Fermeture de la microfinance Lumen :Que sont devenus les épargnants ?

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Photo : DR

Depuis janvier dernier, la microfinance Lumen a mis la clé sous le paillasson, sur décision du ministère de l’Economie et des Finances. Il est reproché au Système financier décentralisé (SFD) des malversations financières. Une mesure qui n’est pas sans faire des dégâts collatéraux.

Les choses sont allées très vite. Après le retrait de l’agrément de Lumen en décembre 2019, un liquidateur a été nommé. Le ministère de tutelle venait de signifier aux responsables de la structure la porte de non-retour. Les centaines de déposants se sont vus leurs sommes volatilisés. Pour beaucoup, ils ne rentreront jamais dans leurs droits. En effet, en début du mois de janvier, un mouvement spontané a eu lieu devant les agences de la microfinance Lumen à Lomé. Des jours durant, les épargnants ont fait le pied de grue réclamant leur argent. A l’agence Gbadago, les clients de Lumen manifestaient leurs courroux et menaçaient même les forces de l’ordre postées devant le siège.

Il y a en avait des femmes revendeuses qui étaient au bord des l armes et des hommes, les yeux injectés de sang qui étaient prêts à en découdre avec les corps habillés. Pendant ce temps où la tension était à son paroxysme devant les agences Lumen, les responsables menaient des discussions de couloir afin de convaincre le ministère de tutelle à travers Cas-Imec (la structure de contrôle des systèmes financiers décentralisés au Togo) de suspendre leur menace. La démarche selon une source, était de se donner du temps pour rembourser graduellement les déposants. Mais l’initiative s’est soldée par un échec par la nomination d’un liquidateur.

L’échec d’une conciliation Selon certains observateurs, Sani Yaya, ministre de l’Economie et des Finances aurait mieux fait de privilégier la voix de la conciliation. Il aurait dû, soutiennent-ils, penser au sort des épargnants qui ne devraient pas subir les conséquences de la mauvaise gestion des responsables de Lumen. « Des victimes qu’il ne fallait pas enfoncer davantage par une mesure quoique disciplinaire », avancent-ils. Bientôt six (06) mois, les déposants ne sont toujours pas rentrés dans leurs fonds. Ils en étaient là à se lamenter de leur sort, et font depuis quelque temps face à la pandémie du Covid-19 avec tout que cela entraîne comme mévente, famine, entre autres.

« Un mauvais arrangement vaut mieux qu’un bon procès », dit un adage. Cette citation invite à privilégier la conciliation dans certaines décisions. Il faut parfois anticiper sur les dégâts que pourrait causer une décision. C’est une voie de sagesse. Et c’est à ce niveau que beaucoup pèchent en s’accrochant à l’application des textes. Or entre les textes et la réalité, il existe des écarts que le législateur, le juriste ne prend pas en compte. Ils oublient parfois les charges émotionnelles et les frustrations qui, pourtant, font partie de la nature humaine. Toutefois, on ne saurait laisser libre cours à certaines malversations financières qui bloquent le développement. Au Togo, le secteur des systèmes financiers décentralisés est infesté de brebis galeuses. Avant la fermeture de Lumen, sept (07) microfinances se sont vus retirer leurs agréments. Cette m esure, dit une source de Cas-Imec, participe à une opération d’assainissement du milieu des SFD.

 Benoît EKLOU

Les Coulisses du Consommateur

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