Hama Amadou, un autre cas d’acharnement politico-judiciaire


Hama_Amadou


« Les hommes ont moins d’amour et de respect pour la justice que d’acharnement au gain » (Ésope)
 
Le président de l’Assemblée nationale du Niger Hama Amadou, aujourd’hui principal opposant du pouvoir, après avoir été son allié, a fini par fuir son pays la semaine dernière alors qu’il était sous le coup d’une procédure judiciaire dans une affaire de trafic de bébés. Manifestement, l’ancien président de l’Assemblée n’avait plus d’autre choix, une fois que l’une de ses épouses a été écrouée avec une douzaine d’autres personnes dans ce dossier et surtout au lendemain de la levée de son immunité parlementaire. D’autant d’ailleurs qu’il confirme lui-même à plusieurs médias avoir quitté son pays pour sauver sa vie. « Ils m’auraient emprisonné et ils m’auraient tué », affirme-t-il en l’occurrence.
 
Et si l’on scrute de fond en comble cette « affaire de trafic de bébé », la stratégie du pouvoir nigérien fait immanquablement penser à celle de bien de ses pairs, chefs d’Etat africains aveuglés et corrompus par l’exercice du pouvoir : Faure Gnassingbé, Yayi Boni, par exemple. Ces deux ayant déjà brillé tristement dans de rocambolesques affaires cousues de fil blanc, à savoir les affaires Kpatcha Gnassingbé et d’escroquerie internationale au Togo et le dossier de tentative d’empoisonnement dit affaire Patrice Talon au Bénin.
 
En effet, dans ces deux cas d’espèce, la rhétorique de la justice, qui n’est en vérité que celle des deux dirigeants susmentionnés, consistait à les poser en victime d’un fait supposé. Et chemin faisant, avec des thèses de défense jusque-là inédites dans le monde judiciaire et malgré bien d’autres difficultés à se justifier, la justice soigneusement mise à contribution, en est arrivée à des décisions insupportables avec à la clé des condamnations de boucs émissaires que l’on a sacrifié sur l’autel du désir politique des jeunes dictatures. La surprenante rétraction du pouvoir béninois, dans le cas Talon, avec une curieuse grâce présidentielle à la veille d’un voyage de Yayi Boni en France, en dit long sur ces types de montages politico-judiciaires.
 
Le cas de Hama Amadou devait intimider tous les hommes politiques épris de liberté, la vraie, qui oseraient s’intéresser sérieusement à leur propre voie politique suite à un désaccord avec leur ancien camp. La décision de l’ancien président de l’Assemblée nationale du Niger, de ne plus poursuivre le même combat que le président Mahamadou Issoufou a attisé l’acharnement à son encontre. Et à bien analyser l’histoire, tout contribue à montrer la farce politico-judiciaire destinée à en découdre avec un adversaire politique. Sinon comment comprendre qu’on mette aux arrêts depuis deux mois l’épouse de Hama Amadou, soupçonnée d’avoir « acheté » ses deux enfants ? Et qu’on accuse l’époux d’être complice de son épouse pour une supposition d’enfant ? Si l’on suppose que la femme a simulé une grossesse, il est impensable que l’homme soit complice de cela. Si c’est vrai, c’est que l’homme n’était pas au courant. C’est aussi simple. Pourtant, tous les propos vont dans le même sens en soutenant que son garçon et lui se ressemblent comme deux gouttes d’eau. Quant à la fille, elle ressemble à sa mère. Toute chose qui tend à faire croire qu’il s’agit d’un jeu politique pour justifier l’arrestation d’un homme dérangeant.
 
Tout comme Kpatcha Gnassingbé, Pascal Bodjona…au Togo, Patrice Talon au Bénin, le cas Hama Amadou doit appeler à une certaine solidarité pour que cessent les acharnements politico-judiciaires de cette nature.
 
Ivan Xavier Pereira
 
Liberté Togo
 

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