elle parvenir à un ressaisissement avant l’heure ? Personne ne saurait le dire avec exactitude. En effet, après les résultats des urnes pour le compte des élections législatives du 25 Juillet 2013, lesquelles sont remportées par le parti Union pour la République (UNIR) de Faure Gnassingbé avec 62 sièges sur 91, l’opposition au régime donne une apparence de battue.

 

Même si du côté du Collectif Sauvons le Togo (CST) avec les formations politiques affiliées sont dans les rues pour contester les résultats, ce qui se lit et se dit sur les antennes des radios, dans les presses, laisse voir une fissure qui ne dit pas son nom.

 

Il suffit d’écouter les interventions des leaders des partis d’opposition dans les différentes émissions sur les antennes locales pour se rendre compte que, les carottes sont cuites d’avance. Il y a beaucoup de division quand on aborde les questions électorales qui attendent le Togo. Principalement, les élections locales dont le gouvernement dit nécessaire, mais ne veut pas les organiser dans la précipitation. Comment peut-on aller encore à une élection sans que l’opposition dans son ensemble ne puisse pas s’entendre à parler d’une et même voix, voire évoluer sur une liste commune ? (Pourquoi cette question si la phrase precedente ne dit pas que les partis d’opposion sont en desacord) Pourquoi l’opposition ne veut pas tout de suite s’inscrire dans cette dynamique? Qu’est ce qui les empêche ? Autant d’interrogations qu’il faut multiplier à loisir.

 

A l’état- major de chaque camp, les positions sur les locales ne sont pas les concordantes, même si tous veulent qu’elles soient organisées dans les meilleurs délais. Les approches et les appréciations sont differentes.

 

Au niveau du CST, selon son coordonnateur, les locales doivent être organisées avant juin 2014. De son côté, la Coalition ARC EN CIEL, un regroupement de six partis politiques, les élections locales sont très importantes pour le Togo, mais pas à n’importe quel prix. Il faut d’abord la tenue d’un dialogue. Les élections législatives ont confirmé à l’opposition qu’une fois encore le bloc démocratique dépasse largement en suffrages, le bloc conservateur au pouvoir.

 

L’ARC EN CIEL pense aujourd’hui qu’après avoir tiré les leçons de l’échec de l’opposition aux dernières élections de juillet 2013, ce qui reste souhaitable, c’est de s’inscrire dans la préférence des Togolais. Et celle-ci, c’est que l’opposition travaille dans les stratégies de groupes au détriment des stratégies individuelles et partisanes. Cette idée d’évoluer seul en abordant la question politique pour que l’Alternance arrive au Togo, est celle voulue, il n’y a pas si longtemps, par certains jeunes togolais en l’Occurrence, Fulbert Sassou ATTISSO dans un appel intitulé « Appel des PATRIOTES ».

 

Ce que veut cet appel, c’est que, toutes les composantes de l’opposition, notamment celles qui aspirent à l’alternance et qui se battent pour qu’elle advienne, doivent se retrouver pour faire le bilan de la lutte, soumettre leurs stratégies et méthodes à l’autocritique et dégager de nouvelles perspectives. Pour l’Appel des Patriotes, ce sont des assises qui sont nécessaires pour redonner confiance aux citoyens et favoriser la relance de la dynamique populaire sans laquelle tout progrès démocratique reste un leurre.

 

Avec l’allure et surtout le comportement des leaders de l’opposition, ce voeux pieux pourra devenir réalité ? Rien n’est moins sûr. Quand bien même que, certaines formations partages la même idée, ils sont nombreux à ne pas lorgner cette piste.

 

Pour le Président du Parti de la Rédemption et du Renouveau (PRR), Nicolas Lawson par exemple, point n’est besoin de contourner la situation.
« L’alternance politique ne se décrète pas. Quand ceux qui sont en place ne font pas bien, il faut leur présenter un projet de société ». Il suggère à cet effet pour résoudre toutes les questions, la tenue d’un référendum pour trancher les questions de réformes constitutionnelles et institutionnelles.

 

Pour les réformes institutionnelles et constitutionnelles avant l’élection présidentielle, Nicolas Lawson est en déphasage avec le Cst et la Coalition Arc-en-ciel. « On a retardé les reformes en sabotant le travail du Cpdc rénové », avant d’ajouter que : « Les réformes doivent être faites à l’assemblée nationale ou organiser un referendum ». Il rejette cette idée de candidature unique qu’il ironise ainsi : « Un candidat unique pour quoi faire ? »

 

« Ils ont fait des alliances et des coalitions et de n’importe quoi dans ce pays mais ils ont toujours échoué parce que derrière ces idées, il n’y a rien. De toute façon, l’alternance ne se décrète, et pas de cette façon-là », a lancé Nicolas Lawson.

 

Pour lui, le problème qui se pose aux Togolais est « ailleurs ». Quand ceux qui sont en place ne font « rien », l’opposition doit éclairer le pays par la proposition d’un autre projet de société, une autre vision et le peuple fera une comparaison. C’est à partir de là que le peuple saura que s’il se débarrasse de ceux qui sont au pouvoir, les lendemains sont « sûrs », a souligné M.Nicolas Lawson.

 

Aucune personne aujourd’hui parmi ceux qui se disent opposants ne peut véritablement conduire ce pays avec une alternative et une solution aux problèmes actuels et contribuer à son progrès », met M. Lawson au défi ses « amis » de l’opposition togolaise, avertit-il.

 

Une formation qui s’inscrit dans la vision de l’Appel des Patriotes et celui de la coalition, c’est l’Organisation pour Bâtir un Togo Solidaire (OBUTS).
« Nous confirmons que nous avons eu des entretiens avec OBUTS qui est venue discuter avec nous. Mais au jour d’aujourd’hui, il n’est pas encore question à OBUTS d’adhérer à la Coalition. Nous avons discuté sur des rapprochements de vue parce que les analyses que OBUTS fait aujourd’hui, sont des analyses que nous avons déjà à notre sein. Nous leur avons dit la dernière fois qu’il faut faire la politique de manière sincère », avait déclaré Me Apevon à un journal de la place.

 

Au lendemain des législatives de juillet 2013, OBUTS membre fondateur du Collectif « Sauvons le Togo » après avoir réclamé en vain le désistement d’un élu du CST au profit de son candidat a pris ses distances avec ce regroupement. Ces derniers temps on assiste à des pics entre Agbéyomé et ses anciens camarades restés au CST.

 

Du côté de l’ANC, le ton n’est pas pareil. Pas question que ce parti qui a le plus de député au parlement se rallie à d’autres formations politiques mais, les formations n’ayant pas de côte de popularité, doivent s’allier à l’ANC. Tel est l’avis des militants et sympathisants de ce creuset politique, incarné par Jean Pierre Fabre. Que choisir ? C’est la grande interrogation quand on sait que, à ce jour, le pouvoir en place ne dit rien d’abord sur la présentation de Faure Gnassingbé en 2015.

 

A cette allure, tout porte à croire que, l’opposition togolaise a de gros soucis car beaucoup se demandent, comment elle fera- t-elle pour concilier leurs points de divergences ? Et si elles ne sont pas conciliées, qu’adviendra-t-il quand il s’agit des résultats pour les élections locales ? Les présidentielles de 2015 ?

 

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