L’absurdité d’un voyage pour une conférence sur le terrorisme à l’ONU

hollande-faure_500x290
 

Faure GNASSINGBE a vidé toute sa baignoire pour remplir le lavabo

 
La bonne opinion que j’ai de mes semblables sans exception est corrigée par cette idée qu’ils sont bien capables de faire les imbéciles, et longtemps, s’ils en font seulement le stupide pari », disait le moraliste ALAIN dans Histoire de mes pensées. La déception de l’auteur est si grande quand il considère l’énormité du paradoxe dans lequel des hommes sont englués avec leur esprit dégradé pour en faire un mode de survie et peut-être de gloire. Ils sont pourtant sans grandeur parce que leurs actes sont loin des exploits, des principes d’identité, c’est-à-dire, des repères qui servent à construire les autres. Notre statut d’homme est dans l’expression de notre intelligence et dans la qualité de nos actes moraux, éthiques qui inspirent confiance et instruisent la postérité.
 
La recherche de la gloire est un terrible leurre lorsqu’elle s’autorise à faire l’économie du bon sens, de l’éthique et de la morale. Elle s’affirme dans une exhibition creuse et hautement déviante qui expose l’individu au lieu de l’imposer. Faure GNASSINGBE est dans une illusion topologique, dans une confusion du temps et des lieux en déphasage avec les réalités du moment et se fait écraser par le regard des autres. Les enquêtes onusiennes sur les évènements d’avril 2005 l’ont révélé au monde entièrement et les actualités togolaises lui ont bâti le serment invariable de son évolution dans le terrorisme d’État. Selon LAROUSSE, « le terrorisme est l’ensemble d’actes de violence commis par une organisation pour créer un climat d’insécurité ou renverser le gouvernement établi. Il est un régime de violence institué par un gouvernement ».
 
Cet éclairage de LAROUSSE nous montre le superflu du voyage du « petit » et toute la fourberie qui arrache un petit sourire en coin à tous les observateurs de la vie politique au Togo. Les futilités et balivernes sont le propre de ceux qui ne peuvent pas grandir. On les laisse s’époumoner dans le mépris et la honte. On sait qu’ils ont déserté la logique, le bon sens, la morale et tous les attributs humains, mais on les laisse boire leur propre poison jusqu’à la lie.
 
L’autorité du raisonnement et la bonne action font les hommes d’État. Ils ne dérobent jamais aux exigences de leurs propres pays, de leurs propres peuples pour se distraire à des questions internationales, dans une quête de notoriété à peine perceptible. Au Togo, les drames s’accumulent, les questions irrésolues ont gonflé les réclamations populaires que le régime tient à mettre sous l’éteignoir par la violence. La répression fauve est la seule alternative qui installe le « Club du petit ». La terreur est sur tout le pays et les impératifs absolus de la légitime-défense motivent les révoltes des étudiants de Lomé, l’insurrection à Dapaong, à Niamtougou où les populations déclarent la guerre au terrorisme d’État autant que la jeunesse estudiantine. A Kantè comme à Badou, l’autodéfense s’affirme.
 
Si celui qui fait office de chef de l’État avait autant d’habileté à débattre du terrorisme, il aurait été spontané à initier de toute son autorité un débat sur les horreurs et les drames qui endeuillent notre terre de legs que nous avons en partage. Sa capacité interventionniste est ce dont nous avons besoin pour infléchir la courbe de la terreur et éteindre les braises incandescentes des réponses réflexives qui consument insidieusement la République. Les conditions de possibilité d’asseoir la légitimité résident dans le répondant et l’efficacité de l’acte qui soulage ou qui crée l’espoir.
Il est fort à parier qu’un chef incapable d’ordonner des forages pour offrir de l’eau aux étudiants a perdu le sceptre du commandement. Il dénonce à gueule bée le détournement des deniers publics, la surfacturation en ignorant le rôle de la Cour des comptes. Tout le pays est incliné par la mal gouvernance, les errances dangereuses de la justice, la loi du silence par le terrorisme d’État. Les victimes de l’arbitraire n’ont aucun recours. Les violations de la personne humaine et l’insécurité ont pris en étau le citoyen togolais parce que la force publique est devenue la première ennemie qui dispose de la vie du citoyen comme il l’entend.
 
