Faure Gnassingbé étale les limites de son régime devant les ambassadeurs

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C’est fantastique ce que notre Chef de l’Etat a fait mercredi comme discours en réponse au message du corps diplomatique à l’occasion de la cérémonie de présentation des vœux.

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Faure Gnassingbé est passé par un dribble extraordinaire pour esquiver les vrais problèmes que l’ambassadeur d’Allemagne au Togo a soulevéS dans son message de vœux.

 

Le Président de la République du Togo a fait un discours qui n’est pas moins qu’à l’hors sujet vis-à-vis des attentes légitimes exprimées par les diplomates et qui rejoignent naturellement les aspirations profondes du peuple togolais.

 

Faisons court pour aller droit au but. Joseph Weiss a d’abord souhaité prompte guérison au Premier Ministre et à la Présidente de la CENI qui sont malades depuis près de deux mois.

 

Faure Gnassingbé n’en a pas fait cas dans sa réponse, ou s’il en fait de façon improvisée, c’est pour donner une réponse non certaine puisqu’il avait déjà soutenu que ce dernier souffrait d’une péritonite alors que c’était largement plus que cela.

 

Le diplomate allemand a ensuite évoqué l’épineuse question des incendies qui ont créé une onde de choc sans précédent dans le cœur de tous les togolais et de tous les diplomates qui en ont été témoin.

 

Il a surtout souhaité que la lumière soit faite dans cette affaire « dans le strict respect du droit ». Mais qu’a dit le Chef de l’Etat en réponse ?

 

Aucun mot à ce propos, rien du tout. Mais il faut reconnaître que Faure Gnassingbé a été courageux, très courageux pour opérer un tel dribble sur un sujet aussi frappant et préoccupant.

 

Ce n’est pas tout. Les diplomates ont souligné l’importance pour le Togo d’instaurer un dialogue sur réformes institutionnelles et constitutionnelles dans le cadre de la mise en oeuvre de l’Accord politique global (APG) de 2006, la mise en oeuvre des recommandations de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR), la mise en place de l’Office togolais de Recettes, le renforcement de la justice, le respect des droits de l’homme, les mesures pour combattre la corruption, les élections locales « dans les meilleurs délais possibles » et la décentralisation, un programme économique appuyé par le Fonds Monetaire International etc. »

 

Mais oui, que personne ne s’étonne, là aussi notre champion a fait un saut sans pareil dans son discours.

 

L’héritier d’Eyadema a sans doute trouvé gênant que les diplomates lui rappellent ce qu’il doit faire pour le Togo et les togolais.

 

Mais le comble vient de ce que notre leader bien-aimé n’ait pas trouvé judicieux de rassurer les diplomates sur sa disponibilité à œuvrer pour estomper la tension sociale et les revendications sociales qui sont en train, manifestement, de fragiliser la cohésion nationale et la stabilité du pays.

 

« Vous avez tout pour réussir dans un monde qui devient de plus en plus compétitif. Beaucoup de difficultés qui compliquent la situation dans d’autres pays n’existent pas ici. Maintenant, il s’agit de gérer les problèmes politiques et socio-économiques dans l’esprit de tolérance, de confiance, de compréhension mutuelle et de fraternité » avait élégamment souligné l’ambassadeur d’Allemagne pour rappeler à nos dirigeants qu’ils n’ont aucune raison valable de rester statiques et plaintifs alors qu’ils bénéficient des atouts indéniables pour réussir le pari du développement du Togo.

 

Et à l’ambassadeur d’ajouter, en guise de pistes pour réussir « L’intensification de la communication, une stratégie de sensibilisation et d’explication, le dialogue direct, les passerelles et la patience permettront de trouver des solutions satisfaisantes et consensuelles pour tous ».

 

Que dit le Chef de l’Etat de toutes ces pertinentes suggestions formulées avec tact et diplomatie à l’égard de son régime par des diplomates avertis sur les graves problèmes que traverse le Togo ? Rien !!!!
 

C’est fantastique. Faure Gnassingbé s’est juste contenté de se féliciter de la réussite des élections législatives, de la mise en œuvre de la stratégie de croissance accélérée (SCAPE).

