vendredi 26 février 2021

Faure Gnassingbé entre les veux pieux et les réalités du pouvoir, le Togo marche à reculons

fauregnasavril2013
 
L’une des premières ambitions majeures que Faure Gnassingbé avait exprimée dès son arrivée au pouvoir en 2005, était d’assurer une mutation profonde de l’héritage politique dont il était bénéficiaire et de donner un nouveau cap à la politique togolaise en partant notamment d’un nouveau style de gouvernance basé sur la culture du résultat, l’efficacité dans le travail et la recherche permanente du bien-être du peuple.
 
A l’époque, le jeune Président donnait le sentiment d’avoir les moyens aussi bien intellectuels que matériels pour combler ce besoin tant les togolais en avaient marre des querelles politiciennes, des invectives et diatribes entre adversaires politiques etc.
 
Huit ans après, c’est avec beaucoup d’amertume que les togolais réalisent que Faure Gnassingbé s’est réellement planté.
 
Il s’est non seulement planté, mais il s’est aussi et paradoxalement engagé dans une marche à reculons où les maigres acquis sont en train d’être littéralement remis en cause chaque jour un peu un plus.
 
Dans ces conditions, les togolais ont toutes les raisons de s’interroger sur ce qui arrive réellement à leur cher Président, spécialiste de beaux discours, mais particulièrement amorphe dans l’action.
 
Manque-t-il vraiment de courage politique pour assurer les réformes et conduire le pays vers la voie d’une démocratie épanouie ou s’est-il simplement fourvoyé dans le large labyrinthe des contingences politiques togolaises ?
 
Nulle ne saurait réellement répondre à cette question si ce n’est Faure Gnassingbé lui-même.
 
Mais tout compte fait, le constat saute à l’œil nu, les promesses du Chef de l’Etat vis-à-vis du peuple sont restées des veux pieux.
 
Les quelques rares efforts qu’il a entrepris ça et là pour donner un nouvel élan au pays sont restés inachevés ou fondamentalement mal conduits.
 
Nous n’en voudrons pour preuve que son projet de refonte du Rassemblement du Peuple Togolais qui a conduit à la création de UNIR.
 
Tout le monde convient aujourd’hui que l’ambition que nourrissait le chef de l’Etat et qui consistait à mettre en place un nouveau cadre d’expression politique viable et crédible dont le fonctionnement serait basé sur des principes démocratiques, est un échec lamentable.
 
Non seulement le parti a du mal à assoir sa charpente officielle mais aussi son fonctionnement actuel laisse à désirer. Seule une poignée de décideurs managent le parti et imposent leurs choix à la masse. De l’autoritarisme, de l’arbitraire purs.
 
Pire, les vétérans du RPT que le Chef de l’Etat comptait mettre de côté reviennent au gallot avec plus de tonus et de verve, mais aussi avec de vieilles habitudes plus rouillées que tout.
 
Conséquence, la nouvelle sève montante qui nourrissait un espoir fou de pouvoir se faire valoir, est laissée pour compte et contrainte à la résignation.
 
C’est justement ce qui vient de se produire dans le choix que le nouveau parti de Faure Gnassingbé vient de faire des candidats qui devront se présenter dans les trente circonscriptions électorales pour le compte de UNIR.
 
De l’arbitraire pur et simple qui a conduit des populations de certaines localités à manifester violemment contre ces impositions d’un autre siècle.
 
Dans la préfecture de Tchamba par exemple un vieux nom comme Damma Dramani revient encore, celui-là qui, depuis des années a tout vécu et tout connu sous Eyadema et sous Faure Gnassingbé.
 
Selon nos informations il viserait même la présidence du parlement si jamais il venait à être élu à nouveau pour le compte du Parti.
 
Il en est de même pour beaucoup d’autres circonscriptions électorales où des dinosaures du défunt RPT sont encore aux devants des choses. Quelle est alors l’innovation que Faure Gnassingbé visait en créant ce parti ?
 
Au-delà de sa famille politique qu’il a du mal à bâtir, le Chef de l’Etat a réellement du plomb dans l’aile, il est comme plongé dans une torpeur et une léthargie mystérieuse qui, manifestement le bloque dans la conduite des affaires de l’Etat.
 
Ce qui amène ses collaborateurs à vaciller et osciller dans tous les sens sans pour autant réussir à s’appuyer sur un repère viable qui leur permettrait de voir clair dans les actions qu’ils ont à mener.
 
La population elle-même a le sentiment que le pays n’est plus du tout gouverné et d’erreurs en erreurs le pouvoir s’enlise finalement dans l’à peu près et dans un jonglage impardonnable.
 
Les grands défis qui se posent au pays ne trouvent plus de répondants. Tout chancelle au point où l’autorité de l’Etat est bradée et édulcorée. L’on utilise à tort et à travers les attributs de l’Etat pour museler les adversaires politiques, pour étouffer le peuple et le contraindre à la résignation.
 
Les libertés d’expressions qui étaient presqu’acquises sont systématiquement remises en cause. Les droits de l’homme sont bafoués, les valeurs morales aussi. le bras de fer qui oppose le pouvoir à l’opposition s’est plus que raidi. Le front social bout de façon inquiétante. Les étudiants sont laissées pour compte.
 
Où va le Togo à ce rythme ? Qu’est-ce qui a pu faire dévier Faure Gnassingbé de ses ambitions de départ pour le Togo ?
 
La situation du Togo d’aujourd’hui est pire que celle que l’on avait vécue sous Eyadema, c’est une évidence. Et à cette allure, si l’on n’y prend garde, le pays risque de basculer dans l’abîme total.
 
Il importe que le pouvoir de Faure Gnassingbé entende les cris de détresse de la population mais aussi les alertes de la communauté internationale et des leaders d’opinion
 
source : togoinfos
 
 

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