La marche à reculons du pouvoir de Faure Gnassingbé dans le dossier des incendies


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Manifestement, le spectre des feux n’a pas encore quitté le Togo. Dans la nuit du mercredi à jeudi, un autre bâtiment du grand marché de Lomé a encore pris feu.

Heureusement que cette fois-ci, les sapeurs-pompiers sont arrivés à temps et ont efficacement fait leur travail pour maîtriser au plus tôt le ravage des flammes.

Tout cela se passe le jour même où l’audience du tribunal de première instance de Lomé à propos de la plainte déposée il y a trois mois par le patron de l’entreprise CENTRO, Raoul Kpatcha Bassayi était supposée avoir lieu.

Ce dernier s’était empressé, suite à la publication du rapport du CST sur les incendies des marchés de Lomé et de Kara, incriminant clairement les dignitaires du pouvoir, de porter plainte pour diffamation.

Il réclame dans la foulée 500 millions de fcfa de dommages et intérêts car pour lui, il aurait été faussement mis en cause par les leaders du CST dans leur rapport.

Ces derniers avaient alors été convoqués pour comparaître en citation directe par devant le tribunal le 12 décembre 2013. Mais patatras, sur les lieux, la cour a vite fait de trouver une échappatoire selon laquelle, le plaignant n’aurait pas payé la modique et indispensable caution de 10.000fcfa pour pouvoir faire enrôler le dossier.

L’audience était alors curieusement renvoyée au 19 février, soit à plus de 9 semaines. Les responsables du collectif Sauvons le Togo ont alors pris leur patience à deux mains pour attendre cette date et se pointer à nouveau devant le juge.

Une récitation de plus leur est encore servie, le dossier n’aurait toujours pas été enrôlé cette fois-ci par manquement du greffe. Curieux n’est-ce pas ?

Pire, aucune autre date n’a été arrêtée pour tenir cette audience.

Voilà donc une affaire hautement criminelle, qui est a eu à mettre par terre toute l’économie nationale que l’on traite avec autant de faux-fuyants !!!

Ce n’est pas tout. Le dossier mère de ces incendies est encore en souffrance auprès du doyen des juges d’instruction qui, de coup de force en coup de force, s’était empressé d’inculper aux pas de charge la quasi-totalité des leaders politiques du CST comme étant les instigateurs et commanditaires de ces incendies qui ont ravagé les marchés de Kara et de Lomé début janvier 2013.

Il est allé jusqu’à inculper un journaliste dans cette affaire en violation flagrante du code de la presse qui confère à ce dernier un statut particulier.

Puis, rien !

Les déballages de Mohamed Loum, principal accusateur dans le dossier, les virulentes réactions du PS et d’autres partis politiques en France, les pressions diplomatiques ainsi que le fracassant rapport du CST rendant éloquemment compte du mode opératoire de ces incendies et donnant clairement l’identité de ces commanditaires… ont fini par déchanter les loups du pouvoir au Togo qui étaient décidés à neutraliser l’opposition politique à partir de cette affaire.

Du coup, ils ont entamé une curieuse marche à reculons, à grands pas. Plus jamais l’on n’a encore entendu parler de cette affaire qui pourtant revêt une importance de premier plan, puisqu’on est bien dans un contexte de crime.

Un an s’est donc écoulé sans que le pouvoir du Togo ne soit capable de présenter au peuple togolais les vrais auteurs et commanditaires de cet acte lâche et criminel qui a fait voler en éclat le rêve de plusieurs familles…

Et pourtant, dès la survenue de ces incendies, la gendarmerie n’avait pas mis deux jours pour mettre la main sur les premiers responsables de l’opposition au Togo. L’on avait senti à l’époque une précipitation monstre où plusieurs versions sur les auteurs de ces incendies étaient servies au peuple.

Le ministre de la sécurité, Yark Damehane avait d’ailleurs fait une apparition publique pour la moins curieuse au cours de laquelle il avait réussi la prouesse de présenter un bidon bleu d’essence de 5 litres, de la poudre à canon ainsi que des buchettes d’allumettes comme ayant servi à incendier le marché de Lomé.

Il a même eu le courage et l’audace de soutenir que les pyromanes avaient eu accès au bâtiment central du marché par un procédé magique et mystique…Vraiment fantastique !!! Comme quoi, au Togo le droit se mêle aisément à la magie et aux incantations !!!

Depuis lors, les togolais attendent avec une avidité sans pareille de connaître les criminels, mais rien.

Le pouvoir est incapable de faire évoluer le dossier, comme il l’est d’ailleurs sur beaucoup d’autres dossiers concernant la vie et la gestion du pays.

Alors les togolais auront-ils un jour la chance de connaître la vérité sur cette affaire ? Rien n’est moins sûr…

Car à l’allure où évolue ce dossier avec autant d’incantations et de charlatanisme, il n’est pas exclu qu’en ultime recours, le pouvoir de Faure Gnassingbé finisse par dire aux togolais que ces incendies ont été causés par des esprits invisibles donc insaisissables qui auraient décidé de saboter « les inlassables efforts du gouvernement éclairé par le chef de l’Etat pour assurer un mieux-être au peuple togolais ».

 
togoinfos
 

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