IMPUNITE – RECONCILIATION NATIONALE ET LE PARDON « source de développement d’une nation » : LES ENJEUX DE L’ELECTION PRESIDENTIELLE 2015 AU TOGO

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FORSON_KUE


« Heureuse la nation dont l’Eternel est le DIEU »
 
Préambule de la constitution Togolaise : « Nous peuple Togolais, nous plaçant sous la protection de DIEU »
 
La Nation est en effet, avant tout une idée que se font les hommes de la collectivité qu’ils prétendent former.
Selon le célèbre formule de RENAN : « La Nation est une âme , un principe spirituel, (…), c’est l’aboutissement d’un long passé d’efforts , de sacrifices et de dévouements , avoir des gloires communes dans le passé, une volonté commune dans le présent ,avoir fait de grandes choses ensemble , vouloir en faire encore , voilà les conditions essentielles pour être un peuple. »
 
Togolaises, Togolais, tu es aussi important(e) que les autres et même si tu n’as rien, n’oublie jamais que tu as toujours toi-même et avec toi-même, tu peux faire des choses extraordinaires. Tu es ton premier moyen, tu es ta première richesse et par-dessus tout tu es ta plus grande richesse.
 
Nous avons besoin les uns des autres ; comme le dit FRANTZ FANON « chaque génération doit dans une relative opacité découvrir sa mission, l’accomplir ou la trahir. »
 
Ma mission est de réconcilier mon pays (notre pays) le Togo.
 
L’heure n’est pas à la justice établissant les responsabilités des uns et des autres. Car il va sans dire que les hommes du pouvoir se sont rendus coupables de crimes, de détournements de deniers publics pour lesquels ils doivent rendre compte.
 
Quant à la réconciliation nationale, qui se veut une politique de dépassement des années de braise et de sang, elle est décrétée d’office alors que toute la réconciliation ne peut être que l’aboutissement d’un processus engageant les différents acteurs parmi lesquels les victimes et leurs familles, pour leurs permettre de panser leurs blessures, mais d’établir la vérité et d’obtenir dans le respect de la dignité des personnes concernées. Or les victimes sont tenues à l’écart et réduites à réagir au déni de leurs souffrances auquel elles font sans cesse face. Ce grand mérite des familles de disparus est d’avoir pendant des années et jusqu’à nos jours refusé d’ensevelir leurs douleurs dans l’abdication et le mensonge.
 
Ce sont ces familles qui nous rappellent le drame que vit un pays entier avec ses torturés et ses massacrés .Ce sont elles qui hantent les consciences des pourvoyeurs de l’impunité. Il n’y a que la volonté de faire la lumière sur ce drame et d’en établir les responsabilités qui permettra aux victimes d’imiter le pénible chemin de la réconciliation.
 
En évoquant le droit à la vérité, j’engage la responsabilité de l’Etat .Il y a deux sortes de responsabilités ; la constitution Togolaise fait obligation à l’Etat d’assurer la sécurité des citoyens dans leurs personnes et dans leurs biens. Les disparus sont des citoyens dont l’Etat n’a pas assuré la sécurité, donc l’Etat a failli à la mission dont il est responsable.
 
Une responsabilité civile mais pas pénale. Il doit reconnaître qu’il a failli à sa mission. Cette responsabilité reconnue, il faut tenir alors une responsabilité sur un double principe. L’Etat est responsable des agissements illicites de ses agents ? C’est dans le code civil, et donc l’Etat doit réparer, matériellement le préjudice causé aux familles, les indemniser si celles-ci le demandent.
 
Bien sûr, le pouvoir doit révéler au cas par cas, cela fait parti du droit à la vérité. Il n’y a rien de déshonorant à reconnaître ses fautes, mais l’essentiel est de s’amender et de ne pas recommencer .C’est ce qui est important .Présenter, s’il le faut des excuses solennelles à l’adresse de la population qui a souffert à ces agissements des agents de l’Etat et promettre que de tels agissements ne se renouvelleront plus.
 
Nous devons rassembler tous nos moyens, notre intelligence, notre volonté, notre adresse pour l’accomplissement de ce noble dessein « réconcilier le Togo et aimer notre Togo).
 
Nous devrons assumer ! Chaque fois qu’un conseil extérieur nous conduit a mal faire, nous sommes coupables et nous devons assumer. Chaque fois qu’une manipulation nous pousse à la faute, nous sommes coupables, nous devons assumer .Chaque fois que nous opérons un choix qui se révèle peu conforme aux intérêts supérieurs de la nation Togolaise, nous sommes coupables, nous devons assumer.
 
L’heure qui a sonné est aussi celle de la parfaite revendication de nos actes et de leurs effets par nous-mêmes. Fini les atermoiements, les hésitations, les compromissions que nous étalons à la face de l’autre pour pouvoir ensuite mieux accuser l’autre. L’histoire nous a certes maltraités, malmenés, nous le savons, nous devons toujours y penser sans en devenir victimes.
 
« Togolaise, Togolais, Lève –toi et sors de ton infériorité, de ton incapacité imaginaire pour reconquérir toi-même, pour redevenir toi-même, pour enfin croire en toi-même. Sois toi-même, cesse d’imaginer que tu seras l’autre, cesse de singer le Blanc, lève-toi de ton inertie et romps avec cette personnalité aliénée et incapable .Tu es un « anthropos » c’est-à-dire l’Homme, l’être qui regarde devant lui, qui regarde en haut, donc qui espère et qui est différent de l’animal (zoo) qui ne regarde qu’en bas. Tu dois regarder devant toi, ouvres tes yeux et regarde vers l’avenir, cesse d’être myope, cesse d’être nombriliste ? Cesse de regarder que ton ventre, lève ta tête et sois dans la’ avenir.
 
L’heure de nous-mêmes a sonné, cela implique de ne pas tout expliquer par notre histoire, mais de travailler d’arrache-pied pour nous propulser vers l’avenir, car l’avenir appartient à ceux qui sont capables de s’y projeter.
 
Refaire la république doit être pour nous l’entreprise politique la plus ambitieuse qu’ait connue notre pays depuis son accession à la souveraineté. Elle constitue elle-même une réponse aux conflits politiques et aux crises internes et externes qui ont ruiné notre pays. L’entreprise passe avant tout par la réconciliation nationale. Aucun fils ou fille digne de notre pays ne peut prétendre résoudre seul la crise de confiance, de méfiance, etc.… que traverse notre pays.
 
La révolte du corps et de l’esprit devant les massacres, les enlèvements nocturnes, les tortures, la misère, l’oubli de toutes les valeurs et de toutes les vertus humaines de la vie, du respect de la vie, et donc de l’espoir. C’est pourquoi la réconciliation nationale qui peut paraître comme un évènement où la victoire et la défaite se mêlent , où chacun compte et pleure ses morts , en oubliant parfois de s’émerveiller que de ces morts soit née la prise de conscience de ce qu’une nation peut faire , et ce qu’elle ne doit pas faire , de ce que l’avenir attend et de ce qu’il interdit , cette réconciliation nationale donc doit précisément être le moment d’une prise de conscience qui va changer le cours de notre histoire.
 
Togolaise, Togolais ! Arrêtons – nous et changeons le cours de l’histoire de notre patrie.
 
L’unité ne se démontre pas, elle se sent ; elle se ressent .Elle est du domaine de l’intuition, et la supériorité de la vision intuitive sur la connaissance discursive est pour nous essentielle.
 
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MR FORSON KUE
Diplômé en management et en sciences économiques et gestion des entreprises.
Directeur au Sein du groupe BUFFALO GRILL SA.
 

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