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Le Nigeria et le Ghana claquent déjà la porte de la nouvelle monnaie ECO du président ADO !

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CEDEAO, de ECO à la monnaie ADO dictée par Macron. Le Nigeria, le Ghana s’opposent et menacent de quitter l’accord ECO et le Niger et le Burkina Faso menacent de quitter même la BCEAO.

Les présidents ghanéen Addo Akufo Addo (g) et nigérian Muhamadu Buhari
Les présidents ghanéen Addo Akufo Addo (g) et nigérian Muhamadu Buhari

Les médiats francophones nous ont rapporté du sommet des Chefs d’État de la CEDEAO à Abuja au Nigéria que la monnaie unique ECO verra le jour en 2020 et sera mise en circulation le 1er Juillet de la même année. Qu’est ce qui s’est réellement passé à cette réunion ? Y a-t-il eu de consensus ? Quelles sont les positions des pays hors CFA ?

S’il est vrai que l’idée d’une monnaie unique CEDAO est née dans les années 1975, la forme actuelle de la monnaie Eco est née en 2000. Les Présidents Nigérian et Ghanéen respectivement Olusegun Obassanjo et Jerry John Rawlings, se doutaient de la capacité des pays de l’UEMOA à se détacher de la France colonialiste.

Au départ ils étaient six pays Ouest-Africains (Gambie, Ghana, Guinée, Liberia, Nigeria, Sierra Leone) qui avaient pris la décision et précisément le 20 avril 2000 à Accra (Ghana) de créer une Union Monétaire en Afrique de l’Ouest à côté de l’UEMOA.

L’objectif était d’arriver à une fusion ultérieure de cette seconde union monétaire avec l’UEMOA, afin de faire coïncider les frontières de l’Union Monétaire avec celles de la CEDEAO si toute fois ces pays ci, se décidaient à rompre avec la France. Ce qui devrait amener impérativement l’UEMOA à renoncer au Franc CFA pour adopter l’ECO.

La déclaration d’Accra était assortie de critères de convergence relatifs à l’inflation, aux finances publiques et aux réserves de change. Pour organiser la surveillance multilatérale du processus de convergence et préparer l’Union Monétaire, une Banque Centrale, l’IMAO (Institut Monétaire de l’Afrique de l’Ouest) a été créée à Accra.

En avril 2002, la Zone Monétaire Ouest Africaine (ZMOA) a été instaurée et chaque pays s’engageait à maintenir son taux de change à l’intérieur d’une bande de fluctuations de 15% par rapport au Dollar. Cependant à la fin de l’année 2002, les Etats, constatant l’insuffisance de la convergence, repoussèrent l’Union Monétaire au 1er juillet 2005 et actualisèrent les critères de convergence : Critères macroéconomiques principaux et critères secondaires plus structurels. Cette date a été de nouveau repoussée pour la mise en place des Institutions.

La date de 2020 pour la mise en circulation de la nouvelle monnaie était restée inchangée jusqu’au sommet des Chefs d’Etat à Abuja où les valets locaux tels Ouattara et Macky Sall ont décidé de détruire l’âme de cette union.

Ils ont tout simplement balayé du revers de la main tous les principes fondamentaux qui caractérisent la création et la mise en circulation de la nouvelle monnaie.

Aucune définition de la politique monétaire à mener, aucune harmonisation des politiques économiques, les arrangements à mettre en place, le traité de la CEDEAO, le fonctionnement de la Banque Centrale de la CEDEAO, à quel taux sera pour chaque pays dans la centralisation des réserves de change ; sa valeur avec le dollar et les autres monnaies ; rien n’a été défini ; ignorant ainsi le travail des techniciens. La seule chose qui sera faite c’est le changement de nom avec la même politique de sujétion monétaire.

Nous avions tous suivi les déclarations de Macron à Ouagadougou sur sa volonté de voir le FCFA changer de nomenclature et aussi l’élargissement de son espace. Les grandes lignes de l’avenir du FCFA étaient déjà bien tracées.

