Discours de fin de congrès de Alberto Olympio « Les ennemies du Togo ne sont pas ceux qui ont déposé les bulletins dans les urnes mais ceux qui refuseront le verdict populaire »


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Mesdames et messieurs, mes chers frères et sœurs, citoyens de notre grande nation, le Togo.
En ce jour historique, je tiens à saluer les immenses soutiens et amis qui sont venus d’un peu partout en Afrique, d’Europe, d’Amérique et d’Asie. Mais avant tout je veux rendre hommage à tout Togolaise et Togolais qui se sont mobilisés aujourd’hui pour être là afin de faire attendre leurs voix, notre voix. Je connais et mesure les sacrifices que vous avez tous fait pour être ici aujourd’hui. (…)
 
A chacun d’entre vous je veux dire retenez cette date, le 2 août 2014, elle est historique, elle marque le début d’une nouvelle ère pour le Togo.
 
Vous pourrez dire à vos enfants, vos parents, vos amis, vos voisins, j’y étais. Oui ! Votre présence ce soir au stade de Kégué est historique car elle témoigne d’une volonté populaire contre laquelle personne ne pourra s’opposer. Vous tous mes chers amis, vous êtes ce fleuve qui du nord au sud emportera le passé, irriguera le présent pour faire éclore l’avenir. Un avenir auquel nous aspirons tous, un avenir auquel nous avons tous droit. Aujourd’hui, vous êtes les acteurs de l’Histoire, une histoire que nous écrirons ensemble. Cette histoire, c’est celle des peuples qui se libèrent, qui se lèvent contre l’oppression, contre la privation des libertés, contre la discrimination. Cette Histoire c’est celle de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, cette histoire c’est celle de Patrick Lumumba, de Thomas Sankara, c’est aussi celle de Ghandi. Cette historique c’est aussi celle de Nelson Mandela et tant d’autres anonymes qui ont refusé de se soumettre à l’injustice et à l’arbitraire. Cette histoire, c’est notre histoire. C’est celle du Togo en 2015.
 
Mmes et Mr. Si je suis devant vous libre à vous parler c’est grâce à vous peuple togolais, vous qui avez bravé le danger de la démocratie pour votre liberté. Dès la manifestation originelle du 05 octobre 1990, vous avez exprimé haut et fort votre volonté de recouvrer la liberté. Toute votre liberté, l’engagement et la détermination ont été à la hauteur de l’objectif poursuivit dans cette lutte beaucoup de nos frères et sœurs ont fait le sacrifice ultime de leurs vies et tant reste marqué à vie dans leur chaire. Je me souviens avec tant d’émotion de ce jour d’avril 2005 où nous cherchons à nous protéger des tirs à balles réelles, ce jour là j’ai fleuré la mort mais Dieu m’a épargné. Ce ne fut malheureusement pas le cas des centaines de Togolais comme cette jeune femme allongée à côté de moi, elle venait d’être fauchée par une balle. Elle rendue son dernier soupir alors que je lui tenais la main. Ce fut une terrible journée.
Je veux rendre ici un vibrant hommage à tous les leaders de l’opposition qui ont conduit cette lutte. Je dédie ce jour à ces héros, hommes et femmes, leur rêve deviendra réalité. Notre liberté prochaine sera leur récompense. L’histoire nous enseigne que la liberté ne s’achète, la liberté se gagne, la liberté se conquiert. Ensemble, nous allons la conquérir.
 
Malgré les différents accords et recommandations qui n’ont jamais été respectés par le pouvoir, je pense à l’APG, au CVJR entre autre, l’opposition a encore tenté il y quelques semaines d’arracher ces réformes constitutionnelles et constitutionnelles. Elles sont nécessaires pour une meilleure démocratie et pour assurer la paix civile au Togo. Nous connaissons tous le résultat, un tour de passe-passe, le gouvernement et sa majorité parlementaire se mettent d’accord pour ne pas être d’accord. C’est triste et décevant. Le Togo est le seul pays de notre sous région qui n’a jamais connu d’alternance politique et qui a encore des institutions d’un autre âge.
 
Sur la question du mode de scrutin, bien sûr, nous préférons le scrutin à deux tours. Mais si le pouvoir le maintien à un seul tour, nous le battrons dans les urnes, je le sais, nous le savons. Personne, ne vous volera la victoire, pas cette fois-ci. Plus jamais !
 
Mes frères et sœurs, montrons au monde entier notre détermination à reprendre nations et notre avenir en mains. Inscrivons-nous massivement sur les listes électorales. Ceux qui n’ont pas de pièces d’identité, c’est le moment de les faire.
 
Vous autres, frères et sœurs de la diaspora, on vous prive de votre droit, le droit de vote. Je vous demande de revenir massivement au pays et de vous mobiliser pour cette élection. L’enthousiasme et l’engouement de tout un peuple sont une puissance qu’aucune fraude ne peut battre. Vous le savez la génération de nos parents a été sacrifiée, nous avons le devoir de ne pas faire sacrifier celle de nos enfants.
 
