Editorial de FSA du 24 octobre 2015 : Y aurait-il un loup dans le flou politique de la France dans les pays africains francophones ?


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Editorial de Fenêtre sur l’Afrique du 24 octobre 2015 sur radio Kanal K en Suisse
Y aurait-il un loup dans le flou politique de la France dans les pays africains francophones ?
 
La dangereuse ambivalence de la position de François Hollande face aux tripatouillages constitutionnels des dirigeants africains
 
Les plus à même à répondre à cette question fondamentale sont Dénis SassouNguésso, Joseph Kabila, Paul Kagamé, Blaise Compaoré, Pierre Nkurunziza, Faure Gnassingbé, pour ne citer que ceux-là.
 
Lors de sa visite à Accra en juillet 2009, et plus récemment, lorsqu’il recevait en août 2014 des présidents africains en somment aux Etats Unis, Barak Obama avait déclaré que l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts mais d’institutions fortes.
François Hollande, à la veille du sommet de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en novembre 2014, mettait en garde « les chefs d’Etat qui voulaient changer les règles du jeu pour briguer un troisième mandat ».
 
Ces deux prises de position répondent et rejoignent la manifestation de plus en plus pressante, mais aussi répandue sur tout le continent africain, de l’aspiration des peuples à vivre dans de vrais Etats dignes de l’ère actuelle. Ces deux interventions ont été accueillies par ces peuples comme venant appuyer leur soif de justice, de liberté, de modernité, bref de la démocratie. Après le printemps arabe, une certaine bise démocratique semblait souffler inexorablement sur l’Afrique subsaharienne. L’étouffement du dessein secret de Boni Yayi au Bénin et la révolution burkinabè viennent créditer ce constat.
 
Il faut croire que nombre sont encore ces présidents ou dirigeants aux conceptions rétrogrades, ne jurant que par l’autocratie, la barbarie et la mégalomanie, qui refusent de voir ce phénomène qui pourtant se produit sous leurs yeux. Ils s’obstinent à se convaincre qu’ils sont l’alpha et l’oméga de leurs Etats. Le cas du Congo Brazzaville est assez parlant. Voilà un président qui fut chassé du pouvoir pour les mêmes causes qu’il est en train de reproduire actuellement. Que devrait-il craindre d’ailleurs ? La France qui lui avait offert asile dans les années 90 avant de le réinstaller à la tête de son pays, vient, par la voix de François Hollande, de lui reconnaître le droit de piétiner les aspirations fondamentales et légitimes de son peuple. A quoi joue François Hollande ? Comment peut-il demander à ses homologues africains de ne pas changer les règles du jeu pour s’éterniser au pouvoir et, au même moment, reconnaître à Nguesso le droit de consulter son peuple quand on sait la manipulation que constitue cette consultation?
 
Hollande est tout sauf un naïf ; il sait très bien que cette consultation n’a qu’un seul but : ouvrir les vannes constitutionnelles pour que Nguesso rempile pour un 3e mandat, ce que la constitution dans son ossature actuelle lui empêche. Comment Nguesso peut-il consulter en toute transparence son peuple lorsque tous les leviers de l’organisation et de l’issue du scrutin sont entre ses seules mains ? Pourquoi Hollande concède-t-il à Denis SassouNguesso ce qu’il a refusé à Blaise Compaoré ? Le pétrole congolais en serait-il pour quelque chose ?
 
Dans les pays normaux, la consultation des populations serait même réclamée par ces dernières. Dans tous les pays démocratiques, les citoyens réclament davantage de référendums, preuve de leur soif à être impliquée beaucoup plus. Un changement ou une révision de constitution est effectuée afin de permettre à un pays de progresser. Seulement, il est ici question de pays avec de dirigeants qui pensent encore être les seuls à même de présider à leurs destinées. Leur volonté de changer de constitution ne peut que rimer avec régression politique et déni des droits fondamentaux de leurs populations.
 
Peuples africain encore menacés par la volonté insatiable de tyrans à confondre leurs destins singuliers à ceux plus grandioses et transcendantaux de leurs pays, mobilisez-vous et levez-vous, à l’instar de vos frères burkinabè, pour faire échec à ces despotes et leurs soutiens dans leurs entreprises inhumaines.
 
La rédaction de FSA
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Sylvain Amos
Journaliste, Présentateur de « Fenêtre sur l’Afrique »
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