Faure Gnassingbé parle avec les billets de banque. Les Nawda parlent avec l’émotion !

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photo illustration@togoactualite.com

Par Lynx Togo

« Quand tout le monde ment en permanence, le résultat n’est pas ce que vous croyez ces mensonges mais que plus personne ne croit plus rien. Un peuple qui ne peut plus rien croire ne peut se faire une opinion. Il est privé de la capacité d’agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et avec un tel peuple, vous pouvez faire ce que vous voulez » Hannah Arendt

Gargarisé par la mort violente du Lieutenant- Colonel Toussaint Bitala Madjoulba, le peuple Nawda semblait se réveiller de son sommeil, de sa léthargie légendaire. Des cris d’émotion aux marches du 7 mai 2020 chez le grand chef coutumier en passant chez un préfet falot et aux ordres, la jeunesse Nawda n’avait rien à prouver aux Togolais qui n’est pas un déjà vu. Ici, on parle au nom des « billets craquants ». Qui a le « cash » est le bienvenu dans le bourg. Courant 2010, Koffi Yamgnane veut aller tâter le terrain en pays Nawda. Son directeur de campagne, Djobo aujourd’hui décédé, lui parle de ce bourg avec cadres progressistes intelligents et du président Klébert Dadjo. Le convoi atterri devant un parterre de chefs coutumiers Nawda.

L’illustre Bassari de tous les temps fait un déroulé de sa venue. Chez lui en France, il a eu à gérer comme maire un bourg de la taille de Siou. Le peuple Nawda écoute attentivement leur visiteur. Pour sceller l’union, le bassari offre une bouteille de Whisky et un billet de 10.000 Franc CFA dans l’art africain du terme. L’acte est symbolique comme nos traditions l’exigent. D’ailleurs, le Front Populaire Ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo avait donné aux PDCI et à la famille du défunt patriarche Félix Houpheit Boigny une somme de 50.000 francs CFA comme participation financière aux obsèques. Les Baoulé n’ont toujours pas oublié l’acte et témoignent de leur reconnaissance au FPI. Chez nous, le long règne des Gnassingbé a enfanté des chefs coutumiers corrompus aux comportements abjects.

En pays nawda on les retrouve. Les billets craquants voilà leur marque déposée. Quand Kofi Yamgnane et sa suite quittent le bourg, les téléphones ont commencé par crépiter en direction de leurs fils hauts placés dans les sphères de l’administration. Quel est ce Monsieur venu de France qui vient nous offrir une bouteille de whisky et un billet de 10.000 Francs CFA ? On improvise une levée de moqueries. C’est celui-là vous voulez donner vos voix ?

Pauvre Yamgnane ! Il croyait aux valeurs. Il voulait partager son expérience française de la gestion saine de la cité. Il a buté sur un peuple gangrené par l’émotion, la paresse, l’argent facile On a envie de demander aux Nawda si une campagne pour le développement d’un bourg signifiait renflouer les panses de viande de porc et de tchouk aux populations ? La sortie d’un brulot au second jour d’une élection surréaliste de février 2020 de Charles Bawiena, fils digne et intègre de la préfecture n’aura pas titillé le peuple « Nawda » pour revenir aux valeurs de leurs grands-parents. Cadres et quidams de la préfecture ont plutôt choisi de le diaboliser. Charles serait devenu fou pour certains. Pour d’autres, il cocufiait les hommes et prenait leurs femmes. Et comment Charles Séda Bawiena ne pouvait-il pas fasciner la gente féminine devant quelques paresseux avec tout ce qu’il a fait pour redorer Niamtougou avec l’élevage et une ferme agricole ? D’ailleurs, cette jeunesse avec hommes, femmes et filles qui annonçaient siffler le « sifflet de guerre » est la même jeunesse qui aurait voté UNIR à 100%. C’est aussi cette jeunesse qui disait venger le colonel M’ba Koffi Batanta décédé lui aussi dans des conditions troubles et jamais élucidées. Il y’a un peuple qu’on devrait dépoussiérer des réflexes d’un autre âge et le mettre au travail, c’est bien le peuple Nawda.

Le corps de leur fils aimé Toussaint Bitala Madjoulba encore dans les chambres froides de la dictature et le peuple déjà fatigué de lutter pour la manifestation de la vérité. Il se rapporte que l’argent a encore coulé à flot pour décourager les ardeurs. D’ailleurs, c’est le même peuple qui égrenait un chapelet de souhaits entre autres, la restitution du corps de leur fils pour un enterrement digne et tutti quanti, qui a encore déclaré qu’il ne faisait pas une révolution.

Les Gnassingbé peuvent encore se frotter les mains. En attendant qu’on pende un matin un autre Nawda en plein centre du marché du bourg et ainsi de suite…..Vous avez dit peuple conscient et mûr ? L’exemple Nawda en est bien un témoignage vivant !

Camus Ali

Lynx.info

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