Si face au terrorisme d’État, les Togolais sont obligés de répondre par le terrorisme populaire ou l’insurrection, qu’y a-t-il à espérer du voyage du « petit » qui veut traiter du terrorisme, en priorité, hors de ses propres frontières ?
Les conditions de sa prise de pouvoir, l’élection du 04 mars 2010 et la saisie des procès verbaux de l’opposition, le découpage électoral que réprouvent tous les observateurs, le renvoi des députés ANC de l’Assemblée nationale, les rapports expurgés ne sont-ils pas la manifestation du terrorisme qui nous interpelle au premier chef ?
 
1) Du banditisme d’État au terrorisme
 
« Démocratie bafouée », voilà la litote qu’utilise habilement le Parti socialiste français pour qualifier les pratiques du régime togolais. Tout le fil des sauvageries se déroule en deux mots savamment juxtaposés dont le choc diplomatique et littéraire déverse des révélations sur la terreur qu’entretient le clan GNASSINGBE sur une population condamnée à la résistance.
 
Les péripéties amères de l’installation de la dynastie au Togo, les suites des élections législatives avec la fabrique artificielle de la majorité présidentielle sont bien connues de tous les partenaires du Togo. La diffusion acrobatique des résultats de l’élection du 04 mars 2010 confirme à tous les observateurs que nous sommes en face d’un régime des aigrefins qui sont prêts à toutes les effractions pour parvenir à leurs fins. Cet état de chose suscite la contestation populaire qui se heurte à une machine à réprimer, à tuer. Le boulevard des cimetières est largement ouvert au bout duquel les victimes, à fréquences régulières, remplissent nos villes de veillées funèbres.
Plus la résistance se fait incisive, plus le terrorisme d’État, dans ses actes insensés, devient pervers. Il s’agrippe à l’impossible preuve justificative et il cherche à imputer des culpabilités à tous les contestataires, quelles soient, au mépris des textes de loi et de la Constitution. L’écheveau des culpabilités décrétées pour frapper l’opposition à l’Assemblée nationale, l’ANC en particulier, et le Collectif « Sauvons le Togo », dans une inconcevable affaire d’incendie des marchés, atteste une machination de gouvernance où le soupçon fait la preuve et la culpabilisation, l’arme ultime du crime face aux réclamations légitimes des citoyens.
 
Jour après jour, le parcours du fils d’EYADEMA étale ses victimes par le crime de sang, le crime judiciaire, le crime économique. Son rouleau compresseur a tout son ressort dans l’impunité. Il y a juste six semaines que l’état de choc est au zénith à la suite de l’assassinat d’Anselme SINANDARE et de Douti SINANLENGUE. Aujourd’hui, le cyclone mené par les vents de Dapaong, de Niamtougou, de Kantè, de Badou dévale sa furie jusqu’au cordon littoral avec la mise à mort d’Étienne YAKANOU, militant de l’ANC, injustement arrêté avec ses compagnons du FRAC après que des mains noires eurent mis le feu aux marchés, dans une reproduction servile de l’incendie du Reichstag, commandité par HITLER pour anéantir ses rivaux.
 
Le terrorisme d’État s’accompagne d’officines à fabriquer des preuves, des culpabilités, ses anarchistes et évolue à l’ombre des lois qu’il s’autorise ou détourne à des fins particulières, idéologiques à son corps défendant. Il utilise les lois comme des chaînes, la justice comme l’enfer, la torture comme le supplice de la vengeance et le crime comme le mode d’évolution. Dans cette stratégie destructive, l’espérance de la dissuasion est la grande illusion de la pérennité du pouvoir du potentat. Quand le désespoir s’empare des peuples et que la survie de chaque citoyen est en jeu, les ressources sont puisées au fond des réserves de toute la collectivité pour contrarier la nature du danger public. Une réorganisation subite et incisive du corps social s’érige à la suite des assassinats gratuits de nos concitoyens parce que le terrorisme force la main à ce peuple si paisible et si abusé qui a du répondant lorsqu’il est exaspéré et fâché. Sa mutation dans la solidarité de l’engagement républicain exhale le parfum de la liberté. La gradation de sa révolte est une réponse à la brutalité de la force dans laquelle le régime s’est embrigadé pour des éliminations directes ou détournées. Nous avons le droit d’espérer dans la prise de conscience du combat dont les résultats sont en filigrane dans la Phénoménologie et prospective de Gaston BERGER lorsqu’il affirme : « Demain ne sera pas comme hier. Il sera nouveau et dépendra de nous. Il est moins à découvrir qu’à inventer ».
 
