Grand contournement : combien de morts encore avant un réveil ?

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photo@RT

« Une vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie »(André Malraud)

Un ouvrage doit être perfectible. Surtout lorsque sa réalisation est source de problèmes. Il est vrai que depuis l’ouverture du grand contournement, nombreux sont les véhicules et engins de tous les gabarits qui l’empruntent. Mais doit-on demeurer autiste devant l’hécatombe causée par ladite voie ?

Carrefour de la mort, vous connaissez ? Il est situé sur ce contournement, et celui qui le suit n’est pas le moins célèbre en matière d’accidents ! Oui, il existe un carrefour dit de la mort au Togo.

Nous sommes tentés de prendre langue avec une vingtaine de riverains qui longent ce contournement, avec pour objectif de recenser sur seulement trente jours le nombre de vies fauchées, du fait des excès de vitesse. Mais il est toujours possible que les services des sapeurs-pompiers confirment ou infirment ces constats. Car, des accidents, on en recense tous les jours sur le grand contournement. C’est à se demander si c’est pour ça qu’il a été construit.

Cette voie comporte des imperfections criardes : difficultés pour les riverains de traverser, étant donné que de part et d’autre de la voie, il existe des habitations ; terre-plein central trop bas, occasionnant des « enjambements » de camions et autres véhicules ; absence de déversoir de part et d’autre ; bref, des lacunes qui nécessitent des dispositions vitales si tant est que la vie des riverains et usagers importe aux autorités en charge des transports.

Copier sur l’autre est la méthode employée par les Japonais pour se développer. Au Benin, au Ghana, en Côte d’Ivoire, au Nigeria, auBurkina Faso, il existe non pas des contournements, mais des échangeurs. Mais rien que sur les voies très fréquentées, les gouvernants de ces pays ont fait inclure dans les cahiers de charges des passages pour piétons qui passent au-dessus des voies. Pour celles qui n’en disposent pas ou aux endroits critiques, on trouve des dos d’âne qui obligent les usagers à ralentir, surtout en agglomération.

Des accidents se produisent parce que le terre-plein central ne décourage pas les usagers ; leurs véhicules l’enjambent facilement pour se retrouver sur la voie interdite, causant des pertes en vies humaines. Et pourtant, il y a d’autres formes de terre-pleinsplusélevés mais on n’entend presque jamais d’accident causé par un véhicule ayant passé par-dessus le terre-plein. L’une des conséquences est la disparition progressive des lampadaires implantés au milieu de la chaussée. Parce qu’arrachés par des camions. Pour combien de temps encore cette hécatombe se poursuivra-t-elle?

On ne traverse pas une autoroute à pied. Mais le contournement de Lomé n’est pas une autoroute ; juste une voie en agglomération. Aussi doit-on penser très sérieusement aux moyens d’endiguer le nombre de morts causées par la grande faucheuse. Il y va de la sacralité de la vie humaine.

Godson KETOMAGNAN / Liberté Togo

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