Législatives : Des élections sans enjeux…

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Il est quinze (15) heures T.U au Togo. Dans une heure, les bureaux de vote seront fermés, conformément aux dispositions prises par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) concernant l’ouverture (7 heures) et la fermeture (16 heures) des bureaux de vote. Mais depuis le matin, il n’y a pas d’affluence dans les centres de vote (comme nos divers reportages l’ont déjà montrés), les populations ont massivement boycotté ces élections.

Nos équipes de reportage ont sillonné plusieurs bureaux de vote à Lomé. Dans la plupart de ces centres, seuls les observateurs et les membres de la CENI sont présents. Nos confrères de RFI sont allés plus loin en ironisant la situation : les observateurs et les membres de la CENI sont plus nombreux que les électeurs dans les centres de vote.

Dans les centres de vote de l’Ecole primaire catholique de Bè-Bassadji, de l’EPE Lom-Nava, de Lycée de Bè-Kpota, de l’EPP Adakpamé, Anfamé, CEG Kodjoviakopé et bien d’autres, les bureaux de vote ont du mal à enregistrer les électeurs. Vers 10 heures, à peine une dizaine de personnes ont mis de bulletins dans les urnes. « Le matin, il y a eu certains jeunes gens qui ont voulu intimider les électeurs. Mais lorsque les forces de l’ordre sont venues, ces gens ont détalé. Mais comme vous pouvez le constater, il n’y a pas d’affluence. Les gens ne viennent pas voter », a indiqué Romain, chef centre rencontré à Adakpamé.

Dans les bureaux de vote, les membres de la CENI ne pouvaient pas résister à la tentation de l’assoupissement. Ce qui est dû à l’inactivité caractérisée par l’absence d’électeurs qui ont, sur appel de la Coalition des 14 partis de l’opposition qui n’a pas participé à ces élections controversées, massivement boycotté le vote de ce jeudi 20 décembre 2018. Certains de ces agents dans les bureaux de vote, lassés par la situation, ne pouvaient cacher leur déception.

« Il faut le dire, on n’a jamais connu une élection pareille au Togo. Il faut reconnaître que les gens ne sont pas sortis pour voter. Ceux qui viennent ici sont des curieux qui veulent voir ce qui se passe. Seulement, quelques-uns viennent pour mettre le bulletin dans les urnes », a confié un membre d’un bureau de vote à Adakpamé.

Au CEG Kodjoviakopé par exemple, à 11 heures, seulement 30 personnes ont mis de bulletins dans les urnes, contre 465 inscrits sur la liste électorale. Au Lycée de Bè-Plage, moins de 30 personnes ont voté dans un bureau de vote, alors qu’il était déjà presque midi. Certains bureaux de vote, dans ce centre, n’ont même pas reçu d’électeurs.

La situation est la même à l’Ouest de la capitale, notamment à Agoè, Togblékopé, Tokoin Séminaire, Adidogomé, Sagbado et autres. Dépassés, certains chefs de quartiers sont obligés d’appeler les gens à sortir de chez eux pour aller voter.

Le spectacle n’est pas différent à l’intérieur du pays. Si à Dapaong, Mango, Bafilo, Kara, Bassar les gens ont massivement boycotté ces élections, Sokodé est la ville qui devrait recevoir la palme de ce boycott. Dans cette ville soumise aux pires formes de répression depuis l’année dernière, les bureaux de vote sont restés déserts après des heures d’ouverture.

A l’EPP Didaoura à Sokodé, pas seul électeur dans le centre. Sur 495 inscrits à Kparatao (village situé à quelques kilomètres de la ville de Sokodé), seulement une trentaine de personnes ont voté. A en croire les gens sur place, cette situation est consécutive au déplacement massif des jeunes gens, des femmes et des enfants qui ont fui la répression policière et militaire pour se réfugier dans les autres villes. La ville de Sokodé est tout simplement déserte ce jeudi 20 décembre.

A Aného, les centres de vote de Dégbénou, Kpota, Badji, Habitat, Yessouvito sont restés déserts. A l’EPP Zébévi, seules les femmes des Forces armées togolaises (FAT) sont allées voter. C’est le seul mouvement qu’on peut noter dans cette ville dans cette opération de vote.

Le boycott a été également ressenti à Vogan, Anfoin, Tabligbo, Danyi, Kpalimé, Atakpamé et dans plusieurs autres localités où les populations ont respecté le mot d’ordre la Coalition des 14.

Il faut aussi noter dans dans certaines villes, les jeunes gens ont voulu empêcher les opérations de vote en brûlant des pneus dans les rues. Mais rapidement, les forces de l’ordre soutenues par les militaires, ont rétabli l’ordre.

I.K
 
source : icilome
 

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