Gilbert Bawara avait raison de traiter Fo Gil d’Amnésique

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C’est au détour des réseaux sociaux puis à travers les colonnes des journaux proches du pouvoir que l’on a appris les termes du fameux mémorandum que Fo Gil a cru devoir sortir la semaine dernière pour « mettre à nu le faux-fuyant » de ses anciens lieutenants.

 

Du coup une polémique monstre est savamment entretenue sur cette affaire qui au final n’en est pas une.

 

A la lecture du texte, l’on retient que Gilchrist Olympio dit que l’accord UFC/RPT de 2010 n’était que l’aboutissement d’une longue série de négociations entre le pouvoir et l’UFC et qu’à chaque étape de ces négociations, les lieutenants qui se sont finalement dissociés de lui, avaient activement pris part et que d’ailleurs des avantages évidents leur avaient été promis à certaines étapes de ces négociations etc.

 

Le vieux septuagénaire se bombe ainsi le torse d’avoir fait « le déballage » qui donne « une parfaite image de cette bande de filous, de menteurs fieffés, d’escrocs, de démagogues, de populistes fainéants, qui surfent sur la très réelle volonté et détermination du souverain peuple togolais pour une alternance politique dans notre pays pour se faire de l’argent, pour s’enrichir simplement sur le dos de ce peuple ».

 

C’est vraiment fantastique la manière puérile dont les débats politiques sont menés au Togo. C’est à croire que nos acteurs politiques souffrent d’un ralentissement naturel de leurs cerveaux qui les pousse à agir sans murir sincèrement la réflexion ni mesurer les conséquences des actes qu’ils posent aux yeux du peuple et des avertis.

 

A l’analyse des termes de ce mémorandum, l’on se rend compte que Fo Gil cherchait à tout prix à prouver au peuple togolais qu’il n’a pas pris l’initiative de l’accord de 2010 tout seul et que ceux-là qu’une bonne frange de la population togolaise est en train de suivre aujourd’hui à son détriment, sont en réalité des faux et des hypocrites.

 

Mais le vieux sénile a littéralement raté le coach et ce n’est même pas difficile de le démontrer.

 

Il suffit juste de poser cette question simple à Fo Gil : Pourquoi les négociations antérieures n’avaient-elles pas abouti à la matérialisation effective des larges promesses qui étaient faites à l’UFC et à ses lieutenants dans un accord parfait qui aurait dû boutir à un partage du pouvoir déjà en 2006 par exemple ?

 

Sans doute que le fils du père de l’indépendance va longuement balbutier sur une telle question, mais il finira par reconnaître au moins que le pouvoir a fait preuve de mauvaise foi à un moment donné. Voilà qui dit tout.

 

Connaissant donc la mauvaise foi du pouvoir, les anciens lieutenants de Fo Gil ont décidé, déjà en 2006, de se montrer vigilants pour ne pas tomber dans le piège de ce pouvoir qui compromettrait les intérêts bien compris du peuple…

 

C’est alors qu’ils ont refusé le principe de prendre part au gouvernement d’ouverture ou d’union sans avoir eu au préalable, les garanties d’une marge conséquente de manœuvre qui leur permettrait d’agir efficacement pour le compte du peuple. C’est une évidence.

 

Alors poursuivons la réflexion et posons à Fo Gil les questions suivantes :

 

Comment peut-il expliquer au peuple togolais qu’en 2010, il a pu signer de façon solitaire un accord avec le RPT dont les acquis pour l’opposition sont largement en deçà de ce qui était supposé être accordé à l’UFC, comme la primature par exemple après l’accord de Ouaga 2006 ?

 

Quelles garanties particulières a-t-il eu en 2010 sur la bonne foi du régime mais surtout aussi sur l’effectivité du partage du pouvoir pour qu’il soit enfin amené à engager la responsabilité de l’UFC dans un tel accord qui ne lui concédait finalement que 7 strapontins de ministères ?

 

Tout le monde convient, à l’analyse des faits que Fo Gil n’avait obtenu aucune garantie que le partage du pouvoir serait effectif avant d’apposer sa signature sur les documents de l’accord en 2010.

 

La preuve reste que jusqu’à présent, à part les 7 ministres dans l’ancien gouvernement, puis les 4 dans le nouveau ainsi que deux ou trois préfets, l’UFC n’a rien d’autre dans l’exercice actuel du pouvoir.

 

En revanche, on peut facilement imaginer ou même se rendre compte que Fo Gil avait reçu d’autres garanties qui, elles, n’avaient rien à voir avec les intérêts du peuple.

 

Il s’agit évidemment des garanties personnelles, pour être plus précis, des garanties financières. Oui, Fo Gil en signant l’accord de 2010 n’était pas mu par un objectif de rendre service au peuple mais de se servir, ou du moins de servir ses propres poches.

 

Des gens d’un restaurant au 16ème à Paris peuvent aisément l’attester, tout comme les responsables d’une grosse société française fortement implantée au port de Lomé dont la patron a eu à jouer un rôle financier déterminant dans la signature de cet accord.

 

Nous sommes bien au 21ème siècle et tout se sait cher papa !!!

 

Mais là où le débat devient encore plus intéressant, c’est que Fo Gil a présenté les faits comme si le reproche que l’on lui fait était simplement le fait d’accepter le partage du pouvoir avec Faure Gnassingbé. Mais non !

 

C’est justement là où l’homme semble faire preuve d’une amnésie saisissante.

 

Le principe du partage du pouvoir était une réalité au Togo depuis 1992.

 

Faut-il peut-être rappeler à Fo Gil que la conférence nationale souveraine était assortie d’une feuille de route qui consacrait justement le partage du pouvoir entre l’opposition et le RPT ? Cela n’a fait mal à personne au Togo à l’époque. Pourquoi ?

 

Justement parce que les garde-fous étaient clairs, le Premier Ministre d’alors avait une réelle marge de manœuvre et une emprise effective sur l’appareil de l’Etat.

 

Mais quand le feu général a repris la main au détour d’un coup de force qui a déchargé Joseph Kokou Koffigoh de ses prérogatives en tant que PM, l’opposition a quitté les rangs, c’était tout à fait simple.

 

Et ce schéma est resté comme tel jusqu’en 2010 où de façon hasardeuse, lui Gilchrist Olympio a cru pouvoir engager tout seul, l’UFC dans un partage mesquin du pouvoir.

 

Inutile de vouloir continuer à faire de la diversion. Gilchrist Olympio doit simplement reconnaître qu’il a fondamentalement trahi la lutte politique au Togo.

 

L’on peut bien comprendre qu’à son âge et ayant littéralement perdu l’essentiel de ses affaires, qu’il soit financièrement alité et par conséquent qu’il soit habité par un instinct de survie qui le pousse à la compromission.

 

Mais de grâce, qu’il ne tente pas de distraire le peuple avec ses prétendus déballages qui au finish ne font que l’enfoncer davantage.

 

L’intérêt particulier que les médias proches du pouvoir ont accordé à ce fameux mémorandum en dit long sur leur avidité à soutenir un vieux en perte de repères pour ensuite en tirer tout le profit politique pour le compte du pouvoir en place.

 

Malheureusement, l’argumentaire de « FAUX Gil » a trop de plombs dans l’aile pour assouvir une telle attente. Il faudra, pour les prochains déballages, que le Vieux s’adonne à un exercice plus soutenu de réflexion avant de les sortir à la place publique.

 

Autrement, il n’échappera pas de payer le prix du ridicule et de la gaminerie dont il est devenu désormais spécialiste.

 

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