Le HCRRUN ou le HCCRIME, un appareil de duperie politique et d’escroquerie intellectuelle

Les dangers de la déraison, des mythes vils et des avortons politiques au Togo
 
Le HCRRUN ou le HCCRIME, un appareil de duperie politique et d’escroquerie intellectuelle

 
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Le langage peut se servir de nous quand nous pensons nous servir de lui » disait Emmanuel BERL dans la Fin de la III e République. Il nous convie à la clarté, à la droiture, à l’expression distincte de l’esprit et sans équivoque pour édifier notre démarche, notre crédibilité, la qualité de notre personnalité, notre âme. Si nous voulons qu’on nous prenne au sérieux avec toutes les considérations de notre rang, l’adresse de notre jugement doit être constamment prouvée pour nous situer dans les limites des valeurs, de la question morale, de l’éthique et de la justice. La dignité d’homme se défend par nos choix bornés de sens, de rectitude, de loyauté à l’humain. Dans nos relations avec le monde, compte énormément l’étoffe que nous dégageons de notre statut et des responsabilités qui sont les nôtres. Notre mérite, notre envergure, notre talent nous confèrent le droit à la confiance, à la persuasion.*
 
Notre discours est le premier levier de notre intériorité et nos actes font étalage de nos capacités. Quand ils sont défaillants, insensés, inadéquats, détraqués, ils jettent au visage de l’humanité nos vraies ordures. Le fonctionnement de la raison qui renverse l’armature logique du jugement, les bases éthiques des accords que nous prenons, allume des guirlandes d’effraction du sens avec des confettis de fausseté qui témoignent de l’esprit retors de nos avaries morales et intellectuelles.
 
Depuis plus de dix ans, l’outrage à un accord républicain qu’est l’Accord Politique Global s’enfle pour protéger un règne qui est englué dans des subterfuges et diversions avec une intention proprement avouée de reléguer à l’usure du temps un consensus national pris après une succession dynastique tout à fait meurtrière qui a enseveli un millier de citoyens togolais. Les dérives oratoires et les jets de pirouettes du fils d’Eyadéma, au sommet de la CEDEAO à Accra et récemment encore sur la Deutsche Welle illustrent l’esprit fétide d’appréhension du nouveau contrat social qu’inspirent les réformes institutionnelles et constitutionnelles. Il ne sait pas respecter la Volonté générale qui oriente la destinée des peuples. L’APG est signé en 2006 ; c’est en 2012 que l’héritier du trône désigna les membres de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation. Il approuva les résultats des travaux traduits en Recommandations. Quatre longues années après à la suite de tumultueuses réclamations des Recommandations de la CVJR qui proposent deux axes de réhabilitation de la cité, c’est-à-dire un binôme d’évolution vers la réconciliation : le retour de la Constitution de 1992 et le débat à long terme sur nos institutions verrouillées ou postiches encore inexistantes.
 
L’APG a pourtant le mérite de conférer quelque légitimité au règne du rejeton d’Eyadéma et de faire vivre d’espérance un peuple massacré dans un crime sans précédent historique pour une succession dynastique qui doit être corrigée par les termes des réformes immédiates et à moyen terme. C’est pour cela que la CVJR propose d’abord le retour de la Constitution qui porte le cachet référendaire à proportion de 97% de la puissance civile.
 
Comme dans un décollement subit de la rétine, l’approbation emphatique des Recommandations de la CVJR par Faure lui-même, parce qu’elles nous servent à « nous éloigner des vieux démons », se réduit à un tour de lecture proprement sectaire avec une vacuité argumentaire d’invitation des universitaires, des intellectuels et de la société civile pour penser les réformes institutionnelles et constitutionnelles. L’oubli volontaire et capital du retour de la Constitution de 1992 est le jeu de diversion sur un volet essentiel des Recommandations.
 
Le HCRRUN n’apparaît-il pas comme un appareil de duperie politique et d’escroquerie intellectuelle à faire tourner en bourrique le peuple togolais pour phagocyter une disposition principale des Recommandations qui n’est autre que le retour de la Constitution de 1992comme préalable à l’évolution démocratique au Togo vers des institutions déverrouillées ?
 
Le HCCRUN n’est-il pas en train de tenir la manette pour enterrer la Constitution de 1992 et nous convoquer à un référendum sur une nouvelle Constitution qu’écriront « les intellectuels universitaires » de Faure astucieusement placés sous le parapluie d’une Comédie populaire des assises de HCRRUN ?
 
