Indices de développement et PIB : Le Togo en pole position des flux financiers illicites au monde


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Un nouveau rapport publié en juin 2015 par Global Financial Integrity (Intégrité fiscale mondiale), un organisme basé aux Etats-Unis, a montré que le Togo a le niveau le plus élevé de Flux financiers illicites (Ffi) au monde par rapport à son Produit intérieur brut (Pib) durant la période de 2008 à 2012.
 
Le rapport a révélé que durant cette période, les Ffi du Togo ont atteint 1,526 milliards de dollars américains (soit 763 milliards F CFA), en comparaison de son Pib d’environ 2 milliards de dollars américains (selon la BCEAO). Cela signifie que les Ffi du Togo ont représenté 76,3 % de son Pib, le taux le plus élevé que dans n’importe quel autre pays.
 
Le même rapport a précisé que de 2008 à 2012, les Ffi du Togo ont représenté 105% des activités commerciales, le plus fort taux au monde.
 
Global fiscal integrity a détecté des Ffi particulièrement élevés au Togo.
 
Ces Ffi s’expliquent par le rôle joué par le Togo en tant que l’un des principaux pays de l’Afrique de l’Ouest dans le commerce par entrepôts. La plupart des marchandises en transit au Togo en destination du Burkina Faso ont été détournées vers le Nigeria à travers des canaux de contrebandes. Ce commerce illicite est très sophistiqué et plus efficace que le commerce public. Cette contrebande met à rude épreuve les statistiques du commerce officiel.
 
Selon le même rapport, ces Ffi sont estimés à 401,43 dollars américains (soit 220.715 F CFA) par habitant. Cela classe le Togo au 8ème rang mondial après la Guinée Equatoriale, Vanuatu, Îles Samoa, Paraguay, Guyane, Djibouti et Honduras.
 
En comparaison aux revenus fiscaux, les Ffi représentent 497,9% et classent le Togo au second rang mondial après les Îles Samoa.
Par rapport aux dépenses en éducation et en santé, les Ffi sont estimés respectivement à 2435,9% et 1088%, des taux qui placent le Togo en tête des classements mondiaux.
Les flux financiers illicites sont devenus un sujet d’une importance capitale dans la mesure où ils empêchent le développement des pays africains.
 
Aussi, le rapport d’un Groupe de haut niveau sur les flux financiers illicites en provenance d’Afrique a-t-il été présenté lors du 24e Sommet de l’Union Africaine à Addis Abeba et adopté par les dirigeants africains. Les conclusions du Groupe de haut niveau dirigé par l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki font écho aux messages que la société civile à l’échelle du continent a lancés pour démontrer la menace sérieuse que représentent les flux financiers illicites pour le développement inclusif de l’Afrique et appeler à une action politique urgente pour arrêter l’hémorragie. L’une des conclusions les plus importantes du travail accompli par le Groupe de haut niveau est que les sorties illicites de capitaux du continent africain sont considérables et croissants et se situent à un taux alarmant de 20,2% par an (selon les calculs effectués par la Global Financial Integrity (GFI).
 
A cause des flux financiers illicites (FFI) l’Afrique perd chaque année environ
50 milliards de dollars américains. Le rapport du Groupe d’experts de haut niveau de l’UA/ CEA sur les flux financiers illicites ainsi que d’autres études indiquent que l’Afrique a perdu plus de mille milliards de dollars américains sous forme de flux financiers illicites au cours des 50 dernières années, soit un montant similaire à l’aide publique au développement reçue par le continent au cours de la même période.
 
Selon Trust Africa, ces Ffi en provenance d’Afrique sont répartis comme suit : 65% pour les transactions commerciales, 15% des activités relevant des crimes organisés et 5% seulement pour la corruption.
 
Trust Africa aide des organisations africaines de la société civile à lancer une campagne populaire visant à mettre fin aux flux financiers illicites en provenance d’Afrique. Dénommée « Arrêtons l’hémorragie – Campagne pour éliminer les flux financiers illicites en provenance d’Afrique », cette initiative se veut un mouvement fondé sur des expériences africaines, impulsé par l’entregent des Africains et renforcé par des liens de solidarité en faveur de l’Afrique à l’échelle mondiale. La campagne élargit le débat sur les flux financiers illicites au-delà des spécialistes et cherche à mobiliser des personnes ordinaires et des groupes clés tels que les étudiants, les jeunes, les syndicats et les mouvements sociaux de base pour jouer un rôle clé de plaidoyer pour le changement.
 
lomévi (www.togoactualite.com)
 

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