Fin des travaux de l’hôpital Saint Pérégrin en juillet 2020/ Christian Trimua entre chimère et mythomanie

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Soit il rêve, soit il ment. Dans une intervention sur la chaîne Africa 24, le ministre des Droits de l’Homme, Christian Trimua rassurait sur la fin des travaux de l’hôpital Saint Pérégrin en début juillet 2020. Sur le terrain, impossible de tenir dans le délai, vu l’avancée des travaux.

La maladie du coronavirus qui a touché le Togo a eu le mérite de confirmer l’inexistence d’un système de santé efficace dans le pays. Dès les premiers cas, les structures sanitaires ont été débordées, révélant un manque de préparation, mais aussi d’équipements, mêmes ceux de base. La raison de cette carence est que les 15 ans de gouvernance de Faure Gnassingbé, sans oublier la quarantaine de son père, n’ont pas permis au Togo de disposer d’une seule structure de santé répondant aux besoins de la population. L’hôpital de référence conforme aux normes internationales n’existe que dans le rêve des Togolais.

Le vendredi 15 février 2019, le chef de l’Etat a tenté de redonner espoir aux Togolais en posant la première pierre de l’hôpital Saint Pérégrin. Occasion de se faire une visibilité, plusieurs ministres ont fait le déplacement. La Directrice Générale de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), Ingrid Awadé, qui pilote financièrement ce projet était également présente. Sur le site internet de son institution, la fiche technique de l’hôpital Saint Pérégrin a été présentée. «Le projet innove surtout en alliant la qualité des soins à l’abord du coût… Il apporte également une solution durable aux carences du plateau technique national pour la prise en charge des victimes d’accidents du travail et des maladies professionnelles. Le projet est un pari ambitieux de par sa situation au cœur du Grand Lomé, avec un vaste plateau technique de consultations et d’interventions, un hôtel 4 étoiles de 64 chambres pour accueillir les patients en phase de récupération et un héliport. Dans l’hôpital de 11 000 m2, on pratiquera la médecine, la chirurgie, la maternité et les explorations fonctionnelles. L’Hôpital recevra, par ailleurs, 80 000 consultations par an et 10 000 hospitalisations de très courte durée. Il est associé à un hôtel de 7 000 m2 qui porte la capacité à près de 120 lits en phase 01 », lit-on. L’ouvrage va coûter 17 milliards de francs CFA et sera construit sur un domaine de 6 hectares.

Comme il est de coutume, des étrangers étaient présents pour donner un semblant de sérieux au projet et, pour mériter leur cachet, doivent user de flatterie à l’endroit du chef de l’Etat. « Saint Pérégrin, un hôpital de référence certes, mais qui innove dans ses références conceptuelle, médicale, architecturale et écologique, au point de laisser dire par le Chef de Service Radiologie et Imagerie médicale de l’Hôpital Américain de Paris, M. Jean-Luc Sarrasin, qui représentait son Directeur Général : “ Je crains même qu’un jour, les Européens ne copient cette référence togolaise” », écrivait le site de la CNSS.  Le chantier est censé être livré avant la tenue de l’élection présidentielle de 2020.

Enfin, c’est ce qui a été annoncé. Sauf que dans une récente sortie, l’un des courtisans de Faure Gnassingbé, sachant le délai intenable, disait que c’était une erreur de dire que les travaux seraient terminés en février 2020. « Quand il évoque l’hôpital Saint Pérégrin, c’est un discours stéréotypé. L’hôpital a été lancé formellement en février 2019. Les travaux ont commencé en mai pour douze mois, c’est-à-dire mai 2020. Les intempéries du mois de septembre ont fait un mois de retard. L’hôpital sera livré début juillet », baragouine Christian Trimua, invitant même son interlocuteur à venir à Lomé.

Le ministre en charge des Droits de l’Homme s’illustre encore mal. Comme à son habitude, il répond sèchement à une intervention en usant lui-même de mensonge. On comprend pourquoi son maître ne parle pas beaucoup, puisqu’à chaque sortie, il dit des choses qui le rattrapent après. En tout cas, pour ce qui est des travaux de l’hôpital Saint Pérégrin, rien ne garantit une fin en juillet 2020. Ils sont toujours à l’étape embryonnaire et peinent à avancer. D’ailleurs, il faudrait un miracle pour que dans 15 jours, ce chantier soit livré comme le promet Christian Trimua. Décembre 2020 aussi relèverait du miracle.

En fait, cette sortie du ministre n’est que la parfaite illustration du mode de gouvernance au Togo. Naviguer à vue et user de duplicité, même dans les situations où la vérité s’impose.

G.A. / Liberté Togo

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