Les Togolais ont-ils un complexe d’intellectuel, d’universitaire pour se laisser abreuver à la ciguë des idées noires de la « sale race » d’intellectuels ?
 
Les raisons de désespérer du HCRRUN
 
Le Haut Conseil pour la Réconciliation et le Renforcement de l’Unité nationale est une trouvaille du régime RPT/UNIR pour asseoir un pouvoir autoritaire et refuser toute idée de mue vers la démocratie véritable et se moquer de l’Accord Politique Global. Il utilise à nouveau Awa Nana DABOYA, magistrate bien connue des Togolais pour son goût de la trahison sous le fallacieux argumentaire du droit jamais empreint d’équité. L’art judiciaire évolue sur deux axes essentiels : Justice et équité. Le juridisme n’a jamais servi à la perspicacité du juge et à une bonne lecture de la loi.
 
Ce sont les hommes qui doivent mériter leurs portraits quand ils sont admirables. Il ne suffit pas de se proclamer juge pour dégager de ce statut une moralité et une responsabilité. L’histoire d’Awa Nana DABOYA intrigue tous les togolais qui ont une conscience citoyenne. Elle est dans une troisième exploitation de protection de ce régime après le coup d’Etat électoral de 1998, et les arrêts équivoques et contradictoires qu’elle a chapeautés à la Cour de la CEDEAO au bénéfice de la dynastie GNASSINGBE. Elle n’a aucune envergure comparable à l’étendue morale, intellectuelle de Mgr BARRIGAH-BENISSAN qui a mené avec grande âme la Commission Vérité Justice et Réconciliation dont les éclats de droiture et de vérité sont aujourd’hui noyés dans une bâtardise conceptuelle de HCRRUN de démolition astucieuse de l’APG ainsi que l’exigence du retour de la Constitution qui porte une approbation référendaire.
 
Le doute sur le HCRRUN est effervescent pour plusieurs raisons et n’a rien d’égal avec la réaction de scepticisme de beaucoup de Togolais lors de la désignation des membres de la CVJR. La connivence avérée d’Awa Nana DABOYA avec ce régime s’étend sur des années. Elle est aussi, semble-t-il médiatrice de la République. Quand des membres de l’Opposition ont été renvoyés de la CENI par les cadres RPT/UNIR, ils lui ont envoyé un courrier. Quelle réponse a-t-elle produite pour corriger l’arbitraire flagrant de cet acte ignoble, d’iniquité et de démesure ? Pourtant elle endosse fièrement le titre de médiatrice de la République ! Comment peut-elle se réclamer à tout bout de champ juge et ignorer le serment de l’engagement du pouvoir à respecter le contrat républicain qu’est l’APG, à s’y soumettre sans brûler les étapes de prescription pour rebâtir la Nation dont le retour à la Constitution de 92 constitue le socle d’un vrai départ ? Comment peut-elle se départir avec fracas de cette urgence si soulignée par les Recommandations de la CVJR en espérant mener intelligemment et avec succès la tâche de restauration de la concorde civile et le vivre-ensemble ?
 
L’irrationalité et la déraison de la Médiatrice de la République transforment le HCRRUN en HCRIME (Haut Conseil du Crime et de la Récidive pour l’Impunité et le Mensonge éternel). Les fautes conceptuelles, morales et éthiques donnent toujours la main au crime en République et l’encourage. Le diable est déjà dans la Maison des Recommandations claires et distinctes de la CVJR.
 
La tâche du bureau d’Awa Nana DABOYA, c’est d’organiser la réparation et l’indemnisation des victimes de la violence politique au Togo. Depuis qu’elle est à la tête de cette agence, elle n’a rien initié à ce sujet. Soudainement, cette agence qui tourne à vide trouve l’inspiration déviante à se convertir en une imposture de convenance et de collusion pour passer outre la gradation des réformes institutionnelles, constitutionnelles telle que la CVJR l’a inscrite dans ses Recommandations aux fins de répondre au contenu entier de l’APG. Il faut les respecter dans l’ordre d’évolution par nécessité de retour de la Constitution de 92 qui constitue les premières marches avant d’arriver au sommet qui trace les sillons d’une République de demain par l’impératif de la réflexion et de la concertation. Awa Nana DABOYA a brûlé les étapes de la réconciliation en abusant des Togolais pour exposer le pays à la déconfiture dont certains politiques comme ceux du CAP 2015 refusent en toute responsabilité assumée une quelconque complicité.
 
