En quête avide de repère, le Prince se lance des défis risqués et inutiles

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Tout le monde convient que malgré sa prétendue réélection, Faure Gnassingbé est plus que jamais isolé par la Communauté Internationale qui se voit ainsi dans l’embarras de composer avec un jeune Président qui traîne autant d’habitudes éculées et d’actes vétustes, très proches des vieux dinosaures dictateurs que le monde aie jamais connus par le passé.
 
Faute d’une alternative crédible dans le pays, cette Communauté Internationale se voit naturellement contrainte de composer avec un tel personnage, mais dans le strict minimum d’égard que l’on peut avoir vis-à-vis d’un Chef d’Etat tant l’image de ce dernier ne peut réellement servir à grand-chose dans les grands débats internationaux.
 
Cette attitude d’embarras et de gêne de la Communauté Internationale est d’autant plus compréhensible que le fils du feu général a réussi la prouesse magistrale de faire du Togo, un Etat hybride qui retrouve à la fois les traits manifestes d’un Royaume que d’un semblant de République.
 
Il s’agit là d’un pays où l’on retrouve à la tête, un Prince-héritier, très avide du pouvoir, friand du prestige et de la gloire, avec une boulimie sans frein de règne noyé dans un système cinquantenaire dont l’existence et le fonctionnement heurtent de front les principes démocratiques propres à une démocratie ou à République orthodoxe.
 
Conscient donc de cette image peu reluisante, difficile de fréquentation en ces moments cruciaux où les grands débats internationaux se focalisent sur l’impératif pour les Etats, notamment africains, d’assoir les socles d’une démocratie affranchie, de limiter la durer de règne des régimes et de promouvoir les valeurs républicaines ainsi que l’alternance pacifique, Faure Gnassingbé a choisi de se lancer des défis, à la limite inutiles ou parfois abscons, mais dont le but serait de l’aider à se faire une place au soleil, parmi les dirigeants du monde.
 
C’est ainsi qu’aidé par ses coursiers habituels, le Prince a fait le pari très risqué de s’approprier le thème de la sécurité maritime et de la lutte contre la pêche illicite et consort en haute-mer au point de vouloir organiser ici au Togo, du 02 au 07 novembre prochain, un sommet international sur cette thématique.
 
Quand bien-même il s’avère particulièrement difficile pour les togolais de se retrouver dans une telle initiative qui ressemble de près à du dilatoire et de la diversion face aux épineux problèmes de pauvreté, de chômage, de la corruption ainsi que des innombrables défis liés à la répartition humaine et raisonnable des richesses du pays, à la bonne gouvernance et à la croissance, Faure semble ne guère démordre par rapport à un tel projet.
 
Il y tient tellement qu’il a jugé opportun ou même urgent de précipiter ses coursiers dans l’annonce d’un tel sommet au peuple togolais et à la communauté internationale au moment où tout le monde attend de le voir au moins choisir un nouveau Premier Ministre qui formerait un nouveau gouvernement.
 
C’est ainsi que le mardi 02 juin, au palais de la Présidence de la République, des ambassadeurs en poste au Togo, des officiers de l’armée togolaise ainsi que des membres du gouvernement démissionnaire se sont retrouvés pour se voir informés que le Togo abritera un tel sommet de taille d’ici le 02 novembre prochain.
 
Le plus frappant dans tout ça, reste le nombre de personnalités qui sont supposées participer à un tel sommet au Togo. L’on nous annonce la présence au Togo, en novembre prochain de 4000 à 4.500 personnalités qui vont prendre part à un tel sommet.
 
Avant d’évoluer dans notre analyse, rappelons simplement que depuis 15 ans, à part le sommet de l’UA organisé par le feu général en 2000, jamais le Togo n’a encore abrité un sommet qui ait accueilli plus de 500 personnes.
 
Les sommets de l’UEMOA que le Togo a abrités sous Faure Gnassingbé n’ont guère engendré un flux de personnalités dépassant 200 têtes.
 
Et subitement, l’on saute sur un prétendu sommet qui va déferler près de 5 mille personnes au Togo ? C’est un peu délirant…
 
Qui peut croire objectivement en la capacité du Togo, et notamment du régime moribond actuel, à organiser judicieusement et à pouvoir supporter un tel flux de personnalités étrangères dans notre pays ?
 
Cette question est d’autant plus pertinente qu’au regard de la situation actuelle du pays, aucune infrastructure d’accueil n’est réellement au point.
 
Le Togo dispose-t-il de combien d’hôtels de taille et quels en sont leur capacité d’accueil ?
 
Le garage central qui gère le parc auto du pays dispose-t-il de combien de véhicules « vivantes » à même de faire des navettes nécessaires pour transporter les invités attendus ?
 
Mieux, après 15 d’autarcie, de léthargie et d’isolement, quelles sont les capacités réelles du Togo dans l’organisation des grandes rencontres internationales de la taille de ce que le Prince et ses coursiers sont en train d’annoncer aux togolais ?
 
Le protocole d’Etat au Togo dispose-t-il de combien de ressources pour organiser l’accueil des invités ?
 
Nous nous abstenons de fournir des réponses à toutes ces questions au risque d’exposer les carences et les tares dont souffre aujourd’hui l’administration togolaise, ou mieux l’équipe dirigeante de notre pays.
 
Mais une chose parait évidente, Faure Gnassingbé est en déphase complet avec les réalités de son pays.
 
Il n’a aucune conscience réelle du niveau d’incompétence et d’inefficacité des vautours dont il s’entoure depuis 2005 où il a été parachuté à la tête de ce pays.
 
Il n’a guère compris que ceux qui l’entourent savent plus parler qu’ils ne savent agir, s’organiser et organiser rigoureusement une manifestation de taille. Sur qui le Prince compte réellement pour organiser une telle rencontre au Togo ?
 
Sur l’ethnocentriste et gourmand Dussey qui fait aujourd’hui office de ministre des affaires étrangères et qui en profite pour instaurer une mafia sans pareille à ce ministère ?
 
Sur ses amorphes conseillers et ministres qui jouent plus aux coursiers qu’’autre chose ?
 
L’on comprend aisément son empressement à s’attacher à un tel thème qui, il faut le reconnaître, suscite bien l’intérêt des USA et des pays Européens à qui il tient à faire la cour à tout prix. Mais de grâce, l’heure semble avoir sonné pour qu’il se montre au moins réaliste et conséquent envers lui-même.
 
Espérons simplement qu’au soir du 07 novembre, ce défi parfaitement inutile aux yeux des togolais mais que le Prince a pris le risque curieux de se lancer pour ses propres intérêts de survie politique, ne va pas plus le ridiculiser qu’il ne lui aura servi.
 
Mais en attendant, qu’il lui plaise au moins de nommer un Premier Ministre et une équipe gouvernementale afin de commencer à relancer les activités économiques en berne dans le pays depuis le fameux processus électoral jusqu’à ce jour. C’est là le plus urgent et le plus important pour le peuple togolais plus d’un mois après la tenue du scrutin présidentiel qu’il dit avoir remporté avec 58,77%.
 
source : togoinfos
 

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