Développement et décentralisation : Les nouvelles mairies à l’épreuve d’un dur apprentissage

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Photo : DR / illustration

Plus de trente ans après la gestion de nos communes par des préfets et présidents de délégations spéciales nommés par le pouvoir central, le Togo est enfin rentré dans une nouvelle phase de décentralisation. Cette volonté politique de développement direct des localités communales s’est exprimée par l’organisation des élections locales qui ont eu lieu en juin 2019,soit un an déjà.

Les locales sont, certes, un passage obligé pour doter les communes des structures et canaux nécessaires en vue de la gestion autonome de leurs ressources pouvant leur permettre de se prendre en charge et de se développer, avec bien sûr la contribution de l’État. Mais, le défi est grand au vu de la tâche bien lourde et des dépenses y afférentes.L’organisation des élections locales sur fonds propres six mois après les législatives et à moins d’un an avant la présidentielle dernière n’a pas été chose aisée.

Mais, il le fallait et l’État n’a pas hésité à y mettre les moyens nécessaires pour traduire cette volonté dans les faits. C’est un grand effort à saluer.En outre, les communes de Lomé ont eu à bénéficier,fin 2019, d’une dotation spéciale qui leur a été accordée pour leur fonctionnement.Cependant, il est à noter que malgré tous ces efforts du gouvernement,un grand nombre de problèmes met en difficulté les nouvelles communes. En effet, les conseillers municipaux de l’intérieur du pays, selon nos sources sont presque privés d’indemnités car,leurs communes n’ont pas pu être dotées d’un budget de fonctionnement proprement dit. Ce problème est beaucoup plus criard avec les nouvelles communes.

 L’absence de sièges et d’infrastructures, le manque d’équipement et de véhicules de fonction restent toujours sans solutions. Il n’est pas ainsi rare de trouver des maires et conseillers avec comme moyens de déplacement des motos payées de leurs propres poches, y compris le carburant.Parmi les difficultés auxquelles sont confrontées les communes, on notera également le problème lié aux querelles de compétences entre les maires et les préfets, car, ces derniers n’ont pas encore cette facilité de se défaire des anciennes méthodes qui étaient érigées en règle avant les locales.

Il revient alors aux autorités compétentes de continuer cet effort dans sa politique de décentralisation en permettant aux communes d’avoir des dotations et des moyens nécessaires en vue d’assurer pleinement leurs rôles. Cela permettra de parfaire ce grand chantier entamé pour un développement harmonieux de nos communes et le mieux-être des populations; ce qui reste une préoccupation à laquelle aspirent, sans doute, toute l’équipe gouvernementale et le chef de l’État.

Source : Le Soleil N° 462 du Vendredi 03 Juillet 2020

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