samedi 27 février 2021

Financement public des partis : Gilbert Bawara se fiche de l’histoire

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A l’occasion de l’adoption de la loi portant financement public des partis politiques et des campagnes électorales à l’assemblée nationale mercredi, un député a posé au ministre de l’administration territoriale la question sur les recommandations sorties de la réunion paritaire Union Européenne-Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (UE-CEDEAO).

Ne pouvant feindre la question, le ministre qui aime jouer les durs a reconnu que le gouvernement était au courant de ces recommandations.

« Effectivement, a-t-il indiqué, nous avons appris qu’à l’occasion d’une réunion paritaire UE-CEDEAO, ces instances ont encouragé les Togolais à poursuivre dans la voie du dialogue ».

Mais à entendre continuer le ministre, l’on a l’impression que le gouvernement considère que cette recommandation n’est plus d’actualité. Pour preuve, c’est que dès l’instant où le chef de l’Etat a eu à rencontrer « les hauts responsables » de l’UE, et que celui-ci leur aurait expliqué tout ce qu’il ambitionne de faire, il n’est plus question de parler de dialogue.

Pour le ministre, « entre cette exhortation, ces encouragements et aujourd’hui le président de la République a eu l’opportunité d’effectuer une visite officielle à Bruxelles dans le cadre de la conférence des donateurs sur le Mali. Et à cette occasion, il a rencontré tous les hauts responsables de l’UE, que ce soit monsieur Barroso, que ce soit Van Ronpoy ou tous ceux qui sont préposés sur le dossier togolais et ils ont compris qu’il était déterminé et désireux de poursuivre avec la politique de dialogue et d’ouverture ».

Que peut-on dire d’une telle argumentation si ce n’est qu’elle est tout simplement misérable. De la bouche de celui dont ces propos sortent, on n’aura pas de raison de justifier.

De plus, rien qu’à laisser « celui qui a la réponse à tous » continuer de faire sa gymnastique intellectuelle, tout semble démontrer que soit c’est le ministre qui se fiche des Togolais parce qu’étant sûr que son parti s’éternisera au pouvoir ou c’est le gouvernement tout entier qui a décidé d’enfoncer le clou, qu’advienne que pourra.

A la suite de son raisonnement, le ministre précise que « le texte sur lequel vous délibérez (les députés, ndlr), même s’il n’y a pas eu un dialogue formel, il est le fruit d’une volonté d’écoute et d’ouverture ».

Pour appuyer ses propos, il cite les échanges informels, sous l’égide de monseigneur Barrigah et la facilitation des partenaires au développement.

« Face à certaines préoccupations exprimées par diverses tendances politiques lors de ces échanges, dit-il, le gouvernement s’est engagé à étudier et soumettre aux délibérations de l’assemblée nationale, une loi sur le financement, non seulement des partis politiques mais également des campagnes électorales. Parce que c’est une mesure qui renforce la transparence et l’équité des processus électoraux ».

Eh oui, l’adoption d’une telle loi est une recommandation issue d’un dialogue que les partis au gouvernement ont eu à faire, cela se comprend.

Et pourtant, ce même ministre revient dire que le dialogue n’est pas un choix, ni une option, c’est une exigence républicaine » pour le gouvernement.

Mais, de quel dialogue parle ce monsieur ? Il va même jusqu’à dire que « c’est la seule manière en démocratie de régler les problèmes », cependant le gouvernement refuse désormais tout contact formel avec son opposition.

Les seuls moments où cela arrive, c’est lors des rafles policières dans les manifestations de rue, la seule issue qui reste à une opposition opprimée et bâillonnée, soit par une inculpation qui plane sur la tête des leaders, soit par l’arrestation systématique de ceux qui cherchent à parler.

source : togoinfos.com

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