Le misérabilisme éthique, moral et conceptuel du HCCRUN ou plutôt du HCCRIME procède par effraction du sens de la CVJR pour embarquer des accompagnateurs crédules dans une aventure ambiguë de démolition de l’APG et les propositions sur les réformes. Les conclusions de l’atelier du HCRRUN n’ont aucune valeur contraignante pour le pouvoir RPT/UNIR et ne s’imposent nullement avec fermeté à l’héritier principal d’Eyadéma aux intentions manifestes de se débarrasser de la transcendance de l’APG et de s’affirmer comme le porteur testamentaire du père qui leur fit savoir avant de mourir que le pouvoir, sous aucun prétexte, ne doit leur échapper. Les assises du HCRRUN ou du HCCRIME ne sont pas de l’ordre d’une constituante, elles ne sont que des suggestions sur lesquelles une brigade d’ « intellectuels? d’universitaires et de la société civile » de Faure GNASSINGBE aurait la latitude de sérier ce qui fâche le patron et compromet son règne. La grande comédie médiatique du HCCRIME est de donner un semblant de légitimité à un requiem de l’APG, parce que Faure GNASSINGBE compte sur les faux-monnayeurs du savoir au Togo pour y adjoindre l’éternel souffleur qui est derrière le rideau, Charles DEBBASCH, et se passer de la pesanteur de l’APG et réécrire la Constitution togolaise. L’itinéraire du rejeton d’Eyadéma, sa fébrilité maladive sur le protocole additionnel de la CEDEAO pour la limitation de mandat à Accra, son interview récente à Deutsche Welle attestent ce que disait Blaise PASCAL dans ses Pensées : « Ce que peut la vertu d’un homme ne se doit pas mesurer par ses efforts, mais par son ordinaire »
 
2) « Le complexe d’intellectuel » de Faure
 
Il consiste à croire qu’il y a une race d’universitaires qui détient l’absolu et sont des maîtres de la connaissance. Dès qu’ils prennent un acte en sa faveur, cet acte a une puissance divine. Ainsi, il appartient à tous les autres de se joindre à eux avec genoux-flexion. Cette tranche d’intellectuels dont regorge le Togo comme le petit prince de Pya se plaît à l’encenser sur la Deutsche Welle est son bouclier de protection qui, sur les réformes, fera taire les Togolais. Nous Togolais, devons affirmer haut et fort que nous n’avons rien à foutre avec tous ceux qui ont l’esprit détraqué sur les questions de justice, d’éthique, de moralité etdu bon sens. Nous l’avons démontré à maintes reprises pour nous ranger derrière les fils dignes du Togo comme François BOKO Kofi KOUNTE, derrière tous les esprits adroits épris d’humanité comme Alfa Omar KONARE…
 
Il y a une ingratitude servie par Faure et son HCRRUN piloté par Awa Nana DABOYA qui ne confère aucune valeur d’intellectuel, d’universitaire et de cachet propre à la société civile qu’ils ont rassemblés à la salle FAZAO de Radisson Blu pour faire et débattre des propositions sur les réformes qu’impose l’APG et que réclament depuis dix ans tous les Togolais majoritaires à se soumettre à un contrat républicain de restauration de notre cité perdue. Si le chef de l’Etat avait un cran de sérieux sur ce tapage de bouffonnerie spectaculaire qu’est le HCRRUN, il aurait demandé à une commission résultante de ce rassemblement du FAZAO de rédiger à la fin de l’atelier un projet de loi sur les réformes qui soit en conformité avec l’esprit des communications, du débat et du compromis que le gouvernement peut endosser en l’état, sans rature ni une virgule de moins et le soumettre à l’Assemblée nationale où sa majorité postiche doit l’aiguillonner pour adoption.
 
Toute la grande farce se renouvelle depuis dix ans sur la question des réformes avec une volonté claire et une supercherie effervescente de détourner les conclusions des assises de FAZAO pour les saucissonner, les rafistoler dans le grotesque de défense du trône pour lequel il dispose d’une horde de chiens de garde toujours prête à toutes abominations, à toutes les pourritures insoutenables pour repousser et briser la dynamique d’une évolution et faire avorter la volonté incisive du peuple qui a fécondé l’esprit de FAZAO pour une espérance nouvelle pour notre patrie, son avenir.
 
