Droit de réponse de Sena Alipui à monsieur Sena Afeto au sujet du document intitulé : La sagesse arabe nous enseigne que « Si ce que tu as à dire n’est pas plus beau que le Silence, alors tais-toi ».

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Séna Alipui, Président du groupe parlementaire UFC

Bonjour monsieur Sena Afeto,

J’ai lu avec intérêt votre document et c’est une bonne chose de vous exprimer, parce que cela permet un débat sur des questions qui intéressent nos compatriotes et permet à chacun de se situer après analyses de faits réels et non une analyse sentimentale de la réalité.

D’entrée de jeu, je vous précise que vous ne pourrez pas me faire taire. Il faut oublier ce projet.Ce n’est pas démocratique ,c’est malsain et ça n’arrivera pas.  Votre méthode du silence , silence imposé par les insultes et attaques par la presse a permis à l’opposition d’échouer 30 ans d’affilée sans que personne ne dise rien, de peur d’être la cible d’une presse militante, ou de militants qui pensent pouvoir dire aux autres qui être , quoi penser et quoi dire. Cette époque est révolue et je ne suis pas de cette école de la pensée unique. Je crois avoir la culture du débat, débat fécond et je ne suis pas le genre de politicien qui se croit au-dessus des citoyens,  et à l’inverse, je ne suis pas au-dessous des citoyens. Je suis à votre service dans un cadre bien défini par la loi .L’amitié et un sentiment favorable à mon égard sont facultatifs, mais le respect mutuel est obligatoire.  La liberté d’expression est une liberté fondamentale et constitue un des piliers du libéralisme politique.

Ensuite, je ne suis détenteur d’aucun bien mal acquis. Personne ne détient un titre foncier de l’opposition ou un permis d’exploitation électoral.  Les élections du 20 décembre 2018 étaient ouvertes à tous. Une bonne partie de la gauche Togolaise comptant sur la rue a commis l’erreur stratégique de ne pas participer à l’élection. Elle a reconnu son erreur etsix mois plus tard, toute honte bue,  participé aux élections locales puis présidentielles et chacun connait son score puisque certains ont épuisé leurs énergies dans un exercice inutile d’empêchement de candidature alors que c’est la surveillance et la transparence électorale qui importent. Ce n’est quand même pas ma faute si vos amis droitiers ont décidé de jouer le penalty de fin de match avec leur pied gauche ou décider de sécher leur linge sous la pluie??? Que chacun courageusement assume ses erreurs et insuffisances. Ce n’est ni en nous insultant ou en nous raillant ou envous saisissant maladroitement de plaisanteries entre parlementaires que vous allez remettre en cause les résultats d’une élection à laquelle vous savez bien maintenant qu’il est trop tard, que vous auriez dû participer.

Au demeurant, je vous rappelle que de 2007 à 2018, quelquen’un soit la conjoncture politique, l’UFC a toujours eu des députés au parlement, et même si l’arbre a perdu des feuilles et des branches, le tronc et les racines de l’Ablodé sont intacts et repousseront. Ce n’est qu’une question de temps, de travail et de circonstances.

La liberté de la presse, la liberté d’expression, plus que tout autre nous nous sommes battus pour, et pas plus tard qu’en Décembre 2019, ceux qui ont assisté à la pleinière de la modification du code de la presse au parlement, peuvent témoigner que je suis bien celui qui a plaidé bec et ongles pour une baisse des amendes, des conditions d’accès au métier de journaliste et un financement accru pour la presse Togolaise , pour une véritable liberté de presse et non une liberté de p(a)resse… ou n’importe qui derrière un clavier s’autoproclame journaliste ou influenceur. Si six mois plus tard,  une partie de la presse militante me lynche, eh bien !!! Qu’il en soit ainsi !!!, j’ai défendu ces principes-là par conviction et parce que je les tenais pour juste et vous avez beau jeu d’être assis à Paris ou Londres et penser de devoir nous dire quels sont les conditions des journalistes à nous qui sommes ici avec eux et les soutenons parfois financièrement pour leurs problèmes personnels.

