Incendies du marché d’Adawlato : Les victimes demandent à la Directrice de l’EPAM de leur trouver les criminels

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Le dédommagement (sic) des victimes des incendies des marchés de Kara et de Lomé a commencé depuis le début de la semaine passée. Mais ce geste qui devrait normalement soulager les commerçantes et que le pouvoir récupère à des fins politiques, est plutôt source d’amertume dans leur rang.
 
Un peu plus de deux milliards de FCFA, c’est le pactole que le Gouvernement dit avoir décaissé pour leur dédommagement, sur des pertes causées par les incendies évaluées à près de cinq (5) milliards FCFA. En clair, les sinistrées devraient pouvoir être remboursées au tiers au moins des fonds déclarés qui représentent l’évaluation des pertes individuelles subies. Mais les fonds donnés aux victimes en guise de dédommagement ne représentent rien par rapport aux sommes déclarées. Et les commerçantes ignorent la base sur laquelle ces chiffres ont été arrêtés. Une revendeuse de pagne à Adawlato qui a par exemple déclaré 8 millions de FCFA, s’est vu tendre 700 000 FCFA. C’est le même montant qui a été donné à une autre qui dit avoir déclaré 28 millions FCFA, soit 2,5 % de son fonds de commerce. Il y a de quoi que certaines victimes s’évanouissent lors de l’opération de remboursement.
 
« Ils crient qu’ils nous remboursent, et ils veulent tourner la page…Maintenant ils ne parlent que d’élection », peste Da Adzo, l’une des victimes. « Les choses ne sont pas aussi faciles pour nous lorsque nous nous adressons aux banques. Le Gouvernement raconte sur les ondes que les institutions financières sont prêtes à nous aider, mais la réalité est toute autre. A ma banque par exemple, pour bénéficier des nouveaux prêts mis en jeu, il faut avoir au moins un cinquième (1/5e) du montant demandé. Et si ce montant et la caution que tu avais laissée ne suffisent pas pour servir de caution au prêt précédent et à celui que tu veux faire à présent, on te demande d’aller en chercher à nouveau…Et puis, quand les gouvernants racontent qu’ils ont convaincu les banques pour qu’elles nous allègent la tâche, est-ce qu’ils ont aussi demandé des faveurs pour nous chez les directeurs des écoles de nos enfants, à la Ceet et à la Régie des eaux pour nos factures d’électricité et d’eau… ? », ajoute-t-elle.
 
Par-dessus tout, les victimes s’étonnent du silence des premiers responsables des marchés, Dame Ayélégan Seshie, la Directrice de l’Etablissement public autonome de gestion des marchés (Epam), Gilbert Bawara qui serait le Président du Conseil d’administration du marché d’Adawlato et autres. « Il faut qu’ils nous cherchent les auteurs des incendies afin qu’ils paient », fulmine l’une des victimes. Les commerçantes menacent de faire du bruit et alerter le monde entier sur leur sort.
 
Tino Kossi
liberte-togo