Interview Isabelle Ameganvi : « Nous n’avons participé à aucune rencontre à l’effet de partager des postes ministériels ».


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L’actualité politique au Togo ces derniers jours est marquée par des polémiques. D’une part au sujet des révélations de l’UFC sur les cadres de l’ex parti au parti rouge devenus aujourd’hui responsables de l’ANC au sujet d’un partage de pouvoir entre ce parti et le pouvoir en place, et d’autre part une lettre adressée au chef de l’Etat par le président national de l’ANC, chef de file de l’opposition sans consulter le reste de cette opposition notamment la Coalition Arc-en-ciel. S’exprimant pour la première fois sur ces sujets, le deuxième vice-président de l’ANC, Me Isabelle Manavi Ameganvi a donne sa position sur ces sujets. C’était dans un entretien accordé à la radio Victoire FM à Lomé.

Vous avez entamez une tournée dans la partie méridionale du pays. Comment se porte aujourd’hui l’ANC ?

Isabelle Ameganvi :Je dirais que l’ANC se porte comme d’habitude bien grâce à Dieu, toujours sur le terrain en train de travailler, en train de mobiliser les populations pour les grands enjeux qui nous attendent dans les mois à venir.

La tournée a toujours fait partie des décisions prises par le bureau national pour rencontrer les structures du parti à l’intérieur du pays et également les populations. Souvent, il nous est fait la reproche que nous nous cantonnons uniquement dans la capitale, Lomé et que l’intérieur du pays est laissé en jachère si je peux m’exprimer ainsi sans qu’ils ne reçoivent constamment la visite du bureau national.

Dans le temps, nous avons eu à faire des tournées nationales. Les autres structures du parti aussi ont l’habitude de faire le tour des structures du parti pour voir comment se portent les populations et nos structures et c’est dans cette optique là que cette tournée là se situe. Je voudrai rappeler que ce n’est pas seulement la délégation nationale qui est tournée, les députés aussi sont en tournée.

Apparemment l’engouement n’est pas celui des grands jours au niveau des populations qui viennent vous accueillir ?

Isabelle Ameganvi : vous savez la première chose que j’ai remarqué depuis que nous avons commencé la lutte dans notre pays c’est qu’en réalité l’engouement au sens large du thème arrive souvent en matière électorale et lorsque nous ne sommes pas en matière électorale il est tout à fait normal parce que ce n’est pas des compétitions, l’homme par essence même aime compétir. Quand on est en compétition, il est tout à fait normal que la compétition soit au top. Quant il n’y a pas de compétition en vue vous ne verrez pas les gens en train de battre campagne.

Mais moi je reviens d’une tournée, je n’ai pas trouvé que les populations ne s’intéressent pas à ce qu’on dit, il n’y a pas foule dans les rues comme en campagne électorale, mais dans tous les cas les populations sont très réceptives à tout ce qu’on leur dit. Le Togolais, il sait ce qu’il veut et lorsqu’arrive le moment opportun, la détermination reprend.

Pendant que vous tentez de remobiliser la base derrière vous, votre président national, Jean-Pierre Fabre a adressé une lettre au chef de l’Etat, qu’est-ce qu’il demandait au chef de l’Etat ?

Isabelle Ameganvi : vous savez il y a ce problème qui traîne depuis 2006 après la signature de l’Accord politique global (APG) qui porte sur les réformes institutionnelles et constitutionnelles, je ne reviendrai pas sur les conditions dans lesquelles on a essayé, on n’a pas réussi les cadres de dialogue mis en place dissout, remis…

Au total, les principales réformes que nous attendons n’ont pas été faites or actuellement nous sommes en train de nous battre pour que les élections locales puissent avoir lieu parce qu’il est tout à fait incompréhensible pour les populations qui sont en souffrance côté développement dans notre pays et que tous les textes liés à la décentralisation ont été votés dans notre pays au moment où nous étions à l’assemblée nationale dans le mandat 2005-2012.

