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Depuis mercredi, les gouvernants togolais passent un sale temps, avec l’avalanche de condamnations de la croisade contre le Collectif « Sauvons le Togo » des milieux politiques français. De toute vraisemblance, cette période durerait plus que prévu, et Faure Gnassingbé devra retenir son souffle jusqu’en fin février. Et pour cause, c’est jusqu’à ce moment que donnent les experts français pour remettre les conclusions de leurs recherches. Si l’on en croit le confrère Jeune Afrique.


En effet, arrivés au Togo le 18 janvier dernier, suite à une requête d’assistance adressée à son homologue français par Faure Gnassingbé après l’incendie des grands marchés de Kara et de Lomé, deux experts français, l’un, chef de la section ingénierie du feu au laboratoire central de la préfecture de police de Paris, et l’autre, un major, responsable de la cellule investigations de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris, ont été dépêchés au Togo, pour « comprendre les causes de ces drames», « à partir de l’étude des lieux sinistrés ». Ils devraient « analyser et prélever des éléments permettant d’établir le point de départ des incendies, en expliquer la ou les causes et en comprendre la propagation ». Leur mission a duré du 19 au 26 janvier, mais la publication des conclusions a été retardée par le souci de connaitre la nature des substances prélevées. « Après l’observation des trois marchés de Lomé, de Kara et d’Adidogomé et les analyses qui seront réalisées en France de certains produits retrouvés sur les lieux, nous remettrons aux autorités togolaises un rapport détaillé relatant nos conclusions…Quant à la publication de nos conclusions, ce sera aux autorités togolaises d’en déterminer le moment opportun », informait l’un des deux experts, dans une interview accordée conjointement aux confrères Focus Info et RFI et publiée le 28 janvier dernier.


Le 4 février dernier lors de sa dernière sortie, le Procureur de la République, Essolissam Poyodi, Directeur de l’enquête, disait n’avoir reçu aucun rapport, en réponse à une question d’un journaliste relative à la date de publication des résultats. Mais cela ne saurait tarder. On en sait un peu plus sur le moment où les conclusions des experts seront remises aux autorités togolaises. Joint par le confrère Jeune Afrique, Hervé Bazin, expert judiciaire spécialisé en explosions et incendies près la Cour d’appel de Paris qui dirige les enquêtes, « promet de rendre sa copie d’ici la fin de février ». « Nous attendons les résultats d’analyses des prélèvements effectués », aurait-il précisé.


Le compte à rebours a donc commencé ; encore dix jours au plus et on sera servi. Mais les Togolais pourraient-ils espérer la publication de ces conclusions aussitôt réceptionnées ? Rien n’est moins sûr, quand on sait que les autorités togolaises ont déjà court-circuité les deux experts français en optant pour la piste criminelle – qui ne fait l’ombre d’aucun doute -, mais en orientant leurs enquêtes (sic) vers les opposants au pouvoir. Des leaders et membres du Collectif « Sauvons le Togo » dont Agbéyomé Kodjo, Gérard Adja, Jean Eklou, Mme Suzanne Nukafu, Alphonse Kpogo sont arrêtés depuis plus d’un mois, histoire de brouiller les pistes et protéger les vrais pyromanes. Un certain nombre de faits montrent que les vrais pyromanes et leurs commanditaires se trouvent ailleurs. C’est ici que les douze questionnements du Cst sont pertinents. Les révélations ne cessent d’ailleurs de tomber sur ces incendies. Les dernières en date sont celles faites samedi dernier par le Coordonnateur du Collectif, Me Zeus Ajavon lors du meeting suite à la marche. « La nuit-là, des gens ont rôdé à moto autour du marché. Ensuite trois véhicules tout terrain sont arrivés avec des occupants armés et certains encagoulés. Ils ont ensuite forcé les vigiles en poste à ouvrir les grilles du marché. Ils ont reçu de l’argent et après la mise à feu, certains ont fui », a-t-il porté à la connaissance de la foule de militants et de sympathisants.


On peut d’ores et déjà imaginer la quintessence des conclusions qui viendraient à être faites par les experts. En tout cas, elles doivent révéler des choses bien loin des mensonges servis par les autorités togolaises, comme celui faisant croire que le feu a été mis à l’aide de cocktails Molotov et de la poudre à canon. Des faits qu’on a vite imputés aux leaders du Collectif « Sauvons le Togo ». Plusieurs sources rapportent d’ailleurs que c’est en connaissance de cause que le Parti Socialiste français et le Front de Gauche de Jean-Louis Mélenchon ont pris le risque (sic) de « s’immiscer dans les affaires intérieures » du Togo et réclamer la « libération immédiate » des opposants arrêtés dans ce dossier. Ce qui rend le plus inconfortable la position du pouvoir Faure Gnassingbé, c’est qu’il n’aura pas les moyens de falsifier le rapport, comme on l’a aisément fait avec celui de la Commission nationale des droits de l’Homme (Cndh) sur la torture dans le dossier Kpatcha Gnassingbé.


Au demeurant, le compte à rebours pour la remise du rapport a commencé. Et dès la fin février, les Togolais devront réclamer la publication du rapport que ne va sans doute pas s’empresser de faire le régime en place. Car les conclusions désavoueraient tout le montage mis en place.
 
Tino Kossi
 
liberte-togo
 
 

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