Une minorité s’accapare de toutes les richesses de notre pays, j’entends avec attention le grondement insistant du peuple qui monte des campagnes, de nos cantons et de nos préfectures. Nous vivons de grands moments.
Selon le rapport de la Banque mondiale, aujourd’hui plus de la moitié des jeunes sont sans emplois, de plus en plus de Togolais s’enfoncent de la précarité et vivent au jour le jour. Dans certains préfectures comme le Kpendjal, presque toute la population vit en dessous du seuil de la pauvreté, c’est-à-dire des familles n’ont pas 1 000 F par jour pour satisfaire leur besoins fondamentaux. (…)
 
Cette situation est tout simplement intolérable.
Notre économie sombre, le gouvernement assure construire des routes au Togo. Les travaux qu’on nous promet sont une autre manière de détourner des fonds publics. Les entreprises de l’Etat sont systématiquement pillées. Togolcellulaire, Togotélécom, le port de Lomé, les douanes et la SPT. Chaque année la fuite de capitaux au Togo représente 2 milliards de dollars soit 1000 milliards de F CFA c’est l’équivalent du budget de l’Etat. J’ai vu le plan de Lomé 2, je parle de cet endroit où il fait bon vivre pour certains avec de bon logement, de belle route éclairée. Je n’ai vu aucun plan pour Adakpamé, Kodjoviakopé, Adidogomé ou pour Bè et pour le reste du pays d’ailleurs.
Il ne devrait y avoir de Lomé 2, ni de Lomé 3, il n’y a qu’un seul Lomé, il n’y a qu’un seul Togo et le développement doit être pour tous les Togolais.
 
La situation de nos étudiants est aussi dramatique. ( …) on propose trop souvent à nos concitoyens d’adhérer au parti au pouvoir en échange des services de l’Etat, c’est totalement inadmissible.
Au Togo, un enfant sur cinq meurt avant cinq ans. (…).
 
En matière de justice quand j’attends le ministre concerné dire que ce n’est pas du jour au lendemain que nous aurons des acteurs de la justice complètement intègre, je trouve cela inadmissible. Le ministre en personne lui-même avoue l’échec du système judiciaire. La vérité est que ce système judiciaire est aux mains d’un clan qui le privatise entièrement depuis 50 ans. Nous ne faisons plus confiance à la justice de ce régime. L’affaire des incendies de Lomé et de Kara en sont une nouvelle illustration. Tant de femmes ont tout perdu dans ces incendies (…).
 
Les femmes jouent un rôle très important dans notre pays. Elles sont et ont toujours été le socle de notre société. Leur réputation forgée à force du travail dépasse les frontières de notre pays. Elles représentent une force économique dynamique, nous devons leur donner la place qu’elles méritent dans notre société.
 
Aujourd’hui, je dis à tous les Togolaise et les Togolais que nous devons faire bien mieux que ce demi-siècle. Le Togo est un diamant brut qu’il faut tailler, polir. Nous sommes ici aujourd’hui parce que nous aimons notre pays, parce que nous aimons travailler pour notre pays, parce que nous voulons le changement. En 2015 levons-nous et affirmons « 50 ans c’est assez, 10 ans c’est assez, il est temps, il est temps que ça change en 2015 ». En 2015 reprenons en mains notre pays, reprenons droits, reprenons en mains notre liberté. (…)
Mon père Charles Olympio m’a appris le sens de la parole donnée et m’a fait promettre de revenir servir notre pays le Togo. (…)
 
Après avoir travaillé dans de grandes entreprises en Europe et aux Etats-Unis, j’ai crée des sociétés et beaucoup d’emploi en Afrique. Une fondation pour venir en aide aux plus démunis. J’ai acquis de la compétence et de l’expérience et je n’ai jamais oublié mon pays, j’ay reviens régulièrement et le parcours tout entier. Je suis allé jusqu’à Sokodé dans le village d’Aléhéridè où j’ai passé une partie de mon enfance. (…) je vous y ai rencontré, j’ai vu l’état du pays et quand j’entends mes adversaires dire que je n’ai pas d’expérience politique je me demande de quelle expérience parlent-ils pour avoir mis le pays dans ce tel état. Eh bien mon expérience est différente. Mes chers amis, je vous le dis, avoir de l’expérience c’est concevoir des projets, des idées, s’entourer d’hommes et de femmes selon leurs compétences, et leurs mérites, les guider pour faire aboutir ses projets tout en restant droit, loyal, et ayant à l’esprit que l’intérêt national. J’en ai fait la preuve, j’ai cette expérience. Je n’ai hérité ni d’une entreprise, ni d’un pouvoir, chaque pan de ma vie je l’ai construit à force de travail, ténacité et je sais qu’ensemble toutes les Togolaises et tous les Togolais, nous allons rebâtir notre pays, notre beau pays sans laisser personne au bord de la route.
 
Peuple togolais accorde-moi ta confiance, je serai m’en montrer digne. Mes chers compatriotes pour bâtir le Togo je veux avant tout redonner à notre terre sa vraie valeur nourricière. Nous le savons l’économie togolaise repose en grande partie sur le secteur agricole, notre agriculture, je vais relever les défis de promotion, de modernisation et d’industrialisation pour qu’elle crée des emplois, qu’elle produise suffisamment pour nourrir toute la population togolaise.
 