 

Il a aussi dit qu’au plan de l’amélioration de la gouvernance économique, le Togo s’est conformé à l’initiative pour la transparence des industries extractives. Et c’est tout.

 

Le fils du feu général Eyadema a ensuite très vite fait de trouver un angle de déviation vers l’Afrique, vers les problèmes de l’Afrique pour ensuite charger les diplomates d’une mission, celle dire au reste du monde que « le Togo estime que le monde n’a pas d’autre choix que celui de recourir à un partenariat sincère, vital et mutuellement avantageux » et que pour cela il faudrait renforcer les mécanisme d’intégration africaine et autre.

 

Voilà résumé en quelques mots les deux interventions qui ont marqué mercredi, la cérémonie de présentation de voeux du corps diplomatique à Monsieur le Président de la République du Togo.

 

Mais la question est de savoir qu’est-ce que Faure Gnassingbé pouvait dire de convaincant et de pertinent aux diplomates et au peuple togolais sur ces sujets sérieux qui rongent le Togo et en face desquels le régime a brillé par son amateurisme, son incohérence et sa légèreté ?

 

Il se pourrait que nous ayions mal fait ce résumé, pour cela nous proposons à nos lecteurs l’intégralité des deux interventions publiées par le site officiel du Togo (republicoftogo.com) pour leur laisser le soin d’apprécier par eux-mêmes.

 
Discours de Joseph Weiss
 
C’est un grand honneur et un vrai plaisir pour moi de m’adresser à vous au nom de l’ensemble du Corps diplomatique, en cette circonstance solennelle.
 
On ne peut prononcer un discours en ce moment sans rendre hommage à un personnage exceptionnel qui a marqué l’histoire.
 
Nelson Mandela, premier Président de l’Afrique du Sud démocratique, vient de nous quitter. Rarement une personnalité politique ajoui d’une admiration universelle et d’une reconnaissance unanime comme lui.
 
Ses convictions, son courage, ses qualités humaines vont nous manquer. Mais il demeurera pour chacun de nous l’exemple d’un homme de vision, de réconciliation, de pardon, d’humilité et de sagesse.
 
( J’aimerais profiter de cette occasion pour souhaiter une bonne guérison et un prompt rétablissement à S.E.M. le Premier Ministre et à la Présidente de la CENI.
 
Tous les deux se sont investis complètement dans leur travail sans ménager leur santé. Nous espérons vivement qu’ils retrouvent bientôt la santé.
 
Laissez-moi aussi vous remercier sincèrement pour l’accueil chaleureux que le Togo réserve à la communauté diplomatique. Nous nous sentons tous chez nous Nous sommes à l’aise dans ce beau pays qui est malheureusement trop peu connu.
 
Nous apprécions l’accès privilégié et facile aux autorités, mais aussi à l’opposition et à la société civile. Nos relations sont basées sur le respect mutuel, sur l’amitié et sur une volonté commune de trouver des solutions dans un esprit de partenariat et de coopération.
 
Cette atmosphère très agréable me paraît être un grand atout pour le Togo.
 
Sur le plan international, le Togo ajoué un rôle important en tant que membre du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Nous félicitons la diplomatie togolaise pour ses contributions aux règlements de conflits mondiaux aux côtés des frères et des soeurs africains, mais aussi dans l’intérêt de la communauté internationale dans son intégralité.
 
L’engagement des forces de sécurité togolaise dans le cadre des missions de paix des Nations Unies, surtout au Mali, et de l’Union africaine est fortement apprécié.
 
Le Togo s’est beaucoup investi pour trouver des réponses adéquates aux nouvelles menaces sécuritaires : la piraterie, les trafics de tout genre, l’extrémisme religieux et le terrorisme, surtout dans le Sahel.
 
Cela témoigne de la volonté – et de la capacité – du Togo de prendre ses responsabilités dans l’intérêt de la paix dans le monde et dans la région.
 
Nous félicitons le Togo également pour la dynamisation de sa politique extérieure. Il est beaucoup plus présent et visible aujourd’hui. Des conférences internationales importantes ont eu lieu à Lomé – centre traditionnel de grands évènements internationaux dans le passé.
 