Notre presse a besoin d’être adéquatement financée, et professionnalisée et les institutions de régulation de la presse notamment la HAAC ont besoin de moyens conséquents pour accompagner ce processus et la mise en œuvre de leur plans stratégique. Si nous sommes en capacité nous le ferons parce que la presse est le quatrième pouvoir et comme tel nous la respectons et devons lui donner les moyens d’être à la hauteur des enjeux de l’heure.

La plupart des gens ne se posent pas beaucoup de questions quand ils lisent, et croient ce qu’ils lisent que ce soit vrai ou vrai sensé ou insensé. La qualité et la véracité du contenu de la presse est un enjeu important dans une société ou l’information va vite.

Il faut qu’ensemble on fasse le nécessaire pour que la liberté de presse ne rime pas avec liberté de p(a)resse…

Parlant de ladite affaire de pétrole, elle est pendante devant les tribunaux et j’ai été clair là-dessus, je n’ajoute rien et je ne retire de mes propos. J’ai passé près de 10 ans dans des multinationales pétrolières et si mon opinion ne vous intéresse pas, ce n’est pas plus grave, de toutes les façons, le débat à mon niveau est clos sur ce sujet.

Au sujet de la redevabilité, vous êtesbien mal placé pour m’en parler. Je rentre d’Anié et d’Atakpamé ou je suis parti ente autre rendre compte à ceux qui m’ont élu etce comme vous pouvez le voir sur ma page YouTube(https://www.youtube.com/channel/UCJ0o6Zwl5W8V2aZ3G-Neljw/videos ) .

Vous quiêtes en Europe vous êtes redevable à qui?

Redevable à ce Togo que vous avez quitté et que vous critiquez jour et nuit parce que vivant avec le souvenir de ce qu’il était à votre départ ?

Ou bienà votre terre d’accueil ou êtes payés par les occidentaux que vous critiquez égalementet rendez responsables devos malheurs alors que vous avez déserté le terrain et fui votre responsabilité qui est d’être en Afrique aux cotés des Africains et de vous battre pour eux comme je le fais. La lutte par procuration avec des stars dans le maquis envoyant argent et injonctions qui résultent en innocentes victimes comme dans les années 90 est terminée. Comme député, lorsqu’une politique ne fonctionne pas, nous sommes en première ligne des demandes sociales qui nous indiquent les problèmes sociaux qu’il y a dans le pays.  Moi, je suis redevable à mes électeurs et à tous les citoyens du Togo au service desquels   je suis,  pouvez-vous en dire autant vous concernant?

Je ne sais pas quel problème exact vous avez avec mon orientation politique? Je suis un libéral Panafricain.

Je suis très attaché aux libertés individuelles notamment celle de penser, celle de s’exprimer, celle d’entreprendre et de faire des profits légalement, le droit des femmes des jeunes et minorités etc…. Je suis pour le libéralisme politique et économique.

Je ne suis pas favorable aux régimes présidentiels en général mais dans la pratique on travaille avec l’existant et je pense que pour nos pays africains la souveraineté populaire doit s’exprimer par les urnes de façon claire et transparente ,que les populations doivent être directement associées aux processus décisionnels et que des comptes rendus réguliers doivent leur être rendus comme le faisait Sylvanus Olympio et comme à niveau plus modeste j’essaie de le faire en étant présent sur les médias mais également sur ma page (www.alipui.com), Facebook (https://www.facebook.com/sena.alipui.9)  et le reste.