Le déficit conceptuel du « Club du petit » est dans la faillite à percevoir la mobilité sociale de nos populations par une jeunesse foisonnante à une époque des autoroutes de la communication où le monde en boutique planétaire provoque des évolutions contagieuses où le désir de grandir est plus possessif et plus obsédant. Ce désir est si combatif qu’il ne saurait fléchir et mourir face à la force brute. La terreur n’a malheureusement aucune marge de manœuvre face à une jeunesse engagée, à un peuple debout dans la fronde contre un système crapuleux de gouvernance. L’avenir est avec ceux qui luttent. On ne l’attend jamais comme un train dans une gare. Cette réalité est toute la valeur de projection qui détermine l’existence. Le principe d’évolution s’est emparé du peuple togolais pour infléchir le cours de l’histoire. Ou le terrorisme de la bande à Faure GNASSINGBE se reconvertit ou il périra. Tout système dictatorial est son propre fossoyeur parce que les hommes sont nés pour la liberté et le fondement de l’État est le binôme sécurité et paix. Le terrorisme d’État est le vrai paradoxe de la gouvernance. Face à ce système pervers et déviant, ce que Karl MARX nomme la « dictature du prolétariat » est le recours le plus efficace de rectification de l’histoire. La mobilisation du 12 juin 2012 est un bon présage qui sème une dynamique dont les effets embrasent insidieusement tout le pays. Toutes les tentations brutales d’étouffement de la contestation populaire débouchent sur des situations aggravantes telles la profanation de l’église d’Amoutivé, des assassinats ignominieux. Anselme, Douti, Yakanou et les autres nous offrent l’étendard de la libération.
 
2) Portée d’un discours et perspectives politiques
 
Le terrorisme triomphant du présomptueux qui joue des coudes pour s’illustrer sur le plateau des Nations-Unies est bien connu de par le monde. Son mode d’accès au pouvoir, son système de conservation du pouvoir sont aussi bien connus des organismes onusiens. L’homme aux éclaboussures vivantes et pérennes de terrorisme n’a la moindre notoriété autre que le divertissement oratoire sur le sujet. Il y a partout dans les réunions et les rencontres des présences qui équivalent à des absences. Ce qui fait la force d’un interlocuteur, c’est son exemplarité, le sérieux, l’expérience contagieuse qu’il inspire. La souveraineté d’un discours ne se dissocie jamais de la personnalité de base de celui qui le porte. La phraséologie du « petit » aux Nations-Unies est une séquence malheureuse d’évasion de son auditoire, une perte de temps chèrement payée par le contribuable togolais.
 
La valeur des hommes réside dans la confiance qu’ils imposent et le mérite dont ils font preuve. Un chef inconnu chez lui est partout dépouillé d’autorité. Être chef n’est pas dans le jeu des prérogatives et des jouissances. La force de production des résultats qui change le destin d’un peuple, pour le placer dans un progrès envieux et non qui suscite pitié, édifie la notoriété du chef. Le respect interne a un rayonnement externe. Le parjure, les fausses promesses, l’imposture, le crime frappent de démon l’autorité, la vampirisent pour en faire une vacuité.
 
Aujourd’hui, quelle est la substance de l’autorité de Faure GNASSINGBE ? Devant les Togolais, il n’est pas pris au sérieux et sa légitimité n’est aucunement au-delà de nos frontières pour mériter la souveraineté argumentaire et l’attention de la communauté onusienne. La violation des droits humains est le point d’ancrage et de survie du « Club du petit ». Ainsi, procède le terrorisme. Pour quelle crédibilité le « faurisme » a-t-il à se dresser contre le terrorisme alors que le monde entier connait son mode, ses pratiques de survie ? La théâtralisation du comique à l’ « Opéra » des Nations-Unies est une énorme honte pour le Togo en ce que la luminosité de ce pays, portée par Sylvanus OLYMPIO en ce haut-lieu des Nations, met la distance entre la plaisanterie du « petit » et la vraie valeur de l’homme togolais. Partout, nos têtes sont courbées de honte insoutenable au point des pans de notre territoire appellent à l’annexion des pays voisins. Ce à quoi nous avons assisté à Badou ou les populations ont hissé le drapeau ghanéen à l’entrée de la ville est symptomatique d’un sentiment de faillite douloureux éprouvé sur toute l’étendue de notre territoire. Une lacération profonde, un traumatisme sérieux, une déception intégrale ont pris en étau le Togolais dans la gestion de leur pays. L’appartenance à la collectivité nationale est en lambeaux parce que la visibilité du pouvoir est exclusivement dans la répression fauve pendant que le peuple est abandonné à lui-même.
 
