Faure Gnassingbé, le plus grand commun diviseur des Togolais

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Dans tout pays sérieux au monde, la Commémoration de l’accession à la souveraineté internationale est un moment de grande communion entre les citoyens. C’est également une période des annonces phares du chef de l’Etat sensé insuffler les grandes orientations du pays. Malheureusement au Togo, rien de tout cela. C’est bien tout le grand contraire. Une insulte à la mémoire de grands combattants et artisans qui se sont sacrifiés pour l’indépendance du Togo.

Réformes à minima

S’il y a un sujet qui a le plus pollué l’ambiance de vivre ensemble au Togo, c’est bien les réformes politiques. Entre ruse et roublardise du chef de l’Etat Faure Gnassingbé depuis 2006, ces réformes pourraient être opérées prochainement par l’Assemblée nationale aux ordres selon le bon vouloir du pouvoir. Il se rapporte que la proposition de loi en étude depuis mardi 23 avril devant la Commission de Lois de l’Assemblée Nationale n’est pas celle de l’expert sénégalais de la CEDEAO.

Le texte proposé par l’expert de la CEDEAO, quoique contenant certains manquements, a été accepté par la classe politique de l’opposition, notamment la Coalition des 14, les organisations de la société civile, les confessions religieuses qui appellent à l’alternance au sommet de l’Etat, etc. Seul le régime de Faure Gnassingbé, à travers le gouvernement, n’a pas épousé cette proposition de révision de la CEDEAO. Dans cette révision constitutionnelle, il s’agit de revoir les articles 59, 60 et 100 de la Constitution du 14 octobre 1992.

Le texte proposé par l’expert stipule à l’article 59 : « Le Président de la République est élu au suffrage universel, libre, direct, égal et secret pour un mandat de cinq ans, renouvelable une seule fois. Nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels ou proroger le mandat pour quelque motif que ce soit. Cette disposition ne peut faire l’objet d’aucune révision ». Cette disposition ne semble pas réjouir le régime qui, dans son projet, envoie ceci à l’Assemblée nationale, article 59 : « Le Président de la République est élu au suffrage universel direct et secret pour un mandat de cinq (05) renouvelable une seule fois. Le Président de la République reste en fonction jusqu’à la prise de fonction effective de son successeur élu ».

Il n’en faut pas plus pour voir l’ancien président du Haut Conseil de la République (HCR), parlement de la transition, Mgr Philippe Fanoko Kpodzro ruer dans les brancards. « Le texte que l’Assemblée nationale est sur le point d’adopter ce jour autorise le président à faire autant de mandats qu’il veut. Nous refusons une telle situation. Déjà nous disons que 50 ans c’est un peu trop et voilà qu’on veut adopter un texte qui va permettre au président d’aller aux élections autant de fois qu’il le souhaite. J’en appelle à la raison de tous les citoyens togolais», a-t-il déclaré. En clair, on s’achemine vers des réformes à minima contre la volonté de la grande majorité des Togolais. Dans la foulée, les opposants sont perçus comme des gibiers de potence.

Arrestation en cascade d’opposants

Les marches du Parti National Panafricain du 13 avril ont été sévèrement réprimées. Bilan, un mort à Bafilo, plusieurs blessés et 30 personnes foutues en prison auxquelles se sont ajoutées trois responsables du parti les jours suivants. Il est reproché à tout ce monde de n’avoir pas respecté les itinéraires tracés par le gouvernement ou d’avoir bravé les interdictions.

Or, un simple communiqué ne suffit pas pour interdire une manifestation politique selon la loi du 16 mai 2011. Un gouvernement qui viole une loi et s’en sert pour envoyer des gens en prison, c’est bien de l’anarchie. Les partis politiques de l’opposition se disent révolter que le gouvernement s’appuie sur les marches pacifiques pour mettre en marche un rouleau compresseur destiné à confisquer la liberté de manifester et à décapiter par la même occasion le PNP, et à terme l’opposition dans son ensemble. Les forces démocratiques sont préoccupées par le fait que le gouvernement continue de s’illustrer dans les violations des droits et libertés des citoyens, notamment par la répression des manifestations publiques pacifiques, les intimidations, les mesures liberticides des préfets et des chefs traditionnels, les arrestations intempestives, les passages à tabac et autres exactions.

A la veille de la commémoration de l’indépendance, on procède généralement à l’élargissement des détenus surtout politiques. Au Togo, on assiste plutôt à la course au remplissage des prisons. Tout ceci dans une ambiance de vie chère. Au Togo, tout est cher La vie se complique davantage au Togo avec la hausse exagérée des prix des produits de première nécessité. A l’origine, l’augmentation des prix des produits pétroliers, de l’électricité, de l’eau et bien d’autres taxes insensées depuis le début de cette année. Un peu partout, la misère s’aggrave. Il apparaît clairement que les Togolais ne connaitront plus aucun moment de joie sous ce régime.

Dans presque tous les domaines, les sentiments de frustrations, d’indignation et de désolation se succèdent de sorte que Faure Gnassingbé reste le seul grand diviseur commun des Togolais. Il ne fait l’affaire que de la minorité pilleuse au sommet de l’Etat.

Kokou Agbemebio

 
Source : Le Correcteur
 

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