Fondamentalement, je suis pour un régime parlementaire dans lequel, le parti ou les partis qui dégagent une majorité élisent parmi leurs pairs le président de la république, le premier ministre, et forment leur gouvernement (les ministres doivent être d’abord député)  pour un mandat parlementaire de 7 ans renouvelable 2- 3 fois maximum à l’exception du chef de l’État désigné par les parlementaires pour un mandat de 7 ans non renouvelable. Si son parti remporte encore les élections ils sont obligés de désigner un autre président en leur sein. Le chef de la minorité a une équipe et des moyens conséquents pour suivre la politique gouvernementale et proposer des politiques alternatives et réalistes.  Je suis favorable à une CENI technique et une cour constitutionnelle avec un mandat de 10 non renouvelable.  Tout cela pour une certaine stabilité de nos pays et de nos institutions, une certaine cohérence dans l’action et éviter ainsi la cohabitation et les insécurités juridiques comme on l’a connu en 1994 au Togo entre les désormais feu Edem Kodjo, Yawovi Agboyibo et Gnassingbé Eyadema.  Ce système ne marchera que si les élections sont vraiment propres et les autres institutions ne sont pas sous la botte de l’exécutif que ce soit dans les nominations de leurs membres ou autres. Les corporations élisent les représentants leur corporations et c’est validé par le parlement.

Sur le plan régional Je suis favorable à une fédération des États de l’Afrique de l’Ouest ouverte sur le monde et formant un pôle avec l’occident étant donné que nous avons en partage, l’histoire, la langue, la culture, le système éducatif, le système politique et économique. Nous n’avons pas besoin de réinventer la roue, on a besoin d’équilibrer la relation et d’assumer nos responsabilités sans défiance. Nous avons la terre, le travail, le capital, ils ont la technologie et des capitaux qui peuvent venir en appoint à ce que nous avons ( si on fait jouer un bon rôle à notre monnaie de façon concertée) et sans aller dans trop de détails.

Le déficit de légitimité et les distorsions dans les processus électoraux font qu’après les élections ou en dehors des élections les gens pensent à la rébellion, à la rue et d’autres moyens non constitutionnels pour arriver au pouvoir. Je suis contre, et je suis pour une amélioration graduelle de nos systèmes électoraux et une intégration sous régionale rapide pour permettre aux populations divisées par l’histoire de se retrouver et pour permettre une mobilité du travail et des entrepreneurs pour que les gens puissent aller là où se trouvent les opportunités.

Je suis pour un état de taille réduite qui régule , mais je suis bien conscient qu’à court terme il faut des politiques Keynésiennes par qu’il faut structurer nos états et injecter du capital pour créer de la richesse avant de parler de redistribution et je compte sur la monnaie et donc notre BCEAO qui est fédérale pour nous y aider en attendant la transition à l’ECO francophone puis CEDEAO.

Je suis favorable à une coopération poussée avec la France, l’Union Européenne et le reste de l’Occident, ce sont mes convictions que je partage , je ne suis pas en quête de popularité ou d’un quitus de quelqu’un, je suis en quête du bien pour le plus grand nombre en implémentant le libéralisme politique et économique, et c’est pour ça que je me suis engagé en politique.

 J’aime également la paix et tient les conflits en horreur et j’ai beaucoup d’admiration pour Abdoulaye Wade , Alassane Ouattara et le très vénérable et respectable Houphouët Boigny entre autres. Vous avez le droit d’avoir une autre opinion et c’est ça la démocratie, en aucun cas je ne vous permettrai d’avoir l’illusion que vous avez le droit de venir me dire de me taire. Bien essayé, peine perdue.

Dernier point et cela vaut aussi pourvos amis de l’ombre, Dani Ayida ettous ceux qui se livrent à des projections de leurs ambitions sur moi en disant qu’on fait ce qu’on fait pour être ministre ou pour de l’argent, que c’est la ventrocratie. Je ne suis pas en politique pour des postes, et encore moins pour l’argent, ayant toujours été à l’abri du besoin par l’effort et le travail. Ça ne m’intéresse donc pas. Ce qui m’intéresse, c’est améliorer la gouvernance politique et économique, et faire la promotion du libéralisme; c’est ma vision, c’est ma mission et c’est un rôle que je continuerai à jouer en politique , et/ou dans la société civile avec des points de repères qui leur échapperont sans doute toujours étant donné que nous n’avons pas le même point de départ sur la pyramide de Maslow. Concentrons-nous sur ce qui est important et impactera positivement le plus grand nombre.

