Le destin glorieux du Maréchal Idriss Déby !

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« L’accession à l’indépendance ne sera plus racontée aux enfants et aux petits-enfants de ce pays, parce que l’élévation à la dignité du maréchal va éclipser cet événement »(Evariste NgarlemTolde, politologue tchadien)

Le dictateur tchadien tient son maréchal ! Il le voulait, il l’a. Idriss DébyItno (IDI) a été élevé au rang de Maréchal, le 11 août 2020 à l’occasion du 60 ème anniversaire de l’Indépendance du Tchad. Le président est apparu dans toute sa splendeur et grandeur. Une tenue d’apparat faite d’une vareuse en polylaine de couleur bleu nuit, col Mao haut brodé main or motifs feuille de chêne, une cape de soi, une aiguillette en cordon milanaise or double ferret sur épaule gauche, une casquette avec coiffe démontable, un sabre lame forgée et un bâton de Maréchal de couleur noire, modèle empire orné de 23 étoiles dorées. 

« Maréchal du Tchad Idriss DébyItno, Président de la République, chef de l’Etat ». Ainsi faudrait-il s’adresser dorénavant à l’écrit au Maréchal dictateur tchadien. De quoi étendre davantage sa supériorité et sa mégalomanie sur des Tchadiens qu’il domine depuis 30 ans.

«C’est le mérite des faits d’arme qui me vaut cette distinction », clame l’autocrate. Avec ses nouveaux attributs de Maréchal, le grade militaire le plus élevé au Tchad, Idriss Itno très fan du long règne, -parfois la longévité au pouvoir est une bonne chose, disait-il, est parti pour se conférer la présidence à vie dans son pays.  

Dans sa pièce « Le Destin glorieux du Maréchal NnikonNniku prince qu’on sort », le CongolaisTchicaya U Tam’si décrit le personnage « NnikonNniku »comme un être « qui n’a ni con ni cul », une créature bizarre qui détiendrait le pouvoir absolu qu’il exerce, les autres n’étant que des faire-valoir. Le personnage symbolise aussi les nouveaux pouvoirs africains, avec les nombreux pères de la nation, qui ne sont que des parodies de pouvoir; d’où l’usage de tout le folklore mystificateur dont certains s’entourent pour se maintenir au pouvoir.

À l’image de « NnikonNniku », on retrouve ces pères de la nationqui font courir la rumeur de détenir des pouvoirs mystiques exceptionnels, preuves qu’ils ne sont pas des humains, mais plutôt la réincarnation de Dieu sur terre. Le dramaturge dépeint aussi des dirigeants qui ressemblent à des monstres, des vampires qui, comme des sangsues, s’emploient à pénétrer insidieusement le corps de leur victime, le peuple, pour pouvoir la vider de son sang. L’horreur constitue désormais le quotidien du peuple. Dans une société dirigée par des êtres tel« NnikonNniku », il ne peut régner que la terreur. L’homme n’y est rien, et l’espace est étouffant. Réduit à l’état larvaire, le peupleest physiquement soumis à toutes les humiliations, à toutes les dégradations.

« NnikonNniku » n’est autre que le symbole des maréchaux autoproclamés. Mégalomanes, bouffons, autocrates, sanguinaires, le continent a connus toutes sortes de dirigeants qui se sont octroyé le titre de maréchal : les soudards Idriss DébyItno et Mobutu Sese Seko, l’ubuesque empereur de la Centrafrique Jean-Bedel Bokassa ou encore l’inculte Idi Amin Dada de l’Ouganda. Se prenant pour des demi-dieux, certains se sont crus investis du droit de vie et de mort sur leurs concitoyens. La soif de pouvoir les aura conduits aux pires atrocités…

source : Médard AMETEPE / Liberté Togo

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