La guerre lâche du régime Gnassingbé contre le Togo; jusqu’où ira-t-elle?

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A Lomé, dimanche. Affiche de campagne du président sortant Faure Gnassingbé, proclamé vainqueur avec 72% des voix. Photo Pius Utomi Ekpei. AFP

Tous les évènements et incidents créés de toutes pièces par le régime, depuis surtout le 19 août 2017, et qui ont conduit à des arrestations arbitraires et à des assassinats crapuleux de citoyens togolais, nous montrent à suffisance que le régime qui prétend présider aux destinées du Togo, est en guerre ouverte contre son peuple. Quand on nous parle d’assurer la sécurité, alors que toutes les actions ou décisions prises par le gouvernement et exécutées sur le terrain, sont vecteurs de violence, d’insécurité et de mort sur les paisibles populations; quand un individu qui se dit Ministre de la sécurité est omniprésent sur les médias d’État et est prompt à donner des conférences de presse pour justifier l’injustifiable après chaque crime commis par les forces de défense et de sécurité, nous pouvons conclure sans nous tromper qu’un tel ministère mériterait d’être rebaptisé en Ministère des Mensonges pour couvrir les crime du régime de prédateurs auquel il appartient.

Les sièges militaires des préfectures de Tchaoudjo, d’Assoli et de l’Oti, décidés par Abalo Kadanga et son beau-frère Faure Gnassingbé, au lendemain du soulèvement du 19 août 2017 initié par le PNP, pour terroriser les populations de ces localités et étouffer leur soif de liberté et de démocratie, sont toujours d’actualité. Dans ces contrées étiquetées comme étant plus hostiles au pouvoir de dictature, on ne compte plus les exactions de toutes sortes commises par des militaires sur les populations. Nombreux sont ceux qui sont partis pour un exil lointain, ou traumatisés à vie suite aux descentes punitives des éléments d’une armée qui se veut pourtant nationale. Entre-temps des villes comme Kpalimé ou Anié, des quartiers entiers de la capitale sont régulièrement le théâtre des bruits de botte de nos tonton-macoutes de militaires.

Nous avons l’impression que le régime Gnassingbé se satisferait de la disparition totale des jeunes Togolais taxés de l’oppostion qui font le gros lot des manifestants contre la dictature. Cette affirmation peut être corroborée par l’acharnement sur des citoyens arbitrairement arrêtés lors des raffles de fin novembre 2019 et fin janvier 2020 sous prétexte d’une prétendue tentative d’insurrection armée. Les objets de fortune composés de talismans, de massues, de couteaux rouillés et d’accoutrements de chasseurs ou de magiciens, présentés par les soi-disant responsables de la sécurité, avaient fini par convaincre l’opinion nationale et internationale du peu de sérieux de ce régime aux abois. Six mois déjà de privation de liberté des plus injustes infligée à des pères de familles, dont la plupart portent encore des séquelles de torture subie lors de leur passage dans les cachots de la gendarmerie ou de la police. Six mois de vie forcée dans des conditions inhumaines au goulag togolais de Lomé, appelé prison civile.

Des kidnappings de militants et responsables du Parti National Panafricain (PNP) courant du mois de Janvier 2020, étaient venus rallonger la liste des nombreux prisonniers politiques aux dossiers vides. Yakoubou Moutawakilou et Aboubakar Tchatikpi, par exemple, respectivement kidnappés à Kpalimé et à Lomé le 25 janvier 2020, pour appartenance au PNP, ne sont toujours pas libérés, et croupissent à la prison de Lomé pour Tchatikpi et à la DPJ pour Moutawakilou; aux dernières nouvelles Yakoubou Moutawakilou serait transféré au Camp GP.

Nous nous demandons pourquoi le pouvoir refuse-t-il de libérer les prisonniers politiques, les prisonniers condamnés pour des délits mineurs et tous ceux qui ont déjà purgé une bonne partie de leur peine, à défaut de la fermeture définitive de la prison de Lomé? D’après les informations que nous avons depuis Lomé, plus d’une centaine de détenus seraient testés positifs au COVID 19; une situation alarmante vu les conditions de vie dans ce centre de détention surchargé. Une situation critique qui devrait faire réagir nos soi-disant autorités, au moins pour des raisons humanitaires, et les inciter à procéder à des libérations massives et à la prise en charge de tous les testés positifs. Faure Gnassingbé refuserait-t-il de faire libérer les prisonniers politiques de peur de devoir voir son demi-frère Kpatcha recouvrer la liberté?

Toutes ces privations arbitraires de liberté, toutes ces tueries ciblées de la part de nos militaires, gendarmes ou policiers pendant les patrouilles anti-pandémie, l’assassinat du Colonel Madjoulba Bitala, l’exécution sommaire et gratuite du jeune Mohamed jeudi 21 mai 2020, font partie d’une stratégie de guerre contre son peuple, mûrement réfléchie et mise sur pied par Faure Gnassingbé et sa bande. Et la tribalisation à outrance des effectifs de nos forces de défense et de sécurité facilite la mise en exécution de cette stratégie de la terreur, sans oublier les recrutements basés, non sur le niveau d’études, mais sur l’origine ethnique. Ceci dit, il n’est plus un secret pour personne que le peuple togolais soit désormais victime d’une guerre de la part de ceux qui se disent ses dirigeants. Alors comment faire pour mettre fin à cette guerre du régime Gnassingbé contre le Togo?

Les derniers soubresauts autour de la dynamique Kpodzro dans la foulée des élections présidentielles de février 2020 nous ont montré à suffisance que beaucoup de leaders de la soi-disant opposition sont plus favorables au maintien de Faure Gnassingbé au pouvoir qu’à une quelconque alternance; et que la plupart de nos partis politiques, au lieu d’avoir un discours rassembleur, renforcent plutôt, par leur comportement, un repli communautaire et ethnique. C’est au vu de tout cela que les Togolais devraient faire leur examen de conscience, s’ils aiment vraiment leur pays, pour se débarrasser de tout esprit partisan et se mettre ensemble. Toutes ces personnalités autour de Faure Gnassingbé, civiles comme militaires, sont aujourd’hui le malheur du Togo, et sont quotidiennement à la manœuvre pour que leur guerre contre leur peuple soit de plus en plus sanglante. Nous avons le devoir de les faire partir. Unis, nous pouvons y arriver.

Samari Tchadjobo
Allemagne

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