Ces populations doivent se prendre en charge elles-mêmes par rapport aux revenus générés par les activités sur le terrain et c’est ça qui est à la base des locales, permettre aux populations de se prendre en charge sur une partie du territoire et laisser à l’Etat le soin au niveau national de prendre en charge. Dans tous les cas, la constitution détermine le cadre et la compétence et le domaine qui sont du pouvoir central et des locales. Mais il se fait que dans notre pays c’est des délégations spéciales qui officient ici, lesquelles délégations sont nommées par le pouvoir centrale et donc ne rendant aucunement compte à qui que ce soit puisqu’ils sont nommés.
Pour nous il est tout à fait important que ces locales puissent avoir lieu avant les présidentielles.

Est-ce que techniquement parlant les conditions sont réunies ?

Isabelle Ameganvi : c’est pour cela que le président national de l’ANC a écrit au chef de l’Etat pour lui dire que il est temps que nous puissions voir les réformes qu’il y a à faire et que les locales puissent véritablement avoir lieu et vous savez on a bien dit qu’un comité de suivi devrait tenir compte de toutes les réformes. Toutes les réformes qui doivent faites ont été ciblées dans l’APG c’est-à-dire que le diagnostique a été fait et il reste à trouver des remèdes pour que ces réformes soient efficaces, soient efficientes, soient adoptées pour qu’on puisse aller à ces élections.

A chaque fois, on a trouve des artifices en disant on va y aller, les législatives, après on verra. On a terminé les législatives cahin-caha, les locales sont là, les présidentielles en 2015. Il va falloir qu’à un moment donné qu’on arrête et qu’on se penche efficacement sur ces réformes et c’est le but de la lettre adressée par le président national de l’ANC qui se trouve par rapport aux textes votés sur l’opposition être le chef de l’opposition, n’en déplaise aux personnes, la loi est dure mais c’est la loi. Nous ne disons pas que nous sommes tout à fait d’accord.

Est-ce qu’il a consulté qu’en même les autres leaders de l’opposition avant d’envoyer qu’en même cette lettre en leur nom ?

Isabelle Ameganvi : selon le texte qui a été voté lorsque nous avons été renvoyés de l’assemblée nationale, le chef de file de l’opposition c’est celui qui est à la tête du parti qui a remporté plus de voix aux dernières élections. Les dernières élections qui ont eu lieu dans notre pays c’est les législatives et ces élections ont donné pour résultat en ce qui concerne l’opposition 16 pour l’ANC, 3 pour ADDI, l’ANC et l’ADDI ont formé un groupe parlementaire unique qui est le groupe parlementaire ANC-ADDI, le CAR parti de l’opposition a eu 6 députés. C’est clair le chef de file de l’opposition c’est l’ANC-ADDI. C’est à ce titre qu’il a envoyé ce courrier au chef de l’Etat.

Est-ce qu’il ne fallait pas avoir l’avis de ces compères avant d’envoyer la lettre ?

Isabelle Ameganvi : vous savez je n’ai pas pour habitude de développer la polémique sur des choses qui ne sont pas nécessaires.
Ce que je sais nous sommes dans des regroupements différents. Nous ANC nous sommes dans le FRAC-CST. Je voudrais que vous posez la question aux partis qui sont dans le FRAC et dans le CST s’ils ont été consultés et s’ils sont au courant de cette initiative du président de l’ANC, ils vont diront unanimement oui. Ensuite, je ne veux pas rentrer dans la polémique mais M. Jean-Pierre Fabre n’a jamais dit qu’il a eu l’aval ou c’est au nom de Arc-en-ciel qu’il a adressé la lettre. Il ne peut même pas le dire puisqu’il n’est pas membre de Arc-en-ciel. Arc-en-ciel est un regroupement à part, le CST est un regroupement à part. Ce qui a été fait à ma connaissance c’est qu’ils ont essayé de rencontré Arc-en-ciel mais ils n’ont pas pu. Je mets au défis quiconque d’apporter la preuve que le président national de l’ANC Jean Pierre Fabre a dit quelque part qu’il a rencontre Me Apevon parce que c’est la polémique qui a été développée la semaine dernière. En aucun moment, il n’a été dit que le président national de l’ANC a rencontré Me Apévon ou Arc-en-ciel à l’effet d’envoyer cette lettre. Il y a eu une tentative mais c’est une tentative qui n’a pas marché.

Mais le président national de l’ANC a écrit au chef de l’Etat est-ce à dire qu’il est en train de reconnaitre Faure Gnassingbé comme étant son président ?