Le Togo a réussi dans des candidatures internationales importantes, par exemple, l’élection d’un magistrat togolais comme juge permanent au Tribunal pénal International (TPIY) pour l’ex- Yougoslavie. Tout cela a contribué à rehausser l’image du Togo à l’extérieur.
 
Dans ce contexte, j’aimerais mentionner les excellents résultats de l’équipe nationale de football à la CAN 2013. Les victoires des éperviers n’ont pas seulement montré le niveau du football togolais, mais aussi à quel point elles peuvent créer l’identité collective, la fierté nationale et susciter l’enthousiasme dans la population.
 
Elle avait oublié tous les problèmes quotidiens et politiques dans la joie et la bonne humeur. J’étais très touché personnellement par cette expérience forte et inoubliable. Sur le plan national, nous avons vécu des moments difficiles lors des incendies des marchés à
 
Kara, Lomé et à d’autres endroits. Nous exprimons, une fois de plus, notre compassion aux victimes des incendies dramatiques. Nous partageons leurs préoccupations quant aux impacts et aux conséquences. Cette tragédie a donné lieu à beaucoup de malheurs, d’interrogations et d’inquiétudes.
 
Dans une grande unanimité, il y a des exigences pour que toute la lumière soit faite rapidement sur ces évènements et que la vérité soit établie dans le strict respect du droit.
 
La bonne tenue des élections législatives pacifiques en juillet 2013 était une grande satisfaction pour les acteurs et les observateurs du pays. Les efforts conjoints des responsables politiques, mais aussi de la communauté internationale, ont abouti au consensus nécessaire pour une forte participation aux élections.
 
Nous remercions tous les facilitateurs pour leurs contributions à ce dialogue fructueux. Toutes les forces politiques importantes sont représentées à !’Assemblée nationale.
 
Nous espérons vivement qu’elle devienne le lieu de débats nationaux intéressants et constructifs sur les sujets importants et les défis du développement du Togo.
 
Comme partout, l’initiative des réformes provient de l’exécutif.
 
Les chantiers ont été mentionnés dans le programme d’action du Premier Ministre du 18 septembre 2013 : un dialogue sur les réformes institutionnelles et constitutionnelles dans le cadre de la mise en oeuvre de l’Accord politique global (APG) de 2006, la mise en oeuvre des recommandations de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR), la mise en place de l’Office togolais de Recettes, le renforcement de la justice, le respect des droits de l’homme, les mesures pour combattre la corruption, les élections locales « dans les meilleurs délais possibles » et la décentralisation, un programme économique appuyé par le Fonds Monetaire International pour ne mentionner que les plus importants.
 
Une majorité parlementaire pour réaliser ces projets existe.
 
Afin de relever ces défis, il faut un climat apaisé et serein. Nous encourageons tous les responsables à redoubler d’efforts pour trouver des solutions consensuelles et durables auxrevendications sociales.
 
La paix sociale, nous le savons tous, est un préalable pour affronter les problèmes de la pauvreté et du sous-développement. Nous disposons maintenant d’un document de référence et d’orientation. La SCAPE nous permettra de mieux coordonner nos efforts pour atteindre les objectifs du millénaire qui vont être revus en 2015.
 
L’environnement général pour les atteindre s’est développé favorablement. La croissance économique sur le continent africain est impressionnante, l’inflation est basse, les perspectives d’une croissance continue sont bonnes.
 
Les atouts économiques du Togo sont évidents : la situation stratégique du pays, les corridors nord-sud et est-ouest, le seul port en eau profonde en Afrique de l’Ouest, bientôt un nouvel aéroport, des ressources naturelles importantes, des investissements qui augmentent, des infrastructures qui s’améliorent.
 
Vous avez tout pour réussir dans un monde qui devient de plus en plus compétitif. Beaucoup de difficultés qui compliquent la situation dans d’autres pays n’existent pas ici. Maintenant, il s’agit de gérer les problèmes politiques et socio-économiques dans l’esprit de tolérance, de confiance, de compréhension mutuelle et de fraternité.
 