Nos deux plus grands ennemis dans la sous-région Ouest Africaine sont la pauvreté et le déficit de légitimité. 

Ils sont à la base de la plupart de nos maux que soit sur le plan sécuritaire, politique, économique ou social et c’est n’est pas la faute aux autres principalement, c’est plus notre incapacité à transformer les États dont nous avons hérité aux indépendances en nation qui en est la cause.

Notre incapacité à voir en notre prochain un humain, notre incapacité comme vous le démontrez vous-même si bien avec cet article à accepter une opinion qui diffère de la vôtre à et en débattre rationnellement et de façon structurée avec faits tangibles et vérifiables au besoin le montre à suffisance.

Paré tantôt du manteau de démocrate, de nationaliste, de Docteur en tel ou telle science, cette haine de l’autre , cette négation de l’autre constitue la trame de fonds de certains, haine qui transparaît dans les propos, postures, comportements et qui finalement constituent un frein qui plombe les projets politiques , privée , le débat démocratique et les initiatives pour améliorer la vie du plus grand nombre.

Que l’on soit en en dictature militaire, en parti unique ou en démocratie, cette haine détruit tous les projets et ils veulent l’imposer comme norme.

Vivons les valeurs que nous professons, ne nous cachons pas derrière de gros diplômes, des manteaux de prêtres, pasteurs, soldats ou politicien, démocrate, avocat ou anonymes derrière un clavier pourdonner libre cours à cette haine incandescente qui anime les uns et les autres.

CHANGEONS DE MENTALITÉ ET DE COMPORTEMENT !!! L’ENFER CE N’EST PAS DE QUE LES AUTRES !!!

Je m’arrête là, nous sommes des passeurs, l’Afrique a un avenir radieux devant lui, l’Afrique va renaître et cette renaissance n’est pas contre quelqu’un mais pour les Africains et leurs alliés. Ceux qui croient en l’Afrique doivent avoir le courage de rentrer en Afrique et vivre leurs convictions. Nous avons fait le choix d’avancer à la lueur d’une bougie plutôt que de continuer à tâtonner dans l’obscurité avec des promesses qui ne se réalisent jamais. La route qui mène vers la terre promise prenait 11 jours, mais à force de répéter les mêmes erreurs et mauvaises habitudes les Israéliens ont tourné en rond pendant quarante ans. Tirons-en des leçons et évoluons. Pour le reste, j’espère que ce droit de réponse va être le début d’une relation plus respectueuse entre nous.

Meilleures salutations à vous cher homonyme.

Sena Alipui

Acteur politique

Acteur de la société civile.

Texte de Sena Afeto.

Sena Alipui

Par Sena Afeto
La sagesse arabe nous enseigne que « Si ce que tu as à dire n’est pas plus beau que le silence, alors tais-toi ».

Visiblement je ne suis pas le seul à rappeler l’adage au député de l’Ogou. Déjà le 28 août 2019, Le Correcteur lui conseillait qu’ « Il ferait mieux de ne rien dire, plutôt que de parler pour finalement ne rien dire ».

Les adresses personnalisées, critiques ou autres attaques ad hominem ne sont, par principe, pas dans mes habitudes. Seulement, quand la souffrance ambiante et endémique de tout un peuple est niée, lorsque l’intelligence de braves et honorables citoyens qui, au prix de leur vie, permettent vaille que vaille l’existence d’un semblant de nation, est méprisée avec un manque de respect effrontément ostentatoire, alors, avec responsabilité, on ferme le clapet à l’instigateur désobligeant, l’imposteur.

En moins de deux semaines, le sieur Séna Alipui, député de sont état, nous a instruits sur la profondeur de sa pensée politique et tout son fondement « vertueux » qu’il veut promouvoir sur la Terre de nos Aïeux et, au-delà, dans l’espace ouest-africain, voire sur tout le continent.

