Fin de course pour l’UFC: Mémorandum truffés d’incohérences et de contre-vérités

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Tout sur le business politique de l’opposant défroqué Gilchrist Olympio entre 1979 et 2010

 

Après avoir sabordé la lutte pour l’alternance au Togo, l’opposant frelaté Gilchrist Olympio a trouvé depuis quelques jours au détour d’un soi-disant mémorandum, l’occasion de raconter des âneries qui font dormir débout. Celui qui n’attend que la mort pour quitter définitivement la scène politique la queue entre les pattes, se dit décidé à faire des révélations sur ses anciens collaborateurs qui selon lui, ont retardé l’alternance au Togo.

 

En réalité, tout observateur avisé de la scène politique togolaise n’apprend rien de nouveau à travers ce mémorandum. Mais pour devoir de mémoire, il nous sied de revenir sur tout ce qui s’est passé de 1997 à 2010 entre l’UFC et le pouvoir et le jeu trouble de Gilchrist Olympio.

 

Monsieur Olympio avait envie de discuter avec le régime depuis fort longtemps. Après avoir sacrifié la vie des hommes qui ont cru en lui et qui se sont engagés pour l’épauler, cet homme inconscient qui prétend faire des complots pour renverser le régime, en parlait à qui veut l’entendre, y compris lors des orgies familiales. Ainsi, toutes les tentatives étaient éventrées même avant de prendre corps. De 1974 à 1979 : tous les officiers de Saint Cyr et de Saint Maixeau furent sacrifiés. Certains ne sachant même pas que Gilchris citait leurs noms comme ses partisans dans un coup : exemple de Merlaud Lawson, Francisco Lawson, Abalo de Souza, Baudeira Georges, Commandant Sanvee etc. de même que des civils comme Georges Beke, Guillaume Olympio, Toto Olympio, Kodjovi de Souza, Kossivi de Souza, Naté de Souza, etc. Il en est de même pour 1986 où tout le monde savait que quelque chose allait se passer. Ce qui ne l’a pas empêché d’envoyer des jeunes togolais et ghanéens venir se faire trucider. Un homme politique, de surcroit celui qui se veut homme d’Etat doit savoir tenir sa langue sinon, il n’est point crédible auprès de ses interlocuteurs y compris des chefs d’Etat qui veulent bien l’écouter. C’est depuis 1997 que Gilchrist Olympio est entré en négociations avec le régime. D’ailleurs à l’insu de ses plus proches collaborateurs. Tout était sur le point d’aboutir avec le Général Eyadèma quand une fuite a été organisée par des hommes du régime dont feu Dégbava qui ne font pas confiance à Gilchrist.

 

Au lieu d’assumer une telle situation, c’est sur le dos de ses cousins qui l’aidaient qu’il a tout mis comme si on le forçait et qu’il n’y avait pas son consentement. Cette rencontre avortée, Gilchrist Olympio gagne la présidentielle de 1998 mais absent pour défendre sa victoire. Ce sont ceux qu’ils insultent aujourd’hui qui organisent la résistance. Après, c’était l’Accord Cadre de Lomé. Stasi et autre Reich lui proposait de rencontrer Eyadèma. Il acquiesce. Mais Eyadèma lui répond qu’il est un citoyen comme les autres. Il n’a qu’à demander une audience et il sera reçu.

 

Par quel miracle du Saint Esprit, ses collaborateurs les plus proches, y compris Patrick Lawson, Jean-Pierre Fabre, Georges Lawson apprennent par les ondes que Gilchrist Olympio est allé à Sant’Egidio pour se faire établir un passeport togolais.

 

On a souvenance que quelques années auparavant, son passeport ghanéen qui ressemblait à du faux, a été confisqué par le régime. A la remise de son passeport, il y aurait Dussey Robert, Pitang Tchalla et certains ambassadeurs sans aucun de ses collaborateurs. C’était en 2003, date citée comme référence dans le fameux mémorandum. L’année 2005 fut celle des massacres, beaucoup de Togolais ont perdu la vie pour Gilchrist Olympio et pour la démocratie au Togo.

 

Pendant que ses collègues comme Edouard Edem Kodjo, Apollinaire Yawovi Agboyibo, Léopold Messan Gnininvi, Bob-Akitani, Jean-Pierre Fabre et Patrick Lawson se battaient, il a pris l’avion en catimini pour aller rencontrer Faure Gnassingbé avec l’entremetteur Olussegun Obasandjo pour négocier la prise du pouvoir ou à défaut le partage. Sans dire mot à tous ces collègues en lutte. Il a fallu que les responsables de l’UFC à l’époque mentent publiquement pour le protéger, arguant que c’est parce que les lignes sont coupées qu’il n’a pu les joindre. Jean-Pierre Fabre, excédé, sortira la fameuse formule : ce sont là les nègreries. Face au tollé que ce déplacement a soulevé, il va tenter de se raviser en disant : qu’il n’a jamais embrassé Faure et ne l’a jamais appelé Excellence. Personne n’y a cru. Cependant, incarnant malgré tout la lutte à l’époque, ses collaborateurs ont continué à le soutenir de même que le reste de la classe politique.

 

La crise s’est exacerbée. On comptait des milliers de morts. C’est en ce moment que M. Olympio a informé ses collaborateurs que par l’entremise de MM. Dussey et Bodjona, Sant’Egidio voudrait s’impliquer dans la crise togolaise.

