frac03aout2013
 
Le samedi 3 juillet dernier, les représentants des formations membres du FRAC/CST étaient presque tous au rendez-vous. Et ont inauguré ce qui ressemble fort à une nouvelle chronique des marches hebdomadaires, dont l’objectif est de dénoncer « les fraudes électorales » orchestrées par l’UNIR et, au-delà, remobiliser les militants en vue de l’alternance politique en 2015.
 
Aux environs de 12h45, les figures de proue du FRAC arrivaient à la Place du Changement (Plage face au Ministère des Sports et des Loisirs) et étaient accueillis sous les vivats de leurs militants, après avoir parcouru l’itinéraire suivant : Foyer Pie XII, rue Khra, rue Kame, Feux tricolores INAM, avenue de la Libération, Fontaine lumineuse, bd circulaire, carrefour Deckon, Eglise St Augustin d’AMoutivé, Cinéma Rex, avenue du 24 janvier,, place des Martyrs, avenue Georges Pompidou, Chambre de Commerce er d’Industrie. Cinq minutes plus tard, Me Zeus Ajavon et Pedro Amuzun les rejoindront. Après les prières chrétiennes et musulmanes, des messages ont été distillés à loisir aux fins de galvaniser les militants et de leur doper davantage le moral ; car « c’est le point de départ même de la lutte ». Un point de départ systématisé par la débâcle électorale de Gilchrist Olympio, l’ex-leader charismatique de l’opposition, a-t-il été rappelé. Et qui, selon le FRAC/CST, rassure que Dieu est à l’œuvre et que le bout du tunnel n’est plus loin : « Encore deux ans, et vous verrez ce qui va se passer ».
 
Le Prof. Komi Wolou, Secrétaire national du Pacte Socialiste pour le Renouveau (PSR), sans détour, a reconnu que de nombreux compatriotes pouvaient se demander pourquoi les leaders du FRAC/CST repartent au front ou à la bataille. La réponse, selon lui, c’est que les violations des droits de l’Homme se poursuivent de plus belle au Togo, que les pillages des ressources publiques sont systématiques, que la Justice continue d’être instrumentalisée, etc. Face à la persistance d’autant de maux qui constituent de véritables gangrènes au bon vivre ensemble, il exhorte les Togolais à ne pas se décourager et à continuer de se mobiliser. Et de darder : « ce n’est pas à nous de changer. C’est au pouvoir de changer ». Il rassure les tenants de l’ordre actuel que : « s’il y a alternance politique, il n’y aura pas de chasse aux sorcières ». A son tour, il lance : « C’est maintenant que la lutte doit commencer ».
 
Quant à Isabelle Améganvi, deuxième Vice présidente de l’Alliance nationale pour le Changement, elle raconte à l’assistance les péripéties et tribulations qu’elle et son équipe de campagne ont rencontrées depuis le début de la campagne, jugé qu’elles dépassaient l’entendement humain et martelé que « toute chose concourt au bien de ceux qui aiment Dieu ». « Toutes nos tribulations ne sont pas vaines ». Elle aussi insistera sur la nécessité pour les Togolais, de rester mobilisés. « Prenons garde au découragement », avertit-elle ; car « c’est maintenant que la lutte commence ». Un appel à la remobilisation d’autant plus important que la grande affluence avait quelque peu manqué ce samedi, contrastant du coup avec les soutiens multiformes de la Diaspora togolaise à la lutte. A en croire Isabelle Améganvi, plusieurs Togolais vivant à l’Etranger ont, individuellement ou en groupe, envoyé de l’argent pour soutenir la lutte.
 
A sa suite, Me Zeus Ajavon, Coordonateur du CST a pris la parole pour requinquer les militants dans la perspective de la victoire qui, à l’en croire, ne doit plus être lointaine. Et pour cause, dit-il, « lorsqu’on est poussé jusqu’au pied du mur, et qu’il n’y a donc plus d’issue, on se retourne contre son ennemi ». Et à l’endroit de leurs militants, il dit : « nous savions que les résultats allaient être ce que nous avons vu et c’est pourquoi nous disions que sans es réformes constitutionnelles et institutionnelles, il ne peut y avoir d’élections. Nous avons raison sur toute la ligne ». Aussi conclut-il : »Nous avons la certitude que ce ne sont pas les élections qui vont résoudre le problème ». Une lapalissade à laquelle adhèrent entièrement Alphonse Kpogo de l’ADDI et plusieurs militants et sympathisants du CST/FRAC.
 
Jean-Pierre Fabre, leader de l’ANC et nouvelle locomotive de l’opposition togolaise à la lumière des résultats du dernier scrutin législatif, darde : « quiconque sait qu’il gagnera les élections mais qu’on lui volera la victoire, exige légitimement des réformes susceptibles d’assurer la transparence du scrutin ». Mais celui qui sait qu’il ne peut pas gagner doit se mettre ensemble avec celui qui revendique, et non être minimaliste ni se contenter de faux acquis ». Aussi déclare-t-il triomphaliste : « Nous sommes le plus grand et c’est autour de nous que les autres doivent se grouper. Nous savons celui qui peut parler au nom de l’opposition ». Il a en outre tenu à expliquer aux militants que le dernier scrutin n’était qu’une étape dans la nouvelle conquête du pouvoir et qu’une nouvelle étape devrait s’ouvrir. Laquelle ? Le leader de l’ANC n’a pas eu à en dire plus.
 
Mais il enchaîne en misant sur la nécessité pour les militants de maintenir le cap de la mobilisation. Dans ce sens, il leur donne rendez-vous au Foyer Pie XII samedi prochain, pour le même exercice hebdomadaire. Les militants et sympathisants sont donc invités à prendre d’assaut le point de rassemblement de la marche samedi prochain. Répondront-ils favorablement ? Si oui, le FRAC/CST entend-il capitaliser sa capacité de mobilisation pour proposer une alternative plus efficace de conquête du pouvoir à l’horizon 2012 ? C’est l’équation à plusieurs inconnues.
 
Magnanus FREEMAN
 
Liberté N° 1508 du 05 août 2013
 
 

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