Nous sommes convaincus que les Togolaises et Togolais sont capables de surmonter leurs divergences. L’intensification de la communication, une stratégie de sensibilisation et d’explication, le dialogue direct, les passerelles et la patience permettront de trouver des solutions satisfaisantes et consensuelles pour tous.
 
Le Corps diplomatique fera tout pour soutenir le Togo dans cette démarche.
 
Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour renforcer la démocratie, la justice et le respect des droits fondamentaux, pour faciliter un vrai dialogue, pour plaider votre cause sur la scène internationale et pour vous appuyer à réduire la pauvreté énorme. Notre objectif commun reste l’amélioration des conditions de vie du peuple togolais.
 
Après plus de 10 ans de service dans plusieurs pays de l’Afrique, j’aimerais partager avec vous une observation personnelle : Je n’ai jamais travaillé avec des collègues aussi motivés, aussi soudés, aussi engagés et pleins de bonne volonté pour faire une différence qu’ici. Je suis heureux et fier de la cohésion et de l’amitié qui existent entre nous, au service du Togo.
 
C’est sur cette note que je vous présente, Monsieur le Président de la République, au nom de l’ensemble du Corps diplomatique et consulaire, nos meilleurs voeux de bonne santé, de paix et de prospérité et une bonne et heureuse année 2014.
 
Vive la coopération internationale ! Vive l’amitié entre les peuples !
 
Je vous remercie.
 
DISCOURS-REPONSE DE FAURE GNASSINGBE
 
Honorables membres du corps diplomatique accrédité au Togo,
 
Mesdames et Messieurs,
 
Je voudrais avant toute chose, souhaiter la plus cordiale bienvenue en ces lieux à toutes et à tous, et vous remercier, Monsieur le doyen du corps diplomatique, pour les mots si aimables et chaleureux, que vous avez eus à l’endroit du peuple togolais à travers ma personne.
 
En cette occasion où la solidarité entre les nations est notre partage, permettez que je me réfère encore au très regretté Nelson Mandela, dont l’héritage marquera à jamais notre histoire. Il y a quelques jours, l’hommage de la planète à l’un de ses plus grands fils a rapproché, ne serait-ce qu’un court instant, des pays ou des hommes longtemps opposés.
 
Réunis autour d’une forte émotion commune, les différences se sont effacées, au profit de valeurs universelles de paix, de justice et de liberté. Son héritage nous engage à persévérer afin que l’action internationale, dans une démarche concertée et constructive se fonde sur ces valeurs communes.
 
Acteurs d’une communauté de plus en plus interdépendante, où les frontières s’effacent progressivement devant nos liens historiques, économiques, politiques et humains, notre salut réside, ainsi que j’ai pu le souligner il y a un an en ces mêmes lieux, dans une mondialisation à visage humain. Car nous partageons tous les mêmes aspirations de progrès pour nos sociétés, et cela nous pouvons, nous devons le réaliser ensemble.
 
Comme l’a si justement dit Nelson Mandela, il y a bientôt 20 ans, « Aucun de nous, en agissant seul, ne peut atteindre le succès ».
 
Monsieur le doyen du corps diplomatique,
 
Chers amis du Togo,
 
Je voudrais à cet égard saluer votre engagement auprès de la République togolaise et vous exprimer notre admiration pour le dévouement et le professionnalisme qui ont marqué votre action diplomatique et vos interventions sectorielles, dans le contexte d’une année 2013 dont l’actualité fut riche en évènements et en défis.
 
Durant les mois écoulés, le Togo a poursuivi sous vos yeux sa marche vers la consolidation de l’Etat de droit et le développement économique et social.
 
Si toutes les attentes, au demeurant fort légitimes n’ont pu être satisfaites, l’année aura été marquée par des avancées qui méritent d’être rappelées à l’heure de la rétrospective.
 
Au nombre de celles-ci, l’organisation il y a quelques mois, d’élections législatives transparentes et sans violence. [Vous avez eu l’amabilité de mentionner la réussite de ce scrutin, et, en vous en remerciant,] je souhaite saisir cette opportunité pour exprimer notre gratitude à tous nos partenaires pour leur concours précieux aux différentes étapes de ce processus.
 