Le Président Ouattara a réaffirmé que le FCFA s’appellera à terme Eco. Il n’y aura pas de rupture avec la France.

Le Nigéria et le Ghana se sont simplement retirés car ne se reconnaissant pas dans la politique monétaire définie et imposée par Ouattara le passionné du FCFA. Pour OUATTARA le FCFA est tellement parfait que les autres pays doivent simplement abandonner leur monnaie souveraines et rejoindre la sujétion monétaire sous prétexte qu’elle assure une stabilité. Le deuxième point de discordes, c’est la surveillance de la nouvelle monnaie par le FMI chère à Alassane OUATTARA.

Le Nigéria(PIB 560 Milliards $US) qui fait 15,5 fois la Cote d’Ivoire (PIB 36 Milliards $US) en termes de richesses, estime qu’il n’abandonnera pas une monnaie qui lui assure la première puissance économique du continent pour une monnaie dont la seule vertu est la stabilité monétaire. Et de quelle stabilité nous parle t-on ? La Côte d’Ivoire l’exemple parfait du succès du FCFA enregistre le plus grand taux de chômage au monde. Selon la Banque Africaine de Développement (BAD) le taux de chômage en Cote d’Ivoire se situe entre 79 et 90%.

Le Ghana après avoir abandonné les politiques économiques du FMI, affiche une croissance de 8 à 9% ; 11ème Puissance économique du continent avec le meilleur Président Africain, n’entend plus retourner au FMI.

Les Présidents Burkinabè et Nigérien se sont également opposés à la volonté d’Alassane de réduire les questions de la nouvelle monnaie à un simple changement de nom. Le Président Togolais a souhaité que la réflexion sur les questions de la nouvelle monnaie soit approfondie.

Craignant que les Présidents Burkinabè et Nigérien ne se décident à quitter la Zone UMEOA, le Président Macron a laissé pour eux un message à Alassane OUATTARA lors de son passage à Paris. Les deux pays, le Burkina Faso et Niger ont au moins huit cent milliards (800 000 000 000 FCFA) dans les comptes d’opération et des centaines de tonnes d’or en France. Cette somme et cet or leurs sont nécessaires pour rejoindre les pays Anglophones et défier la France.

La France se refuserait à restituer individuellement les réserves de change et dans le meilleurdes cas la restitution devrait prendre plus de temps. Ce qui constitue un véritable obstacle à toute initiative de se retirer. Dans le nouveau traité de la BCEAO du 12 Avril 2010, les décisions sont prises à l’unanimité. Il n’y aura donc pas de monnaie CEDEAO mais plutôt de monnaie ADO.

Nous sommes donc appelés à intensifier la lutte. Il n’ya que le peuple qui peut définir son avenir. Cette monnaie ADO doit être combattue avec la plus grande énergie par le peuple. Notre souveraineté monétaire n’est pas négociable. Comme le dit le Chinois Hongbing Song :

« La souveraineté monétaire est l’un des droits fondamentaux inaliénables de tous les pays indépendants. Elle leur permet d’établir une politique d’émission monétaire en conformité avec leur situation d’ensemble et leurs besoins propres. La souveraineté monétaire doit être au-dessus de tous les facteurs extérieurs, y compris les usages internationaux, les accords internationaux et les pressions politiques. La souveraineté monétaire ne doit servir qu’aux intérêts fondamentaux du peuple. Maintenir la stabilité monétaire veut dire “ la stabilité de la monnaie nationale dans le système monétaire international“, afin de fournir un environnement favorable au développement économique de l’industrie nationale.

La souveraineté et le développement ne sont jamais le fruit d’un consensus diplomatique, c’est une conséquence !

Vive le peuple vaillant !
Vive la jeunesse déterminée !

Larba Israël Lompo

Source : Coups Francs

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