Ne nous trompons pas sur les conclusions du Fazao. Elles seront livrées à une bande de rhétoriciens, aux vulgaires monnayeurs de connaissance qui ont changé leur train de vie sur des colonnes de tombes qui peuplent nos cimetières. Ceux qui sont assujettis au militantisme de carrière et qui ont une avidité débridée pour des dividendes de forfaiture ou qui se font passer pour des universitaires aux estomacs en gamelle d’aumône n’ont pas d’état d’âme sur les souffrances indicibles d’un peuple au cachot de l’indigence et du despotisme sanguinaire.
 
FAZAO n’est qu’une autre agitation savamment organisée pour faire évacuer la tension sociale qui brûle sur l’exigence des réformes, parce que le pouvoir sait que les questions insolubles ont besoin d’être évacuées par la parole, une catharsis de fortune pour gagner du temps.
 
FAZAO participe du jeu de la diversion sur les réformes. Le fils du « Timonier » a horreur de la pesanteur de l’Accord Politique Global et veut s’en débarrasser en usant d’un écran de service qu’est Awa Nana et son HCRRUN pour dénaturer les réformes, les faire à son goût, à son rythme, à ses convenances avec les ressorts des intellectuels de l’hécatombe, prêts à toutes les infamies du misérabilisme de l’esprit. Antoine de SAINT-EXUPERY nous conseille dans Citadelle de prendre nos distances face aux vulgaires commerçants du savoir lorsqu’il écrit : « N’espère rien de l’homme s’il travaille pour sa propre vie et non pour l’éternité »
 
A partir de FAZAO, Faure GNASSINGBE se donne l’illusion d’enterrer définitivement l’APG au nez et à la barbe des Togolais. Comment un accord républicain doit-il être réduit aux désirs d’un seul individu, d’un seul clan, d’une seule partie contractante ?
 
Sur la Deutsche Welle, le fils d’Eyadéma précise sur la limitation de mandat et les élections à deux tours que tout le monde n’est pas obligé de faire la même chose, d’adopter les mêmes principes et ses intellectuels ethnicistes comme Assima Kpatcha, KOUMEALO Germaine bavaient d’idiotie à exhiber le cas de l’Allemagne sans aucune précision sur les institutions de ce grand pays qui ne sont pas du tout verrouillées , ni érigées sous la puissance de la barbarie d’une armée fortement ethnique.
 
Les conclusions de l’atelier de Fazao n’ont pas de garde-fous de coercition pour incliner l’esprit retors de la dynastie des espèces disparues qui régentent la vie publique au Togo par la rapine et l’outrage. Il s’agit, par le simulacre d’une réflexion sur les conclusions de Fazao, de tenir à distance le peuple Togolais sur ce qui le concerne au premier chef et d’engager un cabinet de faux-monnayeurs du savoir dont le souffleur de service est Charles DEBBASCH pour déconstruire l’objectivité, la falsifier et frapper de mépris la socialité des aspirations globalisantes et convergentes sur l’esprit et la lettre des résultats de Fazao. Le « petit prince » attendra encore trois ans pour armer une torpille des réformes. A la veille des prochaines législatives, il tentera de prendre de court les Togolais et l’Opposition et balancer des réformes tronquées pour prendre en étau l’opinion sur une menace de vide juridique. Déjà à la CENI, la gestion du fichier électoral est sous la coupe exclusive du misérabilisme intellectuel du cabinet de la forfaiture qui y a chassé les forces de contrôle pour avoir les roues libres sur toutes sortes de surcharges d’impureté.
 
Les « intellectuels » du rejeton d’Eyadéma ne feront pas l’histoire du Togo à la place des Togolais eux-mêmes. C’est à nous Togolais de nous armer d’une puissance de régénérescence de la conscience citoyenne qui passe par une opposition cathédrale et massive qui balance les tyrans et les minables qui se prennent pour les dieux. Le HCRRUN est un appareil d’asservissement des Togolais. Il brûle les étapes de la Réconciliation telles que la CVJR les a présentées intelligemment dans l’exécution de l’APG. En évolution, il faut partir de la base pour atteindre le sommet. A cet effet, la proposition de loi d’ANC-ADDI est parfaitement d’actualité et correspond aubon sens imprimé par la CVJR à l’APG comme gage d’évolution sensée vers la Réconciliation.
 
Nous avons tous une responsabilité civique et morale de savoir ce dont nous sommes dramatiquement dépouillés au Togo pour armer notre foi et notre détermination à la réhabilitation de notre patrie et refuser de nous accommoder à des supercheries des fous du pouvoir ainsi qu’à toutes leurs avariés conceptuelles.
 
Didier Amah DOSSAVI
 
L’Alternative N°538