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Il faut sauver le soldat Faure (Introduction) : 4 solutions à la confiscation du pouvoir

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Résumé (pour ceux qui sont trop pressés) : La réflexion ci-dessous défend la thèse selon laquelle si la lutte pour l’alternance peine à venir à bout de la forte volonté de confiscation du pouvoir au Togo, c’est parce que les Togolais, collectivement parlant, n’ont pas encore su (ou voulu) trouver les solutions à la « peur du lendemain » qui règne au sein de la classe dirigeante qui est constituée par Faure Gnassingbé lui-même ; la famille ou le clan Gnassingbé ; les membres du RPT/UNIR et des autres partis qui lui sont affiliés ; et enfin la grande muette.

« Si les Togolais ont une dette à payer à la famille Gnassingbé, que Faure nous le dise. Nous allons leur payer cette dette pour qu’il quitte le pouvoir dans la paix », déclarait une manifestante en novembre 2017 lors d’une gigantesque marche à Lomé. Les Togolais n’ont bien entendu aucune dette à payer aux Gnassingbé. Si dette il y a, c’est plutôt dans le sens inverse. Par contre, les Togolais ont un problème qui s’appelle Faure Gnassingbé, un problème synonyme de confiscation du pouvoir. Et à l’heure actuelle, le « problème Faure » ne demande qu’une chose : être résolu

Dans ce sens, on peut légitimement se poser les questions suivantes :

  • Les Togolais (pas seulement la minorité des politiciens) doivent-ils collectivement définir les termes d’une sortie honorable pour Faure Gnassingbé afin de mettre fin à la confiscation du pouvoir ?
  • Les Togolais doivent-ils le faire afin que ce dernier « quitte le pouvoir dans la paix » comme le demandait cette dame et des millions de Togolais ? Si oui comment cela peut-il se faire ?

Ces questions sont l’objet d’une analyse en quatre parties que je partagerai ici avec tous les lecteurs.

L’analyse des contraintes et l’analyse des causes profondes de ces contraintes sont des techniques utilisées dans le domaine du développement pour résoudre les problèmes d’un pays d’une manière plus efficace. Je les emprunte pour analyser la quête de l’alternance politique au Togo.

Une « analyse des contraintes » à l’avènement de l’alternance politique au Togo révèle indiscutablement deux facteurs principaux :

1. D’abord la volonté de confiscation à tout prix du pouvoir par la minorité qui détient ce pouvoir depuis un demi-siècle (la minorité RPT/UNIR) ;

2. Ensuite les erreurs ou plutôt les maladresses de la minorité qui recherche ce pouvoir depuis plus d’un quart de siècle (la minorité constituée par les opposants).

Pour être juste, le premier facteur, c’est-à-dire la volonté de confiscation du pouvoir, est tellement puissant que pendant longtemps, il a semblé être le seul facteur ; mais comme beaucoup de Togolais le découvrent depuis deux ans, le deuxième facteur, c’est-à-dire les faux-pas des opposants, n’est pas négligeable.

Une « analyse des causes profondes » du deuxième facteur permet d’établir que les erreurs répétées des opposants relèvent de leurs qualités personnelles, de la qualité de leur leadership. Ainsi donc pour remédier à ces erreurs, on peut amener ceux qui n’ont pas ces qualités de leadership à changer au risque de se voir supplantés par leurs rivaux, ou carrément remplacés. Le remède dans ce cas n’est donc pas difficile à trouver, car des milliers de Togolais opposants au régime disposent des qualités dont l’absence a conduit ou conduit à ces erreurs fatales.

Quant à « l’analyse des causes profondes » de la confiscation du pouvoir, elle nous ramène à une source : « la peur du lendemain » au sein de la classe dirigeante.

En ce sens, le récent Colloque de Niamey qui a réuni les anciens présidents sur la problématique de l’alternance, une interview non datée d’Alpha Condé dans laquelle il expliquait (ou extériorisait) cette peur du lendemain, ainsi que les informations sur les transitions réussies dans certains pays nous permettent d’avancer la thèse suivante : si la lutte pour l’alternance peine à aboutir du fait de la forte volonté de confiscation du pouvoir au Togo, c’est parce que les Togolais, collectivement parlant, n’ont pas encore su (ou voulu) trouver les solutions à la peur du lendemain qui règne au sein de la classe dirigeante.

C’est une thèse parmi tant d’autres, et j’en suis conscient. Et si jusqu’ici les Togolais n’ont pas su ou voulu proposer une solution à cette peur du lendemain qui paralyse les dirigeants, c’est peut-être parce que le faire n’est pas une approche populaire, ou parce que la voix de ceux qui croient en une telle approche n’est pas assez forte pour être entendue. Puisque je suis persuadé de la pertinence de cette approche et des solutions qu’elle inspire, je vais essayer de proposer quatre dans l’espoir que cela fasse avancer le règlement de la crise politique.

Aminou Ben Yaya

Les quatre propositions, que j’appellerais des « remèdes à la confiscation du pouvoir », sont des réponses appropriées à la peur du lendemain parmi les quatre piliers de la classe dirigeante : Faure Gnassingbé lui-même ; la famille ou le clan Gnassingbé ; les membres du RPT/UNIR et des autres partis qui lui sont affiliés ; et enfin la grande (pas très) muette, c’est-à-dire l’armée.

Mon analyse sur la façon de mettre fin à la confiscation du pouvoir sera publiée en 4 parties :

1. Préparer Faure aux fonctions d’ancien président (oui c’est une fonction !) ;

2. Désamorcer la bombe à retardement de la famille Gnassingbé ;

3. Résoudre l’énigme de la grande muette (l’armée) ;

4. Rassurer les héritiers du 13 janvier.

A. Ben Yaya
New York, 2 novembre 2019

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