Isabelle Ameganvi : ça c’est la polémique aussi. Vous savez nous avons contesté les élections. Pour l’heure c’est lui qui est à la tête du pays, qui est chef de l’Etat, c’est lui qui pose des actes en ce qui concerne l’exécutif et moi j’estime que c’est suffisant qu’on puisse s’adresser à lui pour lui dire de prendre ses responsabilités pour que les réformes puissent avoir lieu avant que les présidentielles aient lieu pour éviter justement ce à quoi nous assistons toujours élections-répressions-contestations- négociations.

Et donc Fabre reconnait sa défaite ?

Isabelle Ameganvi : je n’ai jamais dit ça. Je dis qu’il a envoyé un courrier au chef de l’Etat qui est aux affaires quand bien même nous contestons les élections, c’est lui qui impulse l’action gouvernementale. Peu importe si nous le reconnaissons ou ne le reconnaissons pas lorsqu’ils se posent des problèmes graves il faut que nous nous adressons à lui pour que ces problèmes puissent connaître un début de solution.

Depuis un bon moment Gilchrist Olympio, votre président national d’antan continue toujours par faire des révélations vous concernant. Il est vrai que vous personnellement, vous n’êtes pas cité dans les documents publiés dans les journaux. M. Gilchrist Olympio dit dans son mémorandum que les ténors de l’ANC aujourd’hui étaient des gens qui ont menées des tractations pour que vous entriez dans un gouvernement alors qu’aujourd’hui, vous dites qu’il vous a trahi que c’est archi-faux.

Isabelle Ameganvi : Vous savez c’est que le ridicule ne tue pas au Togo et nulle part ailleurs le ridicule n’a jamais tué personne parce que si le ridicule tuait moi je pense que il y a très peu de gens qui aujourd’hui pourrait se montrer sur la place publique toute honte bue à raconter du n’importe quoi. Je crois que le peuple togolais a été témoin privilégié de tout ce qui s’est passé à l’UFC et qui nous a déterminé certains parmi nous à prendre la décision de créer un autre parti qui est l’ANC et nous nous avons cru qu’une fois que M. Gilchrist Olympio a arraché l’UFC, il s’en contenterait et nous laisserait tranquille. Tout ce que nous nous demandons c’est travailler…

C’est pour ça que lorsqu’il a sorti son mémorandum nous n’avons pas voulu rentrer dans la polémique parce que nous n’avons pas que ça à faire. Il est à Lomé, il fait la politique à Lomé, avant il le faisait par téléphone de Londres ou d’Accra. Aujourd’hui, il est à Lomé chez lui et la politique pour le peuple togolais c’est d’écrire des mémorandums pour dire qu’il fait des révélations qui n’apportent rien du tout au peuple togolais puisque le peuple togolais a été témoin de tout ce qui se passe. Tout ce que je dirais à propos de ce mémorandum là c’est que à supposer que Gilchrist Olympio a raison que nous avions discuté avec le RPT est-ce que nous avions discuté. Je le mets au défi d’apporter la preuve de ce que nous avions discuté avec le RPT pour que le RPT nous donne des strapontins des postes ministériels, des ambassades, etc… lesquels postes ne lui pas été donnés quand bien même cet accord a été signé et qu’on lui a promis des postes ministériels, on lui donné sept ministres, en guise de postes d’ambassadeurs , préfets moi je ne sais pas combien il en a eu. Dans tous les cas lorsque nous étions à l’UFC tous les accords, les rencontres qu’il y avait eu, ce n’étaient pas des rencontres clandestines, c’étaient des rencontres Ouaga, Sant’Egidio… C’était à la connaissance de la presse en ce moment en avait longuement parlé, le peuple togolais était au courant et c’était des rencontres qui avaient lieu à notre sens à moins que M. Gilchrist Olympio lui-même avait autre chose en tête que nous ignorions, nous autres responsables qui travaillaient avec lui. Dan notre entendement c’étaient des rencontres qui avaient eu lieu comme peut être celle dont le président national a aujourd’hui adressé la lettre au chef de l’Etat en lui disant il faut qu’on fasse les réformes qui a rapport avec les réformes, qui a rapport avec le règlement de la crise politique togolaise. Nous n’avons participé à aucune rencontre à l’effet de partager des postes ministériels. C’est ça qui doit être clair dans la tête de tout le monde.

