Klassou, une dernière contrevérité pour la route

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Selom Komi Klassou, Premier ministre togolais

La cérémonie de passation de service entre le désormais ex-Premier ministre Selom Klassou et Mme Victoire Tomegah Dogbé, organisée le 28 septembre dernier, a de quoi en intéresser plus d’un.

Lors de cet événement qui se voulait sobre du fait du contexte sanitaire, ce n’était pas sans surprise que le Premier ministre démissionnaire ait porté aux nues ses actions durant les cinq années qu’il aura passé à la Primature.

Mais ses envolées ministérielles valent la peine qu’on s’y attarde un tantinet. Pour l’ancien Préfet de Tchaoudjo, aucune ombre n’a été à son tableau de Premier ministre. Qu’il se soit dit heureux avec « le sentiment d’avoir servi les Togolais », libre à l’intéressé. Mais qu’il pousse le mensonge outrancier jusqu’à colorier les réformes et les élections d’une teinte d’optimisme et de mièvrerie quand il n’en est rien, voilà qui frise la provocation. Jugez-en vous-même : « Le Togo a organisé avec succès et admiration 3 importantes élections crédibles, justes, démocratiques et surtout apaisées. Il s’agit des élections législatives de décembre 2018, des élections locales de juin et août 2019 et des présidentielles de février 2020 qui ont pleinement plébiscité le Président de la République grâce aux résultats à plus de 70% », a assuré le natif de Notsè.

Selom Klassou doit être en délicatesse avec la véracité, pour s’offrir ce tissu de contre-vérités aussi désobligeantes les unes que les autres. Les trois élections dont il se targue ont été organisées sur fond de tricherie étatique, à cela près que, comme d’habitude, son parti et son créateur se sont taillé la part léonine. Après les élections législatives, les Togolais ont pu voir le raz-de-marée incestueux qui règne depuis lors dans une Assemblée nationale dont la majorité n’a plus les neurones pour décider d’elle-même, occuper qu’elle est à opiner du chef, à chaque ukase du prince-roi.

Les élections présidentielles, grand rendez-vous qui s’annonçait comme une première devant aboutir pour une fois à un dénouement franc et démocratique, lavé de tout soupçon, ont été plombées, avec les résultats que l’on sait. Quant aux locales, allez savoir. S’il faut que tout Premier ministre se doit de quitter son poste sur une aussi mensongère note, Klassou aura réussi son pari.

source : Le Correcteur

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