Le mandat social à l’épreuve du coronavirus (1ere partie)

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La production de cet article nous tenait à cœur pour ressortir les avancées et les limites du mandat passé, afin d’aider – c’est un bien grand mot puisque la horde de conseillers doit faire un travail remarquable déjà – par des approches de solutions, nos gouvernants et de leur ouvrir les yeux sur le ressenti de la population. C’était sans compter que la fin du mandat social (qui devrait être effectif en mai 2020) connaîtrait un basculement imprévisible qui va tendre et secouer par des vents contraires les fondements premiers  de ce mandat social, c’est à dire la réduction de la pauvreté. Cela ne nous empêche aucunement de produire cet article. Cette démarche, qui se veut froide, sans parti pris, sera abordée en trois parties : une première qui dresse la situation avant le mandat social, une seconde qui parle des projets et qui donne un aperçu des réalisations de ce mandat et une dernière qui porte sur les leçons à tirer de cette pandémie.

Aux origines du mandat social

« Ce troisième mandat sera celui du Social. » Candidat Faure Gnassingbé pour l’élection de 2015.

Qu’est-ce que le social ? selon le Larousse en ligne, le social c’est tout ce « Qui concerne l’amélioration des conditions de vie et, en particulier, des conditions matérielles des membres de la société » De ce fait, le président sortant promet que s’il est réélu, une amélioration des conditions de vie des Togolais ou du moins un début d’amélioration. Séduits par cette idée, le président sortant “a été reconduit” par les Togolais pour un autre mandat, son mandat social. Le moment des réjouissances est fini. Place à la dure réalité de la mise en place de ce mandat social. Car il faut savoir qu’au Togo, la plus grande partie de la population tire le diable par la queue, s’il est vrai qu’il a une queue, les togolais aient pu la trouver pour la tirer. Une grande partie de la population vit au jour le jour, avec un taux de pauvreté à 55% en 2015, encore plus accrue dans les zones rurales où 69% des ménages vivaient sous le seuil de la pauvreté. Il n’y a pas de système de santé efficace permettant aux couches les plus vulnérables de prétendre à des soins en cas de coup rude. L’ascenseur social est en panne, des franges de la population sont exclus de l’accès à l’eau, l’électricité, et j’en passe. Le candidat a détecté les problèmes ; le président va devoir les résoudre.

Du candidat au Président de la République, 5 ans de réalisation sociale

“Par essence, la République se tient aux côtés des plus vulnérables ; Pour leur offrir l’appui nécessaire à leur subsistance, mais surtout pour les conduire -progressivement- à se libérer de l’emprise de la pauvreté et à devenir eux-mêmes des acteurs de développement.  Plusieurs programmes sont ainsi mis en œuvre, comme celui des filets sociaux et services de base que nous avons étendu il y a quelques jours à de nombreux ménages issus des cantons les plus défavorisés du Togo.” Extrait du discours du Président de la République sur l’État de la Nation le 26 Avril 2019 à l’Assemblée Nationale.

Regard dans le rétroviseur au crépuscule du mandat social

Beaucoup de projets à l’instar du Document Stratégique de Réduction de la Pauvreté (DSRP), de la Stratégie de Croissance Accélérée et de Promotion de l’Emploi, (Scape) du Programme d’Urgence de Développement communautaires (PUDC), du Fonds national de la Finance inclusive (FNFI) – vous trouverez ici une réflexion critique sur le FNFI – et autres ont été mis en œuvre ces dernières années, pour améliorer le tissu socio-économique, et réduire le taux de pauvreté. La réorganisation du secteur informel est au cœur des préoccupations gouvernementales. La Délégation à l’Organisation du Secteur Informel (DOSI) va permettre aux acteurs du secteur informel d’entamer leur processus de formalisation. L’Agence Nationale pour le Volontariat au Togo (ANVT) proposent leurs premiers emplois à une majorité de jeunes inscrits à l’Agence Nationale pour la Promotion de l’Emploi (ANPE).

L’accès à l’eau et à l’électricité pour certaines localités jusqu’alors inconnues des togolais sont à mettre à l’actif du gouvernement. avec l’appui des partenaires internationaux. SCHOOL’ASSUR, instauré en Septembre 2017, vise à offrir une couverture santé aux élèves du primaire et du secondaire du Togo permettant des soins de santé pour chaque élève. Les Centres Médicaux Sociaux (CMS) se sont multipliés pour permettre une réelle proximité des personnes avec le système de santé.

L’autre projet phare du gouvernement qui devrait permettre une réduction du chômage au Togo est la réalisation du PND. Le gouvernement, avec le soutien du PNUD travaille sur tous les axes possibles pour créer des emplois pour les jeunes, proposer des solutions de crédit à ceux du secteur informel, construire un climat de confiance entre les dirigeants et la population.

L’INAM (Institut National d’Assurance Maladie) malgré qu’il rentre dans le secteur social ne peut pas faire partie de notre périmètre d’article, puisqu’il est créé avant le mandat social.

Toutes ses mesures sont vérifiables dans les données officielles disponibles en ligne.

Toutes ces mesures prises par les dirigeants montrent l’étendue du travail qu’il y a à faire ; un travail qui devrait être consolidé. C’était sans compter sur la pugnacité d’un virus détecté en Chine qui va tester les digues du système social togolais ; le covid-19.

A suivre…

ELITSA Yohanes : Analyste et consultant en communication

AGBALA Yakou : Analyste Économique et financier

Sources :

https://yakouagbala.wordpress.com/https://yohanesleblog.wordpress.com/

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