 

Le voyage d’Abuja et le mépris par lui affiché vis-à-vis des autres leaders (Kodjo, Agboyibo, Gnininvi ) ne rendait pas un travail de groupe propice. Et comme Sant’Egidio considérait également que le problème togolais trouvera un début de réponse entre l’UFC et le RPT, les responsables de l’UFC ont accepté le principe de se rendre à Rome pour déblayer le terrain. La première fois, Jean-Pierre Fabre refuse l’aventure. Patrick Lawson, Eric Amerding et Georges Lawson sans oublier le chef de la délégation en la personne de Gilchrist Olympio étaient à cette rencontre. Après des échanges sous l’égide de sant’Egidio, une rencontre solo est organisée entre Gilchrist et Faure. Cet opposant défroqué dira plus tard à ses collaborateurs que Faure se démarque des actes posés par son père et n’aurait rien à voir avec l’assassinat du Président Sylvanus Olympio. Cette rencontre a été sanctionnée par des communiqués.

 

La deuxième fois, les mêmes personnes se sont retrouvées sans Faure, ni Gilchrist, mais avec la présence effective du Secrétaire Général de l’époque Jean-Pierre Fabre pour l’UFC. Les discussions ont duré de 14 heures à 4 heures du matin et se sont achevées sur une note d’échec. C’est ainsi qu’avait pris définitivement fin les rencontres de Sant’Egidio. A moins que Gilchrist soit retourné en catimini.

 

Après, des rencontres informelles aux domiciles parisien et ghanéen de M. Olympio en présence des pontes du régime avaient été organisées, discussions dont les Djahlin et consorts étaient éloignés parce que trop bavards.

 

L’idée du partage de pouvoir et la nomination d’un Premier ministre dans l’opposition commencèrent à faire son petit chemin. Souvent, toutes ces rencontres sont sanctionnées côté UFC par des communiqués, aussi succincts soient-ils. Il est surprenant qu’on puisse dire que ces rencontres n’étaient pas connues et d’utiliser au même moment l’encadré de « Jeune Afrique » comme preuve. Quel journaliste français ou togolais n’était au courant de tout ceci? C’est dans cette ambiance, peut être même grâce aux rencontres préliminaires avec le soutien de la communauté internationale, l’Accord Politique Global a pu naître. Accouchement difficile à Lomé, aidé au Burkina bancalement avec le Président Compaoré où certains problèmes ont été résolus, d’autres restés en suspens, et d’autres encore censés être réglés aussitôt après les législatives.

 

Il y avait alors la question de la formation d’un gouvernement d’union nationale (GUT) devant organiser les élections et si possible parachever les réformes. Il est vrai que toutes les formations politiques ont adhéré au principe du GUT. Mais ce n’était point une obligation. Ainsi donc, l’UFC se considérant comme le parti dominant et les conditions dans lesquelles le Premier ministre a été désigné, a décliné l’offre sans dénoncer le principe. Seuls les membres de l’UFC qui n’ont pas suivi les consignes de non participation au gouvernement ont été sanctionnés.

 

C’est dans ces conditions qu’ont été organisées les législatives de 2007 avec 27 députés élus sous l’étiquette de l’UFC. Le parti n’avait jamais manifesté le désir de rentrer dans quelque gouvernement que ce soit. En revanche, l’UFC avec ces 27 députés, a exigé la première vice-présidence de l’Assemblée Nationale de même que trois commissions. Après des négociations avec le RPT (comme cela, se passe sous tous les cieux après des législatives), l’UFC a pu avoir la première vice-présidence). Le chef de l’Etat aurait exigé de lui soumettre trois (3) noms afin qu’ils choisissent. De plus, il s’est interrogé de savoir qu’au cas où quelque chose lui arriverait de même qu’au président de l’Assemblée, c’est donc le 1er Vice-Président issu des rangs de l’UFC qui reprendrait les rênes du pouvoir ? In fine, l’UFC a eu trois (3) commissions permanentes. Elle n’est pas rentrée au bureau, au contraire, elle s’est présentée à tous les postes, sachant qu’elle sera battue.

 

L’UFC s’était contentée des 3 commissions permanentes et n’a jamais demandé à rentrer au gouvernement qu’il ne dirigera pas. La période de l’élection présidentielle de 2010 était proche et tout était fin prêt pour la candidature de Gilchrist Olympio. Il préférera à cela les orgies sadaparlesques et au lieu de le reconnaître, il en veut à ses collaborateurs de n’avoir pas organisé des manifestations de rue pour empêcher l’organisation de l’élection. Alors, où est le lien entre ce qui s’est passé depuis 2004 à 2010. Chaque séquence s’est soldée par un échec. Et ceux que Gilchrist Olympio accuse aujourd’hui ont quitté l’UFC parce qu’il a refusé de suivre la ligne du parti : refus de rentrer au gouvernement et de signer l’accord.

 

Gilchrist est le seul responsable de l’accord signé avec le RPT dans la maison de son père, assassiné par les sbires du même régime en 1963. Il doit l’assumer. Quant aux manuscrits qu’il publie, il donne une fois encore la preuve qu’il n’est pas un homme d’Etat et qu’aucun chef d’Etat, ni chef de parti politique ne doit plus lui faire confiance. Qui ne savait pas que le compte rendu journalier de l’UFC lui était fait par fax, puisqu’il dirigeait le parti depuis Accra, Paris ou Londres où il résidait. Au demeurant, il se meurt mal.

 

De toute évidence, Gilchrist Olympio est toujours dans sa logique de faire le jeu de pouvoir. Au lieu de faire face à la misère du peuple entretenue par le régime en place, l’opposant perdu préfère combattre ses anciens collaborateurs au profit du pouvoir.Fort heureusement, le peuple n’est pas dupe et reconnaît le vrai de l’ivraie.

 

Kokou Agbémébio

 

Le correcteur 497 du 20 février 2014

 

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