France, USA, Gabon, Maroc… Les membres des CEAI dénoncent le retard excessif des indemnités

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Les membres des Commissions électorales d’ambassade indépendantes (CEAI) réclament leurs indemnités. Depuis février, ils attendent que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) honore ses engagements, en vain.  

La page de l’élection présidentielle du 22 février 2020 n’est pas encore tournée. Non, il ne s’agit pas de l’investiture à huis clos que va organiser Faure Gnassingbé ni de la contestation des résultats officiels par l’ensemble des candidats ayant pris part à cette supercherie électorale, encore moins du blocage du financement public de la campagne électorale. Depuis le mois de février, les compatriotes ayant participé à l’organisation du processus électoral dans les Commissions électorales d’ambassade indépendantes (CEAI) scrutent le ciel pour voir tomber leurs indemnités.

En effet, pour l’élection présidentielle du 22 février 2020, le Togo a inclus dans le processus les compatriotes vivant à l’étranger. Nous passons sous silence l’exclusion de la quasi-totalité des Togolais expatriés du processus par le régime des Gnassingbé. Au finish, pour les 3 millions de Togolais de la diaspora, moins de 400 ont été enregistrés. Malgré la contestation et autres appels à une meilleure organisation, l’élection a bel et bien eu lieu.

Seulement, les membres des CEAI ayant conduit les opérations sont restés sans rémunérations alors que dans les Commissions électorales locales indépendantes (CELI), les indemnités de la campagne et celles du mois de mars ont été déjà versées. Selon nos informations, la situation est pareille dans les nombreuses ambassades où s’est déroulé le scrutin. France, Etats-Unis, Maroc, Gabon, Ghana, Nigeria, République démocratique du Congo, etc. tous les pays ayant abrité les CEAI sont concernés. « Nous estimons que c’est un retard excessif dans le paiement des indemnités des membres des CEAI vu que ceux qui ont travaillé comme membres des CELI ont été payés depuis le 30 mars. Ils ont déjà eu leurs indemnités pour le compte des campagnes et celles couvrant le mois de mars », explique une source.

Peut-être que dans d’autres circonstances, ce retard de paiement serait tu. Malheureusement, le monde est tenaillé depuis plusieurs mois par la pandémie du coronavirus. Dans de nombreux pays, surtout ceux de l’Occident, l’ampleur du désastre a poussé les autorités à décréter le confinement des populations. Dans cette situation, difficile pour les compatriotes de la diaspora de disposer de ressources quand on sait que leur pays d’origine ne fait aucun geste à leur endroit. « En ces périodes  de confinement, ces indemnités vont permettre aux intéressés de bien survivre, vu que les mesures d’accompagnement dans les pays comme la France, le Maroc, le Gabon, les USA et autres ne leur profitent pas. Il serait salutaire que la CENI envoie tout le reste des indemnités mensuelles ainsi que les indemnités des campagnes à nos compatriotes de la diaspora afin de leur permettre de mieux vivre leur confinement », plaide une autre source.

« S’agit-il d’une négligence de la CENI ou d’un refus de paiement ? », s’interrogent les membres des CEAI. Et pour cause, de nombreuses tractations ont été menées pour que des solutions soient apportées, mais la CENI peine toujours à mettre les fonds à disposition des membres de la CEAI dont les indemnités varient de 750.000 à 450.000 FCFA, en fonction du poste, mais aussi du pays où se trouve l’ambassade.

Cette affaire rappelle les difficultés auxquelles ont été confrontés les techniciens en charge de la logistique à la suite des législatives de juin 2018. Le même problème lié au blocage des indemnités s’est posé. Il a fallu un tapage médiatique pour que les indemnités soient versées. A l’époque, les techniciens avaient fini par se lasser des tractations infructueuses. Les retards de paiement deviennent peu à peu la norme à la CENI.

Et pourtant, toutes ces difficultés financières auraient pu être réglées par l’apport extérieur. Depuis plusieurs années, le régime autoritaire a décidé d’organiser les élections sur financement propre. Ce n’est pas mauvais en soi. Mais quand on sait que c’est pour avoir les coudées franches pour opérer le hold-up électoral que l’aide extérieure est rejetée, les retards de paiement entretiennent la polémique.

Nous avons contacté le président de la CENI, Tchambakou Ayassor pour les nécessités de recoupements. Il a estimé qu’il y a une organisation formelle de fonctionnement, que les CEAI sont présidées par les ambassadeurs et que les membres doivent suivre les procédures. Il a par ailleurs ajouté que le traitement des CEAI est enclenché et que processus est en cours.

G.A.

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