Lorsque le pouls du pole emploi est plat et que l’indigence entretient le désespoir, le répondant psychique des peuples est l’insurrection. Les frais inutilement jetés dans le néant d’un discours sur le terrorisme aux Nations-Unies auraient servi tout au moins à faire mille forages dans nos villages…
 
Tout système politique qui n’a aucun respect pour la souveraineté de l’être place le citoyen dans un rapport singulièrement utilitaire pour en faire un moyen et non une fin. Ce pouvoir court inutilement après les législatives et exclusivement pour s’octroyer une légitimité artificielle à partir de la fraude, l’achat de consciences. La vraie préoccupation de nos populations se situe dans les canaux adéquats de régulation des rapports entre l’État et le citoyen, le justiciable et les dispositions républicaines…Les vrais objectifs de la vie publique, une fois passés dans le règne de la mauvaise conscience d’une gestion hasardeuse, les voyages et les discours ne sont d’aucun intérêt pour les Togolais.
 
L’exclusion des questions vitales d’un peuple des préoccupations d’un régime distille un sentiment d’exclusion généralisée qui fabrique tous les fantasmes ultra-libertins et ultra-anarchistes. Le surgissement de l’intolérance est un constat à l’intérieur de la cité. Le « faurisme » a accouché son propre monstre qui va le dévorer. Étouffer un peuple par la répression est d’un temps. Acquérir sa docilité par la corruption, l’achat de consciences, c’est entretenir sa fidélité éphémère sans jamais le soulager. Le résultat de cette manœuvre bicéphale est qu’il ne peut pas le tenir coi. C’est pourquoi écrit Henri BOSCO dans Malicroix : « Il arrive que les grandes décisions ne se prennent pas, mais se forment d’elles-mêmes ». Nous y sommes à voir le vent qui souffle sur le pays, du Nord au Sud.
 
La gloire par effraction, par la violation des principes moraux, des lois de la République et le gaspillage creux des ressources d’un peuple entretient le terrorisme. Qui se fraie un chemin par la terreur pour accéder au pouvoir et s’y maintenir n’a aucune leçon à apporter à l’Humanité pour combattre le fléau des tueries aveugles. C’est proprement se moquer du monde et d’amuser avec légèreté, insouciance et une conscience morte l’intelligence humaine que de croire aux balivernes d’un terroriste invétéré qui se distrait à ses propres élucubrations. La honte est un principe d’éducation. Tous ceux qui sont bien élevés intègrent ce précieux bijou aux éclats de dignité, de fierté, d’honneur.
 
Toute la légèreté de l’homme des forfaitures est exposée avec une rare gravité aux Nations-Unies qui a dans ses tiroirs les crimes du stratège de fortune contre le terrorisme. Les plaintes contre lui s’amplifient en s’accumulant. Les anciennes sont réactivées. Le « petit » et sa troupe n’échapperont pas à la sentence de l’histoire. La terre tremble à leur pied ; elle les engloutira.
 
La notoriété d’un chef est une construction qui ne fait pas l’économie de la probité, du mérite et des solutions intelligentes dont les résultats sont visibles. Le remplissage d’une aventure diplomatique est une peine perdue dans la conquête de la notoriété. « Savoir où on veut aller, c’est bien ; mais il faut encore montrer qu’on y va », disait Émile Zola dans sa Correspondance, à Léon, le 02 septembre 1877. La certitude est du constat que le « petit » ne sait même pas où il va !
 
Didier Amah DOSSAVI
 
L’Alternative Togo
 
 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *