Faure Gnassingbé nargue le peuple togolais


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C’est dans un verbiage particulièrement révoltant et faux-fuyant sans précédent que le fils du feu général Eyadema s’est adressé samedi au peuple togolais.

Il se croit certainement plus rusé avec cette manière pour la moins incongrue de fuir le vrai débat sur les réformes institutionnelles et constitutionnelles, sur les problèmes majeurs de la justice et la béante déchirure sociale que connait le Togo du fait de la gloutonnerie et de la gourmandise de la bande de profiteurs qui gravitent autour de lui et qui pillent systématiquement les biens de l’Etat.

C’est incroyable d’observer la manière flagrante avec laquelle l’héritier d’Eyadema a esquivé tous ces sujets qui préoccupent plus d’un togolais. Comment un président responsable et sérieux peut objectivement affirmer que le Togo aujourd’hui est un pays stable au moment où l’on vit une ébullition politique particulière liée à la question des réformes ?

Soyons sérieux. Qu’est-ce que Faure Gnassingbé a fait concrètement pour garantir la stabilité politique au Togo ? Absolument rien.

Il veut donc berner qui avec ces théories des siècles anciens lorsqu’il fait croire que pour préserver la stabilité politique, les togolais doivent se résigner et le laisser jouir pleinement des avantages du pouvoir dont il a hérité même s’il rechigne à faire des réformes ?

Comment la stabilité politique peut –elle se concevoir et s’entretenir en marge de la justice sociale et des règles élémentaires de la démocratie et de l’Etat de droit ?

Comment peut-il garantir la stabilité politique au Togo au moment où il veut de fait transformer ce pays en un royaume mis d’emblée sous la coupe d’une éternelle dynastie des Gnassingbé ?

Bien pire, l’héritier d’Eyadema demande au peuple togolais d’adapter les principes universels de la démocratie aux réalités de notre pays. En fait il parle de quoi ?

Il est évident que les règles de la démocratie et de l’Etat de droit telles que l’alternance politique, le respect des droits humains, la promotion de libertés publiques, la construction institutions républicaines fortes, l’exercice d’une justice juste et équitable…revêtent un caractère universel.

De tous ces éléments sus évoqués qu’est-ce que Faure Gnassingbé veut adapter aux réalités togolaises ?

La question majeure qui lui est posée aujourd’hui est de savoir s’il veut s’affirmer comme un démocrate se rangeant résolument et sans retenue sous le dictat de ces principes universels de démocratie ou alors s’il s’incruste dans la dictature pour fouler littéralement tous ces principes au pied.

Faure Gnassingbé a-t-il au moins conscience que le Togo est avant tout une République qui ne saurait ramer à contre-courant de ces principes de base dont nous venons de faire état ?

Il nous semble que le fils d’Eyadema se moque vraiment des togolais. Il se moque tellement de l’intelligence du peuple togolais qu’il est allé jusqu’à affirmer qu’il a « l’intime conviction que l’heure est venue de libérer tout notre potentiel, dans un grand sursaut qui nous propulsera vers un nouvel horizon » au moment même où, il tente de s’accrocher indéfiniment au pouvoir, encourage les cumuls de fonctions et la concentration éhontée de toutes les richesses du pays entre les mains d’une poignets d’amis.

Comment l’héritier d’Eyadema compte-t-il libérer le potentiel togolais s’il n’apprend pas à libérer les énergies existantes du pays ? S’il n’apprend pas à faire une distribution équitable entre les citoyens ?

Naturellement le Chef de l’Etat a vite fait d’oublier que pour libérer le potentiel dont il parle, il faudra immanquablement et nécessairement bâtir une justice juste et équitable pour tous.

Il a trop vite fait d’aller en besogne pour parler de la libération du potentiel togolais au moment où lui et son pouvoir, étouffe chaque jour, tous ceux qui ont l’ambition et les moyens d’agir vraiment pour aider le peuple à sortir des sentiers battus. Les multiples dossiers signalés qui sont pendants devant les tribunaux togolais en disent long sur cette aigreur et cette cruauté du régime qu’il incarne et qui empêchent justement la libération du potentiel togolais.

« Fort de sa longue tradition des échanges commerciaux, le Togo aura ainsi toutes les cartes en main pour se positionner comme le hub d’affaires par excellence, d’une sous-région en pleine croissance ».

Encore une blague et du verbiage qui n’ont aucune emprise sur le réel. Quel homme d’affaires futé peut-il oser investir dans un pays où la justice est sous les bottes du pouvoir ? Simplement de l’utopie.

Monsieur le Président, un peu d’honnêteté ! Comprenez que pour matérialiser tout ce que vous venez de lister dans votre discours, il vous faudra au prime abord, une justice juste, apprendre à partager équitablement le bien commun, instaurer un minimum de confiance entre vous et le peuple et agir en homme d’Etat exclusivement mu par le devenir du pays et du peuple que vous dirigez.

Mais, tant que vous resterez toujours dans cette posture évasive d’un simple héritier à qui il ne faut rien refuser, tant que vous verrez du mal partout au point de faire de l’armée votre seul et dernier rempart, tant que vous vous déplorerez par la force brute à neutraliser tous ceux que vous soupçonner de vouloir vous arracher le fauteuil dont vous avez hérité, tout ce que vous avez dit ne sera rien d’autre que du bluff et l’histoire vous jugera sans pitié !!!

Donnez-vous donc la chance et l’espoir d’avoir une vie heureuse et paisible après le pouvoir, après le fauteuil présidentiel que vous rapiné après le décès de votre père qui a régné sur le Togo pendant quatre bonnes décennies sans partage.

 
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