L’une de mes priorités est de faire en sorte que tous les Togolais mangent à leur faim. Je vais maintenir au plus bas le prix des produits de premières nécessités.
 
Mes chers compatriotes, je vous le dis sans détour, il faut revoir complètement notre système de santé, il est dans un état critique. Les praticiens diront même que son pronostique vital est engagé. Nous allons mettre en place un système sanitaire avec des centres de soins de proximité repartis sur l’ensemble du territoire. Dans chacune des cinq régions du pays, nous construirons des hôpitaux plus importants qui auront pour vocation de répondre plus rapidement aux problèmes de santé de la population. Pour les cas plus graves, ils seront traités dans les deux hôpitaux nationaux d’excellence : le premier à Lomé et le deuxième à Kara.
 
Comme c’est le cas de certains pays développés ou émergents, nous allons mettre en place de manière progresse une couverture médicale universelle pour tous. On ne refusera jamais dans notre pays des soins de base sous prétexte qu’il n’a pas les moyens de les payer. Aucun Togolais n’aura plus à se choisir entre se soigner et se nourrir. J’appelle les médecins togolais qui exercent en dehors du pays à revenir mettre leurs compétences au service des Togolais.
En plus du droit à la santé, les Togolais ont droit à l’emploi. Un de mes objectifs c’est qu’il y a au moins un emploi par foyer.
 
L’éducation doit être adaptée au besoin du pays et financé par des bourses et autres mécanismes mises en place par l’Etat. C’est une question de justice sociale. Mais tout ce projet ne sera possible que si nous faisons du Togo un état de droit.
 
Je rentrai l’environnement des affaires attractif. Nos lois seront adaptées, nous mettrons des infrastructures nécessaires et des investisseurs viendront au Togo. Le Togo aura enfin un gouvernement transparent. Je vais montrer l’exemple. Je moderniserai l’administration générale grâce aux nouvelles technologies pour servir les Togolais et lutter contre la corruption. La bonne gouvernance sera le socle de l’Etat.
 
Mes chers compatriotes, je vais vous parler de sécurité. Celle de tous les Togolais. La défense et la sécurité constituent une des missions fondamentales de l’Etat. Dieu soit loué le Togo vit en paix avec ces voisins et je veux rendre ici un vibrant hommage à ceux qui ont choisi de servir notre pays et les Togolais dans le métier des armes. Qu’il soit militaire ou gendarme, policier ou fonctionnaire, ces corps habillés méritent notre respect. En tolérance avec notre capacité financière, je vais donner à l’armée et aux forces de sécurité, l’organisation, les hommes et les moyens qui permettront de défendre notre territoire national et les intérêts vitaux du Togo dans le respect du droits et des accords internationaux. De protéger les individus vivant au Togo et leurs biens pour permettre aux Togolais ou ressortissants étrangers de vivre en sécurité et dans la paix, de participer aux côtés des forces africaines ou des forces onusiennes à la résolution des crises sécuritaires régionales. Aux militaires, aux gendarmes et aux policiers, je dis ne vous trompez pas d’adversaires. Les ennemies du Togo ne sont pas ceux qui ont déposé les bulletins dans les urnes et qui demandent simplement que le processus démocratiques aille jusqu’à son terme. Les ennemies du Togo sont justement ceux qui refuseront le verdict populaire et tenteront de vous instrumentaliser à des faits totalement politiciens. Votre honneur s’appelle fidélité nos institutions. Je ne vous demande pas aucune faveur, aucune contre-partie, rien d’autre que d’être loyaux envers votre patrie et votre peuple. Je compte sur vous, quant à vous comptez sur moi pour vous donner des moyens dignes d’une institution moderne et républicaine qu’on nous citera en Afrique. Le peuple togolais sera fier de vous, je vous conduirais pour regagner le cœur des Togolais. Généraux, officiers, sous officiers, hommes de troupes et valeureux soldats, du haut de cette tribune, je vous l’affirme solennellement avec franchise, si nous n’avons pas d’avenir avec le peuple togolais, nous n’aurons pas du tout d’avenir. Ceci est ma profonde conviction.
 
Mes chers amis ce que je vous propose c’est un Etat sûr, un Etat moderne, un Etat juste, le Togo brillera dans le monde. Un Togo que nous bâtirons ensemble et dont nous serons tous fiers. Pour adopter tout ceci nous devons nous mettre tout de suite au travail, nous devons nous tourner résolument vers l’avenir et nous rester unis.
 
Pour réussir nous devons bannir toute idée de vengeance et de chasse aux sourcières, croyez-moi, c’est contre productif. L’histoire sera le seul juge des uns et des autres. Moi je vais consacrer toute mon énergie à la mise en œuvre de notre projet de société si vous me faites l’honneur de faire de moi votre prochain président. Des quatre coins du pays, j’entends la voix du peuple, je vous entends « Game su ».
 
Dieu bénisse le Togo, vive le Togo, vive la République.
 

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