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Elections Municipales du 30 juin/ Un mal pour un bien : Comment ce scrutin est un catalyseur de l’alternance en 2020

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Les Togolais étaient aux urnes dimanche 30 juin 2019 pour l’élection des 1527 Conseillers Municipaux desquels seront issus 117 maires et 177 adjoints. Conformément à l’article 141 de la Constitution de 1992, « la République togolaise est organisée en collectivités territoriales sur la base du principe de décentralisation dans le respect de l’unité nationale. Ces collectivités territoriales sont : les communes, les préfectures et les régions. Toute autre collectivité territoriale est créée par la loi. Les collectivités territoriales s’administrent librement par des conseils élus au suffrage universel dans les conditions prévues par la loi », le processus de décentralisation devait être effectif depuis.
Mais cette décentralisation n’a jamais pris corps, laissant place aux fameux Présidents de Délégation Spéciale qui ont pillé et détruit le patrimoine de la plupart des communes. Et lorsque le pouvoir togolais se décide enfin à organiser les élections municipales sous pression des partenaires en développement, tout a été fait à la va vite dans la grande cacophonie.

Tout a été fait de sorte que les forces démocratiques renoncent à y prendre part. Après les législatives décapantes du 20 décembre 2018, l’opposition sérieuse n’avait plus le choix de boycotter les municipales de peur de laisser continuer la mal gouvernance infectée pour toujours les collectivités territoriales.

En réalité, aucune condition n’était réunie pour un scrutin crédible, transparent et démocratique : révision des listes bâclées, invalidations fantaisistes des listes, fichier inaccessible… Mais à l’arrivée, les forces démocratiques dans leur ensemble ont pris part à cette joute électorale pour l’élection des conseillers municipaux, une première depuis le déclenchement du processus de démocratisation au Togo.


Participation de l’opposition, un levier de l’ancrage politique

Le scrutin de dimanche a enregistré la participation de deux grandes forces notamment l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) et le reliquat de la Coalition des 14 partis politiques de l’opposition (C14). L’ANC a présenté 83 listes dont 4 invalidées tandis que la C14 en a présenté 86 dont 12 invalidées des conditions confuses par la Cour Suprême.

Pour avoir ces différentes listes, la tâche n’a pas été du tout aisée surtout face aux pressions sur certains militants opérateurs économiques par les pontes du régime, selon certains leaders de l’opposition. Certains ont dû même se désister au final.

Mais lorsqu’on scrute le nombre de candidatures de ces deux entités sur l’ensemble du territoire national, c’est un véritable acquis en ce sens que quelle que soit l’issue des résultats, ce scrutin a contribué à asseoir la base politique de ces partis et regroupement de partis. Nul n’ignore que la question de l’efficacité des délégués de l’opposition dans les bureaux de vote se pose souvent avec acuité. Bien souvent à cause de manque de moyens financiers et de structures politiques fiables dans la plupart des contrées du pays. A partir de ce scrutin avec l’implication de ces différents candidats, cette question est réglée en partie surtout que ces militants candidats pour la première fois pour beaucoup d’entre eux, ont été touchés directement pour une élection. Et ceux qui seront élus, cela va constituer une plus value pour eux.

En clair, tous ceux qui ont été impliqués dans ce scrutin ont senti d’une manière ou d’une autre, leurs propres intérêts en jeu. Cela participera d’un dynamisme militant si les responsables des différents partis politiques arrivent à l’entretenir et le capitaliser.

Au lendemain de ce scrutin, les forces démocratiques doivent retourner sur le terrain pour la remobilisation. Ceci pour deux raisons : maintenir la flamme des municipales et préparer les gens à un prochain recensement étant donné que beaucoup de Togolais à priori acquis à l’opposition n’ont pu se faire enregistrer pour ce scrutin. Du coup, cela peut déteindre sur les résultats finaux qui ne traduiront pas les réalités aux prochains scrutins après un nouveau recensement en bonne et due forme. L’issue de ce scrutin doit compter peu. Le plus important est d’avoir marquée le terrain.

D’autre part, ce scrutin, le véritable à l’ère des réseaux sociaux dont l’application Whatsapp a permis de limiter les fraudes par endroits. Ce qui suppose qu’avec une bonne organisation avec moins de chamailleries inutiles, les forces démocratiques peuvent remettre debout le peuple pour l’alternance en 2020. Pour ce faire, il n’est que temps que cesse la politique de crabe au sein de l’opposition à savoir « si ce n’est pas moi, nous devons échouer tous ensemble ». Le jeu en vaut la chandelle.


Source: Le Correcteur Num 882 du Lundi 1er Juillet 2019

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