Le proverbe populaire nous enseigne : « un bien mal acquis ne profite jamais ». A travers ses deux sorties dans le laps de temps sus-indiqué, Séna Alipui confirme qu’il est réellement un « nommé » à l’hémicycle que le parti UNIR « avait invité à boire le lait de la vache », pour emprunter les mots de M. Emmanuel Sogadji de la Ligue des Consommateurs du Togo (LCT). Comment pourrait-il jouir autrement de ce présent indûment reçu ?

Nous avions connu Séna Alipui, jeune togolais de la diaspora, plus ou moins mieux inspiré et plus posé dans ses raisonnements. Nous l’avions d’ailleurs reçu et suivi à maintes reprises dans l’émission Fenêtre sur l’Afrique de Sylvain Amos, sur la radio Kanal K. Ensuite, il nous souvient comment ce dernier avait scénarisé son retour au pays par le biais, dira-t-on plutôt par le prétexte, d’affaires qu’il gérerait au Ghana à côté.
L’Union des Forces du Changement (UFC) semble devenir, depuis la scission avec les tenants actuels de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC), le réceptacle des « jeunes démissionnaires de la vie d’expatriés » en mal d’existence moins exigeante mais très lucrative. On ne peut rien attendre d’autre de cette voie qu’une vie dévoyée avec son corollaire de discours indignes et malheureux. Le leitmotiv, c’est « exister par tous les moyens, mêmes les plus immondes ; pourvu que le ventre soit plein ». C’est ce que mon frère David Kpelly appelle « L’art de se Goinfrer pour que la Terre entière se Noie ».
J’aimerais savoir ce que « l’honorable » Séna Alipui sait sur la liberté de la presse au Togo et, surtout, du chemin de croix parcouru par les professionnels de ladite profession depuis les années 90. Monsieur le député a-t-il une petite idée de comment vivote la presse privée au Togo ?
Eu égard aux conditions remplies de risques perpétuels dans lesquelles travaille la presse privée respectée au Togo, le minimum que tout élu du peuple, digne et légitime, au su d’une publication d’un journal telle que la sortie de L’Alternative de Ferdinand Ayité sur une affaire aussi gravissime que celle du détournement de plus de 500 milliards de nos francs par des individus en principe au service du « bien commun », aurait fait, c’est d’exprimer, en premier lieu, sa stupéfaction. Ensuite, il se saisirait du dossier, chercherait à en savoir plus auprès des sources de l’information. C’est ce que font les représentants nationaux respectables et qui aboutit à des enquêtes parlementaires.

Or, quand on est élu dans les conditions dans lesquelles Séna Alipui est entrée à l’Assemblée nationale en décembre 2018, sa réaction indigne et irresponsable, visiblement irréfléchie, à la découverte de la publication du journal L’Alternative ne peut être autre. Notre cher député a ainsi affiché qu’il n’est animé d’aucune redevabilité vis-à-vis du Peuple, principe que seul la légitimité d’une élection démocratique fait prospérer. « Je n’y crois pas parce que je vois rien de tangible, de documenté et de sérieux dans cette affaire. Je vois plutôt un règlement de comptes. Je ne sais pas… ». C’est en substance la réaction de M. Séna Alipui. Que fait tout homme sensé quand il ne sait pas ? Il ne dit rien. Si M. le député ne sait pas, à quel règlement de compte fait-il allusion ? Voltaire nous enseigne que « avant de savoir, on ne sait pas. » Alors on va à la source, on va à la quête de l’information, on l’analyse et on se prononce ensuite.

Comme si cela ne suffisait pas, Séna Alipui transpose sa pensée, sa doctrine politique à l’échelle sous-régionale. Le néo-penseur libéral de l’Afrique de l’Ouest, dans une publication intitulée « Les convulsions démocratiques dans l’espace CEDEAO », nous donne les clés pour une meilleure compréhension de son chemin et de sa posture politiques.