Une fois cette mise au point faite quel est le sens de ce mémorandum de M. Gilchrist Olympio ? Dans tous les cas ce qui a amené l’éclatement et la création de l’ANC c’est que M. Gilchrist Olympio a décidé tout seul d’aller négocier avec les gens du RPT.
Lorsque M. Gilcgrist Olympio a été constaté à Paris, nous n’étions ni Patrick Lawson, Fabre, ni Georges Lawson, ni moi-même, ni Eric Armeding paix à son âme, étaient là. C’était Elliott Ohin qui était ici avec nous qui s’est déplacé sans avertir personne pour aller rencontre je crois M. Barqué, je ne sais plus qui dans son appartement à Paris. C’est là où cet accord a commencé. C’est à son retour qu’il est venu rendre compte au bureau national en disant qu’il est en train de faire des rencontres avec le pouvoir. La question lui avait été posé il est en train de faire ces rencontres au nom du bureau national et nous ne sommes pas au courant ? Il a dit que de toutes les façons c’est des rencontres exploratoires. C’est le thème qu’il a utilisé et que dans tous les cas si accord il doit y avoir c’est le bureau national qui décide. Et puis il n’est plus revenu au bureau national avant d’aller signer cet accord. Ce comportement là lui a valu l’exclusion du temporaire de l’UFC vous vous rappelez bien et bien si nous étions d’accord, si c’était l’aboutissement de ce que nous avons fait ensemble pourquoi nous l’aurions exclu provisoirement ? Et c’est cette exclusion qui nous a valu à notre tour la bombe qui nous est tombée dessus avec la décision d’organiser un congrès pour faire comprendre à toutes les structures du pays, le congrès qui a été réprimé avec sauvagerie avec beaucoup de blessés pendant que lui quelques jours après sous la haute protection des forces de sécurité organisait son congrès. Et c’est comme ça que Gilchrist Olympio a un nouvel aillé qui se trouvait le RPT, le gouvernement de l’époque lui ont porté main forte pour arracher l’UFC. Nous lui ont avons laissé l’UFC parce que nous nous sommes convaincus que ceux qui travaillent, ceux qui ont fait de l’UFC ce qu’elle était dans le temps n’étaient pas tout d’accord avec M. Gilchrist Olympio et que toutes ces personnes là si on se retrouvait ensemble on allait travailler ensemble et c’est ce qui a été. Maintenant qu’il a pris l’UFC en héritage, tout ce que nous lui demandons c’est qu’il se contente de son UFC et qu’il nous laisse tranquille travailler.
Je demande également au peuple togolais à ne pas se laisser distraire par des élucubrations des gens qui n’ont plus rien à prouver, qui n’ont plus rien à offrir au peuple togolais. Je crois que nous avons beaucoup d’autres choses plus importantes à faire.

Les Togolais ont peur que ce que Gilchrist Olympio a fait Fabre encore ne leur fasse éventuellement le même coup ?

Isabelle Ameganvi : Vous savez si M. Jean Pierre Fabre devrait se comporter comme ça il aurait suivit M. Gilchrist Olympio. Ce qui s’est passé avec M. Gilchrist c’est qu’à un moment donné il était fatigué de la lutte que nous menons or nous autres qui ne l’avons pas suivi nous savons qu’une lutte contre un régime vieux de quarantenaire ou cinquantenaire doublé de dictature ne peut se faire en une journée et donc nous nous avons pris notre décision à nous battre jusqu’à ce que ce pourquoi nous battons se réalise.

Donc vous ne trahirait pas ceux qui vous suivent aujourd’hui?

Isabelle Ameganvi : Jean-Pierre Fabre est une personne humaine mais pour ce que je connais de lui s’il devrait nous trahir il était loisible pour lui suivre M. Gilchrist Olympio dans son aventure, peut être qu’aujourd’hui, on n’aurait pas ce problème, on n’aurait pas ces mémorandums pour prouver ce qui ne peut pas être.

(Source : radio Victoire FM à Lomé, transcription la rédaction de TOGO ACTUALITE)
 

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