En affermissant ainsi sa stabilité et sa maturité au plan politique, je suis confiant que notre pays favorise les conditions de la poursuite, dans le cadre institutionnel le plus pertinent, des réformes nécessaires à la consolidation des progrès réalisés.
 
En effet, le renforcement de la charpente politique ne trouve son vrai sens que lorsqu’il participe de la promotion d’un développement durable, synonyme de mieux-être pour nos populations.
 
C’est animés de cette conviction que nous avons, en 2013, résolument engagé la mise en oeuvre de la stratégie de croissance accélérée et de promotion de l’emploi (SCAPE) avec des programmes d’actions prioritaires ciblés, pour une croissance économique soutenue et une répartition inclusive de ses bénéfices.
 
Au plan de l’amélioration de la gouvernance économique, la conformité à l’initiative pour la transparence des industries extractives à laquelle nous sommes parvenus depuis le mois de mai est tout à la fois un signal encourageant et une incitation à maintenir le cap des réformes.
 
Monsieur le doyen du corps diplomatique,
 
Chers amis du Togo,
 
A l’orée de l’année 2014, qui préfigure le rendez-vous des OMD en même temps qu’elle met en perspective l’après-2015, les défis sont encore nombreux dans la recherche des éléments constitutifs d’une prospérité durable pour tous.
 
Nous nous accordons à voir en l’Afrique le continent de demain en raison de laconvergence actuelle de son potentiel naturel avec la stabilité macroéconomique et l’assainissement des finances publiques. La valorisation progressive des ressources humaines dans un contexte d’épanouissement et d’autonomisation de la jeunesse contribue à confirmer ces pronostics.
 
En ce sens, je salue les vues de la 8ème conférence économique africaine à Johannesburg en octobre dernier, qui a exhorté la communauté internationale à soutenir la compétitivité en Afrique et à faire de ce continent un pôle d’excellence en matière d’affaires et de développement.
 
Notre action internationale doit être animée par la conviction qu’un monde plus sûr, plus juste et plus solidaire est possible. Je forme le voeu que les performances économiques encourageantes de l’Afrique soient mises au service de nos peuples pour leur assurer un avenir prospère.
 
A cet égard, je fonde de grands espoirs sur l’apport de la diplomatie du développement. Elle pourra donner la mesure de tout son potentiel au sein de nos regroupements sous régionaux et dans les interactions respectives entre ceux-ci, mais plus encore dans le cadre de l’Union africaine, dans la perspective de ses rapports avec les grands ensembles continentaux et les institutions internationales.
 
Mais,
 
Monsieur le doyen du corps diplomatique,
 
Chers amis du Togo,
 
les avancées que nous saluons resteront sans effet si le continent ne réussit pas à se prendre en charge pour parvenir à une stabilité largement partagée. Car la paix et la sécurité restent autant les conditions que le corollaire du développement.
 
Trop souvent encore, les progrès économiques enregistrés se trouvent fragilisés par les situations de conflits armés et de crises sociopolitiques persistant à travers le continent.
 
Ensemble, nous devons adopter des mesures efficaces pour mettre fin à ces crises.
 
Mes pensées vont à toutes ces populations dont le cadre de vie s’est brutalement transformé en foyer de tensions. Je leur exprime la solidarité et le soutien du peuple togolais, et notre détermination à oeuvrer de concert avec l’ensemble de la communauté internationale, au retour d’une paix durable.
 
A l’heure où je parle, la République centrafricaine est au centre des préoccupations que nous partageons tous. Si dans le cadre de la résolution 2127 du Conseil de sécurité des Nations unies, l’action en appui aux forces africaines s’est mise en oeuvre sous l’impulsion de la France, je ne saurais trop en appeler à un appui plus affirmé de l’ensemble de la communauté internationale.
 
Le Togo qui achève un mandat de deux années au Conseil de sécurité des Nations unies ne manquera pas, à l’avenir, de maintenir une action diplomatique dynamique au soutien des différentes initiatives régionales et internationales visant à endiguer les problématiques sécuritaires qui compromettent sérieusement les efforts de développement de nos pays.
 