Dans cette sortie, notre député maison s’est donné pour mission de tirer les leçons des soixante années d’indépendance de nos Etats, de déterminer les causes des échecs, et de suggérer des pistes de solutions. Le ton est vite donné et sans ambages ; l’ennemi est aisément tout trouvé. Le diable, c’est la « gauche africaine » avec son approche révolutionnaire. Cette gauche qui, une fois aux affaires se serait montrée plus inefficace que les régimes libéraux. De quels régimes de gauche parle Séna Alipui ? Penserait-il au régime Gbagbo par exemple ? Les pouvoirs libéraux dont fait état le député sont-ce bien les systèmes dictatoriaux, illégitimes, autocrates et corrompus que veulent déloger la fameuse gauche à l’instar du régime fourvoyé de Ouattara? Une petite lecture vraiment basique de l’histoire contemporaine de l’Afrique ferait comprendre à tout apprenti politique que le moteur de la lutte généralisée des peuples du continent c’est de se débarrasser des dictateurs, des autocrates, des despotes, ces néo-colons, plutôt noirs, qui embrigadent les destinées de peuples entiers. Cette histoire, c’est celle de la révolte continue des Peuples contre ses oppresseurs principalement endogènes. Séna Alipui confond Peuple et gauhe africaine. Les libéraux dont parle le député, c’est bien les régimes autocrates.

Dans ce discours, « l’honorable » dit avoir fondamentalement des doutes sur « l’approche simpliste » qui se traduirait par le fait que la question de « l’alternance et des multiples mandats des chefs d’Etat Africains soit présentée comme la cause première et principale de la mauvaise gouvernance et du mal vivre avec en toile de fonds l’index pointé vers Paris et l’Occident comme source de tous nos malheurs ». Et pour enfoncer davantage le clou, il déclare : « A mon avis, l’alternance est un des symptômes de la vitalité de nos démocraties et n’est pas une fin en soi. »
De quelle démocratie parle Séna Alipui ? Sur quelle planète vit notre député ? Depuis son atterrissage au bercail, vit-il dans un pays démocratique où la représentation du peuple dans laquelle il siège est quasi monocolore ? Le législateur tombé du ciel dans l’Ogou serait-il lui aussi un tenant, à l’instar d’une femme politique togolaise se réclamant de l’opposition, de la ligne politique selon laquelle la démocratie et le multipartisme seraient dissociables ?

Le coup de grâce du député : « Le principe sacro-saint, intangible mais qui hélas n’intéresse pas grand monde reste la légitimité des institutions et des dirigeants de ces institutions. Légitimité qui passe par l’organisation d’élections libres, transparentes et dont les résultats sont acceptées par toutes les parties ».

Nous avons dit plus haut que le bien mal acquis ne profitait jamais. Quand on acquiert mal une partie du pouvoir, on en profite inéluctablement mal aussi. Quand on est un élu illégitime, plutôt « nommé », on ne peut qu’accompagner son bienfaiteur sans état d’âme et sans le moindre égard à la volonté du Peuple, son prétendu électeur.
Séna Alipui, pensez-vous que les élections législatives de décembre 2018, grâce auxquelles vous jouissez avec gourmandise des prérogatives du pouvoir législatif, étaient libres, transparentes et dont les résultats étaient acceptés de tous ? Même bancal et tordu, votre pouvoir législatif est incompétent. Sinon comment avez-vous pu voter une révision constitutionnelle – ayant fait au passage fi des aspirations profondes et légitimes de millions de vos concitoyens – en mai 2019 et la violer vous-mêmes déjà en février 2020 ? L’article 59 de la Constitution, même après réforme, rendait Faire Gnassingbé inéligible à ces élections ; d’ailleurs la Cour Constitutionnelle avait débouté l’ANC non pas au fond mais arguant que le demandeur n’avait pas qualité à activer ledit recours en inconstitutionnalité de la candidature de Faure Essozimna Gnassingbé. Qu’aviez-vous dit ou fait pour que prospère la loi fondamentale ? Votre formation n’avait-il pas, au contraire, avalisé et soutenu sournoisement le candidat d’UNIR ? Voyez-vous, même votre « copain » du moment de la révision constitutionnelle illégitime et ratée, M. Agbeyomé Kodjo, s’est, lui au moins, ravisé, en se faisant violence et en reconnaissant l’inconstitutionnalité de cette candidature Faure Gnassingbé. Ne dit-on pas que « Errare humanum est, perseverare diabolicum ».
Monsieur le député, êtes-vous convaincu de la transparence et de la liberté de l’élection présidentielle de février 2020 ? Ses résultats sont-ils acceptés de tous ? Quelles ont été vos contributions concrètes, en tant que député éclairé en activité et dont la formation politique soutient le pouvoir en place, dans l’avènement de la légitimité des instituions, en l’occurrence celle de la Présidence de la République, en 2020 ?

