Du «boudè» au secours de la CENI : Encore de graves irrégularités dans le recensement dans la zone II

boudè

Ce que la présidente de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Mme Angèle Dola Aguigah a qualifié d’ « affabulations » lorsqu’on a dénoncé les irrégularités qui ont émaillé le recensement dans la zone I, se répète encore dans la zone II. Dans son zèle inouï, celle qui se réclame de la société civile, tout en défendant corps et âme le parti au pouvoir, a ânonné que les opérations de recensement dans la zone II démarrées le vendredi 12 avril dernier connaîtront un peu plus de succès que dans la zone I. Mais une fois encore, on se rend compte que ce sont des paroles d’une militante zélée qui se cherche une place à la mangeoire.

Retard observé lors du démarrage du recensement dans certains centres, machines en panne, manque de carburant dans les groupes électrogènes, coupures d’électricité qui suspendent les opérations, etc, sont des anomalies qu’on constate dans les centres de recensement, et ce, depuis les premières heures. A ces manquements techniques, s’ajoute une lenteur dans les opérations elles-mêmes, due aux difficultés qu’ont certains opérateurs de saisie à se familiariser avec les claviers. « Il faut de longues minutes pour certains avant d’écrire un nom. On se demande s’ils ont été formés avant le début de l’opération. C’est très embêtant de se savoir retenu pendant des heures pour une opération qui devrait prendre seulement quelques minutes », a déclaré un électeur qui venait de se faire inscrire au centre de recensement de Bassadji.

L’événement insolite dans ces recensements reste le ravitaillement en «boudè» (essence frelatée) par la CENI pour faire démarrer ses groupes électrogènes dans un village dans la préfecture des Lacs. Insolite du fait qu’au moment où le gouvernement s’est lancé dans la chasse aux vendeurs de ce carburant à Lomé et dans les autres coins et recoins du pays, cette institution y recoure pour faire fonctionner ses machines. La CENI encourage-t-elle la vente du « boudè »?

Il est connu de tous aujourd’hui que seules les grandes villes du pays disposent des stations d’essence. Ce qu’on ne trouve pas dans les campagnes. Mais les forces de l’ordre poursuivent les vendeurs de ce carburant jusque dans les fermes. S’il n’y avait pas du « boudè » dans ce village, où la CENI trouverait-elle du carburant pour faire fonctionner ses machines ? Une raison de plus pour appeler les autorités à un peu plus de retenue dans leurs prises de décisions impopulaires.
K. I.

L’Alternative Togo