Nous avons plus que jamais besoin de cette mutualisation élargie dans la lutte contre le terrorisme, le crime organisé et les mouvements armés, sous les différents masques qu’ils peuvent arborer d’un pays à l’autre ou d’une région de l’Afrique à une autre.
 
En matière de paix et de sécurité, ma conviction est que tout en maintenant les partenariats traditionnels productifs, nous gagnerons à progresser vers une articulation plus large entre les grands ensembles de l’Union africaine et de l’Union européenne, et au sein des Nations Unies.
 
Devant la montée de nouvelles menaces qui requièrent notre plus grande attention, à l’instar de la piraterie maritime, spécialement dans le golfe de Guinée, la réponse la mieux adaptée est celle de la mise en commun de nos efforts.
 
Je me réjouis des initiatives politiques concertées des communautés économiques des Etats d’Afrique de l’ouest et du centre auxquelles nous collaborons tous.
 
Je voudrais réitérer ici mon plaidoyer pour un soutien accru de nos partenaires aux mécanismes de réponse nationaux et régionaux, ainsi qu’à la stratégie maritime intégrée de l’Afrique dont le plan d’action est déployé par l’Union africaine.
 
Monsieur le doyen du corps diplomatique,
 
Chers amis du Togo,
 
Je vous sais gré de votre engagement réitéré à accompagner en tant que partenaires du Togo nos efforts dans les différents domaines de développement.
 
Le groupe des personnalités de haut niveau mandatées par le Secrétaire général des Nations unies pour réfléchir à l’approche de développement dans la perspective de l’après 2015 a très justement insisté sur un nouvel esprit de solidarité, de coopération et de responsabilité mutuelle.
 
La solidarité entre les nations ne saurait se limiter aux défis contemporains en matière politique et économique. Il est regrettable d’assister au fil des ans à l’accentuation des effets des changements climatiques sur notre planète sans que la communauté internationale ne parvienne à s’accorder sur des engagements minima dans la perspective de l’après Kyoto.
 
Au mois de novembre à Varsovie, la conférence des Etats parties nous aura surtout permis de mesurer l’ampleur du chemin qui reste à parcourir avant la définition d’un agenda global des solutions au changement climatique.
 
L’année qui vient constitue l’ultime période de transition entre les efforts que nous avons engagés depuis la définition des objectifs du millénaire pour le développement et la nouvelle vision qui nous mène vers la recherche du mieux-être durable et inclusif, dans un contexte de paix partagée.
 
Donnons à la jeunesse africaine tous les atouts pour faire éclore ses talents. Renforçons les capacités et l’attractivité économique de nos pays. Mutualisons nos efforts pour lutter contre des problématiques telles que la criminalité, la piraterie et le terrorisme.
 
Face aux défis de la sécurité, de la pauvreté, de la santé, de l’accès de tous à l’énergie et aux technologies et du changement climatique, mettons en oeuvre nos ressources, nos compétences au profit d’un projet commun, dont les bénéfices pour nos populations et nos pays ne connaîtront pas la notion de frontière.
 
Le Togo estime que le monde n’a pas d’autre choix que celui de recourir à un partenariat sincère, vital et mutuellement avantageux. Dans ce contexte de défis partagés, autant que d’opportunités nouvelles, notre continent gagnera à renforcer les processus d’intégration aux niveaux sous-régional et régional, qui demeurent une approche essentielle pour le développement de nos pays.
 
Nous restons, pour notre part, résolument engagés à apporter notre contribution à l’édification d’une Afrique unie et prospère, ainsi que d’un monde stable épris de paix, de solidarité et de fraternité.
 
Tel est le message que je vous demande de transmettre, avec nos souhaits de paix, de prospérité croissante et de succès pour l’Afrique et le monde entier aux souverains et chefs d’Etat que vous représentez auprès du Togo, ainsi qu’aux chefs des institutions et organisations internationales.
 
A chacune et chacun de vous, à vos familles, à vos proches, à vos collaborateurs,
 
j’adresse également mes voeux les plus sincères d’une année de prospérité et de bonheur.
 
Vive la coopération internationale,
 
Je vous remercie.
 

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