Quand, sans vergogne ni amour propre, on est partie à un accord de gouvernement avec des ministres issus de ses rangs et, en même temps, on se réclame de l’opposition jusqu’à s’en arroger le « chef de file », c’est que la chose au monde la mieux partagée vous a fui. Alors on ne se la ramène pas ; on fait profil bas et on se vautre dans sa ventrocratie sans bruit.

Lorsque sa formation politique qui, logiquement, est le laboratoire d’expérimentation de son courant de pensée politique, est incapable de faire valoir le gain ou la plus-value pour le Peuple de sa « cogestion du pays avec le parti au pouvoir » dix ans après, et qu’un autre « néo-penseur » du son acabit et de sa mouvance politique promet dix nouvelles années pour offrir l’alternance aux Togolais, actant de fait une présidence de dix de plus de Faure Gnassingbé, on se fait petit et on mange avec discrétion ; on ne fait la leçon à personne.
Séna Alipui suggère de transférer une bonne partie de la souveraineté de nos Etats à la CEDEAO pour juguler nos problèmes de légitimité et de mal gouvernance. Quel aveu d’échec et d’incapacité dissimulé pour un cogérant du pouvoir ? Quand ailleurs les regroupements sous-régionaux arrivent à prospérer parce que promus par des Etats bien constitués et strucuturés, solides et responsables grâce à des institutions fortes, notre « néo-penseur » préconise de mettre la charrue avant le bœuf. Maintenant il faut attendre que le CEDEAO vienne nous installer des Cours constitutionnelles, des Commissions électorales, des Hautes autorités de l’audiovisuel, des Parlements, bref, des institutions nationales crédibles et responsables ? Le problème n’est nullement le fait d’une prétendue exacerbation de la souveraineté nationale. La gangrène, c’est la transformation de l’institution sous-régionale, pendant des décennies, en un « syndicat de chefs d’Etats et de gouvernements ». Le drame, c’est que la grande majorité de ces dirigeants considèrent leurs pays comme leurs patrimoines privés.
Enfin, Séna Alipui allègue que les régimes illégaux, illégitimes et dictatoriaux, dont celui qu’il soutient, pour se maintenir au pouvoir, « sont obligés de tolérer le régionalisme, la corruption et des arrangements qui ne profitent pas au plus grand nombre ». Leur grand manitou concède quant à lui une « minorité pilleuse ». Si les acteurs d’un système inique et illégitime se mettent à feindre eux-mêmes de nous exposer le diagnostic de leur forfaiture et/ou incompétence tout en continuant de végéter dans la même médiocrité sans volonté de trouver ni d’activer les remèdes qui pendent à leurs nez et barbes, comment appelle-t-on le procédé si ce n’est le cynisme ou la perversité ?
Monsieur le député tombé dans l’Ogou, quand on gouverne, c’est parce qu’on avait préalablement diagnostiqué l’état du pays et concocté des remèdes soumis au peuple dans son offre politique pendant la campagne électorale. Vous êtes aux affaires, vous n’avez plus rien à vendre. Dès lors, agissez s’il vous plaît.

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